Toutefois, les phototypes manquant déposé, dans
lesquels de grandes masses sont représentées par le verre pur, restent toujours impropres au tirage sur papier au gélatino-bromure, aussi bien d’ailleurs qu’au tirage sur les papiers ordinaires. Les phototypes c/e c/eVa//s sont les
meilleurs pour ce procédé. Cela conduit à constater que ceux qui sont surexposés fournissent de très bous résultats alors qu’ils demeurentimpropresaux tirages sur papiers ordinaires. Néanmoins il y a une réserve. L’excellence du résultat final n’existe qu’autant que le négatif ne présente pas un voile général, comme cela a lieu le plus souvent avec la surexposition quand le développement a été mal conduit. Ne perdez jamais de vue que tout négatif voilé, ne donnera jamais qu’une photocopie ne possédant pas tout l’éclat désirable. Ceci avec les papiers rapides. Le même inconvénient n’a pas si appréciablement lieu avec les papiers lents, employés avec le magnésium en combustion comme il sera dit plus loin. Si donc le négatif est voilé, si légèrement que ce soit, tentez tout d’abord d’enlever ce voile par unaffaiblisseur approprié (1).
J’ajouterai, finalement, qu’un négatif pour contact doit présenter une intensité double de celui exigé pour l’agrandissement, à valeur d’image définitive égale.
215. — Le tirage par agrandissement n’est ni plus ni moins compliqué que le tirage par contact. Il exige, comme
(1) Voir mon ouvrage : Le Développement en Photographie.
celui-ci, un temps de pose parfaitement exact. Cependant comme le meilleur mode opératoire de l’agrandissement nécessite l’emploi de la lumière diurne (je dirai pourquoi tout à l’heure), nous nous trouvons en présence d’un facteur variable : la source lumineuse. Il semblerait donc que l’agrandissement doive être considérablement plus difficile que le contact. Avec un peu d’attention et d’observation on a vite fait de s'en tirer.
216. — L’agrandissement à la lumière diurne, s’obtient, soit avec les instruments dits amplificateurs, cônes d’agrandissement, etc., etc., soit, en se servant d’une chambre de son appartement autant que possible au nord et dans laquelle on a fait préalablement l’obscurité. Dans le volet de la fenêtre on perce une ouverture carrée destinée à recevoir l’arrière d’une chambre noire à soufflet munie d’un objectif. Extérieurement au volet, on fixe un miroir incliné à 45" pour renvoyer horizontalement, dans la chambre noire, les rayons tombant verticalement du ciel. Dans l’appartement, devant l’objectif est une table sur laquelle glisse, parallèlement au volet, une grande planche à dessin, verticalement placée, destinée à recevoir l’agrandissement. Le négatif à agrandir est fixé au lieu et place de la glace dépolie de la chambre noire à soufflet.
Ce dispositif est certainement le meilleur, en ce qu’il permet l’agrandissement au rapport que l’on désire, alors que les amplificateurs ne donnent qu’un ou deux rapports fixes. On estmême allé à quatre avec l’emploi des bonnettes d’approche. En revanche il est beaucoup moins simple et moins rapide que les amplificateurs, puisque ceux-ci sont rigoureusement mis au point une fois pour toutes, et que les changements de rapports se font mécaniquement.
217. — L’artiste qui n’aime pas à se confiner dans des formats de fixité immuable et qui pourra disposer d’une pièce de son appartement, fera bien de se servir du premier dispositif. Je ferai remarquer que si l’on possède un vaste laboratoire il peut être aménagé à cet effet. Les résultats que l’on obtient ainsi compensent bien les ennuis quepeuvent causer la mise au point. Au reste, les ennuis peuvent être réduits au minimum par l’emploi de la table suivante : servant à trouver rapidement les distances entre l’objet et l’ob-
IMPRESSION DES PAPIERS AU BROMURE
loi
jectif nécessaires pour les ag^randissements ou pour les réductions.
Échelle
d’agran-
dissement.
Distance de l’objectif
Échelle
d’agran-
dissement.
Distance de l’objectif
à l’image à agrandir.
à l’image agrandie.
à l’image à agrandir.
à l’image agrandie.
1 fois
Échelle
de
réduction.
Distance de l’objectif
Échelle
de
réduction.
Distance de l’objectif
à l’image réduite.
à l’image à réduire.
à l’image réduite.
à l’image à réduire.
IJI
Comment se servir de ce tableau? C’est très simple:
Le plus grand côté de l’objet et celui de l’image à obtenir doivent être mesurés en mêmes unités.
Dans le cas de l’agrandissement, c’est-à-dire de l’obtention d’une image plus grande que l’objet, on se sert des titres inscrits en haut des colonnes.
Dans le cas de la réduction, c’est-à-dire de l’obtention d’une image plus petite que l’objet, on se sert des titres inscrits dans le bas des colonnes.
Si l’image et l’objet doivent avoir la même grandeur il n’y a ni réduction, ni agrandissement. C’est ce que nous avons exprimé par: réduction ou agrandissement à une fois. Donc reproduction de l’image en vraie grandeur ou reproduction au rapport un. Rapport précieux, comme nous le verrons tout à l’heure.
Pour connaître la proportion de l’agrandissement ou de la réduction, on divise le chiffre le plus fort par le plus faible et l’on cherche dans la colonne I celui qui représente le quotient trouvé. On suit alors la ligne horizontale, partant de ce chiffre, et l’on prend les chiffres que l’on rencontre sur cette ligne dans les colonnes II et III. Si nous multiplions chacun de ces chiffres par la distance focale principale de l’objectif utilisé, les produits obtenus nous indiqueront la distance entre l’image reproduite et l’objectif et la distance entre l’objet à reproduire et l’objectif.
Exemple : Soit à agrandir à 24 centimètres de diamètre une épreuve ayant 4 centimètres de diamètre en se servant d’un objectif possédant un foyer ou distance focale principale de 10 centimètres.
Nous avons :
Ce sera donc un agrandissement au rapport 6.
Nous cherchons 6 dans la colonne I et nous trouvons en regard 1,17 dans la colonne II et 7 dans la colonne IlL
Donc nous avons :
1,17 X 10 = 11,7 cm. et 7 X 10 == 70 cm.
Par conséquent, dans ce cas de l’agrandissement, la distance de l’image agrandie à l’objectif sera de 70 centimètres et la distance du phototype négatif à l’objectif de 1P'“,7.
Dans le cas de la réduction ce serait Tinverse, c’est-à-dire que la distance de l’image réduite à l’objectif serait de 1P“,7 et la distance du phototype à l’objectif de 70 centimètres.
A noter que la distance du négatif à l’objectif doit toujours être comptée à partir du diaphragme de celui-ci, cette approximation se montre suffisante dans la pratique.
IMPRESSION DES PAPIERS AU BROMURE
lo3
Quant aux amplificateurs, j’en ai souvent parlé dans mes autres ouvrages, et, d’ailleurs, les notices qui les accompagnent sont assez explicites, pour qu’il me soit inutile d’y revenir.
218.— Q uel quesoitle dispositif employé, ce sera toujours à la lumière diurne diffuse, c’est-à-dire à l’ombre que l’exposition devra se faire. Pour la recherche de l’estimation du temps de pose, on procédera, comme pour le contact, par petites bandes. Toutefois si cette méthode est la seule employable pour les amplificateurs, il en est une autre bien préférable et guère plus coûteuse, lorsqu’on a un dispositif d’agrandissement permettant de prendre l’image en vraie grandeur, c’est-à-dire au rapport un. Dans ce cas, on peut déterminer, une fois pour toutes, le temps de pose pour un négatif déterminé, à n’importe quel jour et quelle, heure de l’année. On inscrit alors, sur l’enveloppe renfermant le négatif, l'estimation de ce temps de pose et les données qui l’ont déterminée. Quand on désirera tirer un agrandissement on n’aura plus qu’à faire usage des deux tables ci-dessous que j’ai établies à cet effet.
Coefficient d’agrandissement et de réduction, Vouverture du diaphragme
restant fixe.
Échelle.
Réduction.
IgraDdissement.
Échelle.
Réduction.
IgrandissemfDt.
COEFFICIENTS HORAIRES D’ECLAIBAGE.
IMPRESSION DES PAPIERS AU BROMURE. 155
219. — La première donne les coefficients de temps de pose suivant l’échelle d’agrandissement, le temps de pose pour le rapport un étant pris comme unité. Je l’ai établie également pour la réduction, suivant la méthode employée pour la table précédente :
La seconde table est relative aux coefficients horaires d’éclairage.
On devra avoir bien soin de n’employer un coefficient horaire, qui est établi pour le ciel bleu pur sans nuages, qu’après l’avoir multiplié, selon le cas, par l’un des coefficients atmosphériques suivants :
Ciel bleu pur, sans nuage=; d
— — après la pluie 0,£'
— avec nuages blancs brillants 0,8
— avec nuages blancs brillants après la
pluie 0,7
Ciel avec nuages gris faible ou léger brouillard 1,5
Ciel avec nuages gris foncé, ou brouillard ou brume
colorée 2
Ciel très sombre 4
220. — Pour mieux faire comprendre l’emploi de ces tables nous allons prendre deux exemples.
1° Nous voulons agrandir, séance tenante, au rapport 3 un négatif 6,5 X 9.
Nous chercherons avec le même papier que celui choisi pour l’agrandissement, et le meme développateur à
la température de 18° G, le temps de pose nécessaire et suffisant pour reproduire en maie grandeur (rapport 1) notre
6.5 X 9. Soit 10 secondes le temps de pose trouvé. Nous cherchons, sur la table des coefficients d’agrandissement et de réduction, le rapport 3, et nous lisons, en face, dans la coloune d’agrandissement le chiffre 4. Notre temps de pose définitif sera 10 X 4 =40 secondes.
2° Nous voulons agrandir en 18 X 24 un phototype négatif
4.5 X 6 (rapport 4) dont nous avons pris jadis le temps de pose unité (rapport 1). L’indication inscrite sur l’enveloppe est, la suivante : 27 septembre ; ciel bleu ; deux heures de l’aprèsmidi; objectif B; diaphragme n° 2; papier Morgan platinomatt ; développateur K; temps de pose 8 secondes.
Je mets mon appareil d’agrandissement dans les mêmes conditions d’objectif (B) et de diaphragme (n° 2), je charge
lo6 LE TIRAGE DES ÉPREUVKS EN PHOTOGRAPHIE.
le châssis avec du papier Morgan platino-matt, et je prépare mon développateurK.
Or, nous sommes au 5 août à six heures du soir par ciel également bleu. Mon tableau des coefficients horaires m’indique que le coeflicient du 27 septembre à deux heures était 4,3, et qu’il est au 5 août à six heures 2,6, soit le double. Donc si j’avais pris mon temps de pose unité aujourd’hui O août à six heures, ce temps eut été le double, soit 8x2 = 46 secondes. Or je veux l’agrandissement au rapport 4. La table des coefficients d’agrandissement me donne, pour ce rapport, 6,2o. Mon temps de pose définitif sera donc 46 X 6,25 = 1 00 secondes.
221. — Au cas oû, pour une raison quelconque, on voudrait modifier l’ouverture du diaphragme, il faudrait tenir compte du rapport existant entre cette ouverture et celle employée au moment de l’enregistrement de la pose unité. Le temps trouvé devrait être multiplié par le carré de ce rapport.
Puisque je viens de parler de diaphragmation, je m’arrêterai un instant sur la valeur des diaphragmes dans l’agrandissement. C’est un peu naïf, mais on n’a pas idée comme ces naïvetés sont ignorées même de ceux qui vous claironnent en relevant la tête : « Voilà dix ans^ môssieu, que je fais de la photographie, je sais ce que c’est! J’expose au Photo- Club! ! !» Je dis ignorées même^ c’est ignorées surtout qu’il faudrait écrire. Ces rodomonts sont d’une ignorance plus crasse encore que le modeste débutant.
Les numéros des diaphragmes, engravés sur la monture d’un objectif, gardent généralement leur valeur, au moins pratique, dans le travail au dehors. A l’atelier lorsqu’on opère sur des objets assez rapprochés, il faut tenir compte, pour l’estimation du temps de pose fournie par l’indice du diaphragme, du coefficient de rapprochement qui peut être calculé (4). Dans la pratique, on peut, sans grave erreur, augmenter la pose d’instinct, sans trop se tromper.
222. — 11 en va différemment dans l’agrandissement, où l’indice du diaphragme se voit modifié de fond en comble par le coefficient d’éloignement ou de rapprochement, attendu
(1) Voir mon ouvrage : Les Nouveautés Photographiques, année 1902, p.2i.
IMPRESSION DES PAPIERS AU BROMURR. 157
que les conditions d’éloignement et de rapprochement se trouvent être énormes.
Il en résulte que la loi de physique établissant très nettement que le temps de pose, pour un éclairement donné, varie en raison de la surface totale de rimage que ron veut obtenir^ c’est-à-dire en raison du carré de r agrandissement linéaire^ ne saurait rester vraie, qu’autant qu’on gardera, dans tous les cas^ la même valeur à l’ouverture du diaphragme.
Si l’on ne modifie pas^le diaphragme pour lui garder sa même valeur, quel que soit l’agrandissement, mais qu’on laisse au contraire ce diaphragme invariable, l’éclairement n’est plus en raison du carré de l’éloignement, mais en raison du carré de l’ouverture, ou de la distance d’éloignement, et le carré de cette ouverture varie, par cela même que le diaphragme reste invariable.
223. — Supposons que nous ayons un objectif de 10 centimètres de distance focale principale normalement diaphragmé à F/10. En faisant abstraction du coefficient du verre, on peut grosso modo en conclure que le diamètre d’ouverture est le dixième exact du foyer F, donc 1 centimètre. Si nous agrandissons à 3 fois nous savons, au moins par les tables ci-dessus, que l’image agrandie sera distante de l’objectif de 4F soit 3F +F, le rapport de l’agrandissement plus un. Dans ces conditions, notre diamètre de 1 centimètre ne représentera plus le 1/10® du foyer réel, mais bien son 1/40®. Or il ne faudrait plus, comme les: « Voilà dix ans môssieu !... » le font trop hélas ! il ne faudrait plus calculer son temps de pose sur une ouverture F/lO, mais bien sur une ouverture F/40.
224. — Ce qui représente dans ce second cas une pose 16 fois plus longue que dans le premier. Or, pour que la loi de physique ci-dessus énoncée fût applicable, il faudrmt que l’éclairement donné restât le même, c’est-à-dire que^^verture demeurât le 1/10® de la distance focale. Cette.^^^ance à l’agrandissement au rapport 3 est 4F, soit dans l’espèce 40 centimètres dont le 1/10 est 4 centimètres. En donnant donc pour le rapport 3 un diamètre de 4 centimètres à notre objectif, le temps de pose sera 3x3 = 9 dans le second cas. Si donc nous lui avions donné la valeur 9 en laissant le
diaphragme primitif, nous aurions une image très sousexposée puisque le temps de pose doit être 16.
Mais si nous remarquons que 16 est le carré de 4 et que le rapport 3 nous amène à une distance focale de 3 F -(-F = 4 F, nous en concluons, tout naturellement, qu’en laissant le diaphragme primitif ce n’est pas le carré du rapport de l’agrandissement linéaire que nous devons prendre dans l’estimation de notre temps de pose, mais bien le carré de ce rapport d^agrandissement un. En conséquence, toujours le diaphragme primitif restant le même, l’indice du temps de pose au rapport 5 ne sera pas 25, mais le carré de 5 1 soit 36.
C’est ainsi qu’a été établie la table des coefficients de pose pour l’agrandissenaent donnée plus haut. Il sera donc bon de ne pas perdre de vue cette indication, si l’on veut modifier dans un sens ou dans un autre l’ouverture du diaphragme par rapport à l’ouverture de celui employé dans l’établissement du temps de pose unité.
225. — J’ ai insisté sur le papier et le développateur, attendu qu’un temps de pose n’est vrai que pour une surface sensible et un développateur déterminés. Encore faut-il que la température de celui-ci soit déterminée également. Tous les papiers au bromure sont loin de présenter la même sensibilité. Les différentes sortes d’une même marque ne sont pas également sensibles. Aussi est-il pénible de voir des publications indiquer des rapports de sensibilité, entre différentes marques de papiers, sans tenir compte de la sorte de cette marque. Gela reviendrait à comparer des moutons avec des vaches ou des cochons. On vous dit le papier Lumière a telle sensibilité et le Morgan telle autre. Oui bien! Mais le Lumière A, B ou G constitue trois sortes de papiers de sensibilité différente. Il en va de même pour le Morgan, smooth, rough, platino-matt ou émail. Gette sensibilité varie du simple au quadruple. Lequel a-t-on comparé?... L’auteur du tableau comparatif n’en sait rien lui-même, probablement. Aussi je tiens vivement à vous mettre en garde. Quand vous devrez changer de papier il vous faudra exécuter tout d’abord un essai comparatif. G’est une donnée de plus au problème de l’agrandissement et une donnée si peu négligeable qu’on doit avoir bien soin de ne pas la négliger.
IMPRESSION DES PAPIERS AU BROMURE
226. — J’ai dit qu’il est bon de toujours préférer la lumière diurne à la lumière artificielle, bien que celle-ci nous fournisse, pour le temps de pose, l’avantage très appréciable, j’en conviens, de sa constance. En voici la raison.
Suivant la nature de la source qui l’a créée, la lumière artificielle possède une coloration propre: bleu-vert avec l’arc électrique ; jaune avec la lampe à incandescence et le gaz; jaune verdâtre avec le pétrole ; vert avec les calcaires incandescents ; bleu-violet avec le magnésium. Ces différentes colorations ont des Actinismes différents, donc agissent différemment sur le bromure d’argent. Aucune n’atteignant à la composition absolue de la lumière diurne au plein du jour ne saurait remplacer celle-ci, qui reste, en somme, la seule susceptible d’interpréter, avec exactitude, la véritable gradation des teintes du négatif fournies par la lumière du jour. En d’autres termes, un agrandissement est d’autant meilleur qu’on l’obtient en utilisant une lumière ayant même spectre que celle qui a donné naissance au négatif. En dehors de là, le phototype le meilleur a toutes les chances possibles de fournir une photocopie agrandie qui lui est inférieure comme rendu des valeurs. D’une façon générale, toutes les lumières artificielles poussent au heurté. Un moyen sans doute d’utiliser les négatifs mauvais par excès de mollesse. La lumière du magnésium en combustion contenant, en abondance, des radiations bleues, violettes et ultra-violettes, a des tendances à produire l’effet inverse. Toutefois, par sa composition même et son éclat, est-ce la lumière qui se rapproche le plus de celle du jour. Aussi pourrait-on, à la rigueur, faire une exception en sa faveur. Malheureusement elle n’est pas facile à doser dans l’agrandissement, en employant par exemple, soit un photo-poudre et un dispositif analogue à celui que j’ai indiqué ailleurs (1). On peut beaucoup mieux la régulariser avec le ruban de magnésium, mais alors il faut interposer entre le négatif et la lumière un verre opale dépoli — le verre simple dépoli étant trop transparent — pour que le point lumineux disparaisse complètement.
J’indique ces moyens sans les préconiser, puisqu'on peut
(1) Voir EQOiî ouvrage : U Art en Photographie, p. 325.
facilement faire usage de la lumière diurne avec l’agrandissement.
227. — Il n’en va pas tout à fait de même dans le tirage par contact. Nous avons vu que la lumière diurne était trop intense, et qu’il fallait bon gré mal gré employer la lumière artificielle. Nous aurons dès lors avantage à utiliser la moins mauvaise de toutes, celle du magnésium en combustion. Pour les papiers ordinaires elle demeure trop forte, mais le commerce nous livre des papiers lents, qui exigent plusieurs couples de minutes pour s’impressionner à la lumière du gaz. On peut même les impressionner en quelques secondes à la lumière diurne très affaiblie.
228. — Ces papiers appartiennent aux genres Yelox, Dekko, Toula, etc. Par leur nature lente, ils possèdent même cet avantage, de tout premier ordre pour l’artiste ayant le souci de bien juger des valeurs, qu’on peut les développer directement à la lumière d’une lampe, sans interposition d’aucun verre coloré. On évite ainsi un très grand sujet d’erreur sur l’estimation de la valeur et du ton de l’image développée. Je préconise donc très vivement, pour les tirages par contact, l’emploi des papiers lents et de la lumière du magnésium en combustion toutes les fois qu’on pourra ou qu’on ne voudra pas faire usage de la lumière diurne.
229. — En étudiant de près la question, j’en suis arrivé au mode opératoire suivant:
Vous prenez un ruban de magnésium de 3 millimètres de large et d’une épaisseur telle que 15 centimètres de ce ruban pèsent 1 décigramme. Je coupe ce ruban par petits morceaux mesurant chacun 3 centimètres de long et pesant, par conséquent, en chiffre rond, 2 centigrammes. En prenant le moins lent des papiers lents ci-dessus mentionnés, c’est-àdire le Velox spécial mat pour portrait^ j’ai reconnu, que pour un négatif clair et brillant, pour un négatif susceptible d’être considéré comme normal, on obtenait une image, en pose très exacte, en plaçant le châssis-presse à 85 centimètres de la source lumineuse, sans interposition de verre dépoli, et en utilisant le développateur pour papiers lents que je donnerai au chapitre suivant. Ce point très nettement établi, j’ai tracé sur une règle, placée perpendiculairement
IMPRESSION DES PAPIERS AU BROMURE. 16i
i à la source lumineuse, une échelle, dont les chiffres indiquent le temps de pose par rapport à cette unité. On pourra donc, suivant l’intensité du négatif, faire varier la pose, par variation de place du châssis, la valeur de la lumière restant immuable. Cette échelle est la suivante :
A J 5 centimètres de la source lumineuse 32
Ainsi, par exemple, à 30 centimètres, l’impression sera I huit fois ^us forte qu’à 85, et à 170 centimètres quatre fois j moins forte. Donc, il vous suffira de chercher, dans vos I négatifs, un négatif étalon, c’est-à-dire un négatif avec ^ lequel la position à 85 centimètres soit nécessaire et suffi- ' santé.
Pour éclairer, on tient, avec une pince, le bout de magnésium et on le fait brûler dans la flamme de la lampe ou du bec de gaz de la lanterne.
Au lieu de couper le ruban par petits bouts, on peut se servir d’une lampe à main, système italien, déroulant le ruban à volonté.
Celle que je possède, « lampe Faro », débite un demi-centimètre de ruban par chaque pression sur le bouton. En I pressant six fois avant d^opérer, je me trouve donc avec j 3 centimètres de ruban à brûler, c’est simple et commode.
Cette règle peut servir pour tout autre papier, du moment I qu’on connaît son rapport de sensibilité au papier ci-dessus i employé. Du reste, j’estime que la sensibilité
Du Velox spécial mat étant 1
Celle du Velox carbon mat semble être 1,7
— Dekko — — — 3,3
— Toula — — — 5, au moins.
Mais, je le répète et j’insiste, ces données sont établies “ pour un développateur déterminé à la température de 18° C. I Ce sont là deux facteurs qu’on oublie trop souvent de faire
d62 LE TIRAGE DES ÉPREUVES EN PHOTOGRAPHIE.
entrer en ligne de compte. On ne semble pas se douter qu’ils jouent un rôle très important. De là ces insuccès, ces déboires, accompagnant les essais que l’on fait avec des indications insuffisantes ou incomplètes, parce que celui qui les a fournies, n’ayant rien expérimenté par lui-même, demeure incapable de juger de la valeur de tel ou tel détail.
230. Toujours ce qu’est la pose très exacte, — 231. Du mouillage do l’épreuve avant le développement. — 232. Préparation d’un bain à l’oxa late ferreux. — 233. De l’emploi du bromure de potassium. — 234, Remarques sur la quantité de sulfate de util iser. — 235. Pourquoi le mouillage préalable peut être néfaste. — 236. Précautions particulières à prendre dans l’emploi de l’oxalate ferreux. — 237. Des développateurs alcalins. — 238. Développateur à l’hydroquinone, — 239. Développateur à l’iconogène. — 240. Développateur au métol, — 241. Développateur au paramidophénol. — 242. Emploi du rodinal. — 243. Développateur au glycin. — 244. Développateur au chlorhydrate de diamidophénol, — 245. Développateurs à révélateurs divers. — 246. Développateur au pyrogallol. — 247. Emploi du Panchro. B — 248. De la température des bains de développement. — 249. Développateurs à révélateurs combinés. — 250. Développateur pour les papiers au gélatino-bromure lents. — 251, Importance des retardateurs physiques. — 252. Emploi de l’eau sucrée. — 253. Du développement dit artistique. — 254. Uniformisation du ton de l’épreuve. — 255. Fixage de l’épreuve. — 256. La question des ampoules. — 257. Bain éclaircisseur. — 258. Affaiblissement de l’image. — 259. Soustraction possible d’une partie de l’image.
230. — J’ai dit, et je répète ici au début de ce chapitre, parce qu’on ne saurait trop se pénétrer de ce fait : on ne peut obtenir une épreuve au gélatino-bromure, parfaite, comme modelé et comme nuance, qu^autant que la pose a été TRÈS exacte, et qu’on reconnaît cette exactitude à ce que l’épreuve, mise dans le bain de développement, se développe graduellement pour atteindre son maximum d'intensité, et qu’une fois arrivée à ce point, il devient impossible d’augmenter cette intensité, quelle que soit la durée ultérieure de l’immersion dans le bain.
231. — Pour développer, surtout lorsqu’il s’agit do photocopies de grande dimension, on plonge d’abord l’épreuve dans une cuvette d’eau claire, et l’on rejette cette eau aussitôt que le papier se montre suffisamment imprégné
et détendu. Ce tour de main a surtout pour but de permettre au développateur de couvrir uniformément, sans stries, ni bulles d’air, la feuille de papier. Il a trouvé des détracteurs. Je me hâte de déclarer qu’ils ont tort. L’insuccès qu ils ont pu avoir de ce chef, et qui les ont amené à décrier le procédé, était fort évitable s’ils avaient eu le sens de l’observation d’abord et s’ils avaient employé un autre développateur quel’oxalate ferreux. Ce n’est guère, en effet, qu’avec ce développateur que l’insuccès se produit.
232. — Au demeurant, ce développateur a ceci de très particulier qu’il est le plus généralement recommandé ou le premier mis en ligne par les fabricants de papiers. Certes il fournit de bons résultats et d’une façon assez constante. Pour le débutant je le tiens pour précieux. Pourtant j’aimerais à le voir abandonner, parce qu’il nécessite des lavages spéciaux et se prête mal dans la suite aux divers virages.
Afin d’être complet, j’estime néanmoins de mon devoir de vous donner ce mode de développement avec les explications et les doses qui m’ont été suggérées par la pratique.
On prépare d’abord les solutions suivantes:
A. Eau distillée 1 000 cm^
Oxalate neutre de potassium 300 gr.
B. Eau distillée 1 000 cm^.
Sulfate de fer 300 gr.
Acide tartrique ou citrique 20 gr.
Ce sont en réalité des solutions saturées. La solution B devra toujours être maintenue à la lumière du jour et garder sa coloration vert-émeraude.
Pour l’emploi on prend 100 centimètres cubes de A et on lui ajoute 20 centimètres cubes de B. Il est loisible de compléter ce mélange avec de petites quantités d’une solution de bromure de potassium. Les résultats seront d’autant plus beaux qu’on sera arrivé à en employer le moins possible.
233. — Une fois pour toutes, je dirai qu’on doit tenir compte de cette remarque dans le développement des papiers, quel que soit le développateur utilisé. Une faut de bromure que très juste la quantité nécessaire et suffisante pour empêcher le voile, c’est donc la quantité agissant en dose
DÉVELOPPEMENT ET FIXAGE.
clarifiante et non en dose retardatrice qu^'il faut prendre. Avec les papiers, le bromure agissant comme retardateur pousse invariablement aux tons verdâtres, quelle que soit la durée du temps de pose. Si l’on veut diminuer l’énergie du bain, qu’on le dilue mais qu’on ne bromure pas, ou alors qu’on emploie un retardate'ur physique, comme le sucre, par exemple, ainsi que nous le verrons plus loin.
234. — La quantité de sulfate de fer, indiquée pour l’emploi, peut être augmentée dans certains cas particuliers où il faut, coûte que coûte, forcer l’image en intensité. En aucun cas cependant elle ne devra dépasser le tiers de la dose de solution d’oxalate. Par expérience, j’estime que la quantité de sulfate de fer indiquée est la meilleure pour donner, d’une façon générale, une bonne intensité à l’image en gardant assez de profondeur aux ombres. Si toutefois, pour une raison spéciale, on vise plus particulièrement à l’extrême délicatesse des demi-teintes, on peut encore diminuer la dose de sulfatede fer. Néanmoins, il me semble d’une meilleure pratique de ne pas le faire, mais alors de doubler ou de tripler la quantité d’eau. On court moins de risques de produire des images faibles, le ralentissement de l’action du bain provenant de la dilution permettant de conti’ôler facilement la venue de l’image.
235. — J ’ai parlé, tout à l’heure, de l’insuccès provenant du détendage du papier dans l’eau avant l’emploi du développateur. C’est avec l’oxalate ferreux que cet insuccès a très nettement lieu. En effet, l’image se voile presque immédiatement quand le papier a été mouillé et que l’on fait usage d'un bain neuf immédiatement préparé^ quel que soit son degré de dilution et si bromuré qu’il soit. Chose curieuse, le phénomène n’existe pas si l’on fait agir ce même sur une épreuve non ramollie. En revanche, avec un bain préparé depuis un quart d’heure et laissé dans la cuvette à l’oxydation de l’air, le voile ne se montre pas avec l’image ramollie dans l’eau. Il faut donc en conclure qu’il demeure préférable, dans tous les cas, de toujours composer son développateur un peu à l’avance, ou alors de lui ajouter, pour le vieillir, un tiers de bain ayant déjà servi, si l’on en a en réserve.
On tiendra compte de cette remarque pour tous les autres
développateurs, en deux solutions, qui ne doivent être mélangées qu’au moment de l’emploi, car ils donnent naissance au même insuccès, mais cependant avec une accentuation moindre. Il nV a que les développateurs en une seule solution, donc franchement composés à l’avance, qui ne le produisent pas,
236. — Le développement à hoxalate ferreux exige encore quelques précautions particulières. Premièrement, le lavage après développement et avant fixage doit s’effectuer dans de l’eau distillée. Toute eau autre étant plus' ou moins calcaire pourrait amener, par le contact du développateur, la formation d’un dépôt blanc d’oxalate de chaux qui nuirait à la pureté de l’image. Secondement, le lavage final doit être terminé par deux ou trois lavages dans de l’eau acidulée d’acide acétique (2 à 3 centimètres cubes d’acide acétique cristallisable pour 100 centimètres cubes d’eau) afin de débarrasser le papier des traces de fer pouvant y rester. Au cas où il y aurait eu, malgré les précautions prises, ou non, formation d’un sel de chaux, la solution acétique pourrait encore le détruire, car l’acide acétique, sans action sur les sels de chaux, lorsqu’il est en solution concentrée, en a au contraire une très grande en solution très diluée.
237. — C’est surtout pour ces deux raisons qu’on délaisse l’emploi de l’oxalate ferreux fournissant cependant d’excellents résultats. Aussi peut-être parce qu’on est de moins en moins habitué à se servir de ce révélateur, dont l’usage, pour les phototypes négatifs est pour ainsi dire totalement abandonné, en faveur de l’un quelconque des nombreux révélateurs alcalins que nous possédons. Ils sont cependant, au fond, d’une action moins sûre, mais ils présentent l’avantage incontestable d’être plus souples, c’està-dire de se prêter à de multiples modifications par l’addition plus ou moins grande d’alcalin, modifications agissant sur la rapidité et l’énergie du bain en même temps que sur la valeur et la chaleur des tons.
Voici les meilleures formules auxquelles je me suis arrêté avec ces révélateurs.
Tout d’abord jVmploie une solution alcaline de constitution unique, quel que soit le révélateur que j’ai choisi.
DÉVELOPPEMENT ET FIXAGE.
Celte solution se compose de :
A. Eau chaude ayant bouilli 100 cm^.
Carbonate de potassium 15 gr.
Carbonate de sodium 31sr,5
238. — Avec Vhydroquinone, vous faites la solution suivante :
B. Eau chaude ayant bouilli 1 000 cm^.
Sulfite de sodium anhydre 125 gr.
Hydroquinone 50 gr.
Pour l’usage on prend 20 centimètres cubes de B, 14 centimètres cubes de A et 100 centimètres cubes d’eau.
Les images sont vigoureuses et d’un noir franc. Malheureusement les défauts de l’hydroquinone, employée seule, se font sentir. Cette vigueur tend facilement à la dureté et ce noir à l’opacité. De plus, pour peu qu’il faille prolonger l’action du bain, par cause d’une légère insuffisance de pose, les blancs de l’image jaunissent facilement.