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Un phénomène, aux causes inconnues, se passe

souvent au moment de l’immersion dans le bain sensibili- i sateur. Certaines feuilles acceptent le bain, d’autres se j couvrent de milliers de bulles d’air imperceptibles. Alors, i par transparence, le papier séché a l’aspect sablé de points | blancs qui seront des points noirs sur l’épreuve définitive. ■ Pour les éviter, M. Puyo conseille de placer, avant sensibilisation, la feuille de charbon-velours sur une plaque de verre, i côté mixtionné en dessus, et de la faire passer sous le jet ! d’un robinet d’eau. |

509. — En ce qui concorne l’insolation, on peut admettre qu’en prenant celle du papier bleu, comme unité, on aura les rapports suivants :

Ble

1 Noir

Sanguine

CHARBON VELOURS ET CHARBON SATIN

ce qui, en se servant du photomètre Artigue ci-dessus d’écrit et en groupant les négatifs en trois classes, donnerait :

Négatif très transparent, à valeur normale .

Bleu. 1/2 degré. Noir. 3/4 à 1°. Sanguine. 1» 1/2 à 2».

2® Négatif classique, transparent, ou négatif léger mais gris.

Bleu. 3/40. Noir. 1° 1/4 à 1® 1/2. Sanguine. 2° 1/4 à 3°.

30 Négatif gris opaque.

Bleu, lo 1/2. Noir. 3» à 3» 1/2. Sanguine. 4^ 1/2 à 6°

J’estime même qu’il y a lieu de forcer dans le cas de la sanguine. Au demeurant, ceci représente encore, dans bien des cas, une insolation assez courte : le degré pouvant descendre ën été à quatre minutes environ, et se trouvant largement compris, au plein du jour, par ciel bleu, suivant la saison, entre trois minutes et quinze minutes.

510. — Pour que l’image se présente avec toute la vigueur, la profondeur et l’éclat désirables, comme il a été dit dans le prologue, il faut que le dépouillement enlève à la mixtion le moins possible de son velouté. Pour atteindre à ce but, le dépouillement doit se faire par le plus petit nombre possible de coups d’arrosage à la sciure. Soit 20 à 30 coups, par exemple. Il sera bon également d’opérer avec un bain de sciure aussi clair que possible, de façon à pouvoir le bi^n diriger et que son action reste franche sur la région où il frappe. Donc, première condition, éviter à tout prix la surexposition tendant à fournir des épreuves dures et sèches. Mieux vaut sous-exposer et racheter l’effet par le dépouillement.

511. — M. Puyo préconise le mode opératoire suivant, qui diffère de celui indiqué en ce que les affusions d’eau tiède sont remplacées par l’immersion totale de l’épreuve dans cette eau tiède.

Rincer sous le robinet l’épreuve tirée et la bien détendre dans l’eau froide. Ce qui m’a toujours paru meilleur que l’immersion rapide précédemment indiquée.

2° La plonger durant une ou deux minutes dans de l’eau à 28 ou 29° C. Généralement, au bout de ce temps l’image se dessine en négative, faiblement. Quelquefois, on ne la dis-

â4â LE TIRAGE DES ÉPREUVES EN PHOTOGRAPHIE.

tiiigue même pas ainsi. Ne point s’en inquiéter outre mesure.

S'’ Retirer du bain chaud. Donner un ou deux arrosages de sciure très claire. L’image apparaît dans son vrai sens, c’est-à-dire en positive.

4“ Replonger dans le bain à 28° G. pendant une ou deux minutes.

5° Retirer du bain chaud, àonnQv deux ou trois arrosages de sciure claire. L’image doit être alors assez visible pour que l’on puisse distinguer les contrastes et par suite connaître si elle est trop, bien, ou insuffisamment posée. Cette reconnaissance se fait d’après les caractéristiques qui ont été notées dans la méthode précédente.

Tro'p posée., on place l’épreuve, côté mixtionné en dessous., dans une solution de carbonate de sodium à 5 p. 100. On la tâte de temps en temps. Quand la couche consent à céder, on achève le dépouillement avec de la sciure assez épaisse.

Bien posée., dépouiller avec la sciure froide en plongeant de temps en temps, si cela est nécessaire, dans le bain à 28° G.

Insuffisamment posée. — Comme dans ce cas nous avons à redouter l’obtention d’une image grise et d’aspect mine de plomb, plonger immédiatement l’épreuve dans de l’eau chaude à 30 ou 31° G. En ne dépassant pas cette température ultime de 31° G., on n’a jamais d’accident. Néanmoins, il est toujours bon de surveiller très attentivement. Au bout ééune minute d’immersion, donner un ou deux coups de sciure très claire. En continuant cette alternance, on arrive à rétablir les oppositions.

Dans les cas d’une pose insuffisante, d’un bain trop chaud, ou d’une immersion trop prolongée dans ce même bain trop chaud, les blancs peuvent présenter des tendances à l’arrachement. Si le phénomène se produit, immerger immédiatement l’épreuve dans de l’eau aussi froide que possible.

Traitée de cette façon, l’épreuve au charbon-velours garde un velouté parfait.

512. — Ces méthodes opératoires conduisent à l’ubtenlion quasi automatique de l’épreuve.

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L’artiste a-t-il mieux à faire avec ce papier ? Certainement. Il lui est loisible, même en ne se servant que des moyens que nous venons d’examiner, de faire acte d’intervention personnelle. Lorsque l’épreuve est fixée sur sa feuille de verre, il peut parfaitement modifier l’effet général en éclairant un détail, ou en accentuant une ombre. Il peut simplifier telle ou telle partie, en la dépouillant trop ou insuffisamment. 11 lui suffit pour cela de jouer localement des affusions de sciure claire. Plus il insistera sur une partie, plus il la dépouillera; moins il insistera, plus il noiera le détail et aëcentuera le ton. Le délicat est que l’action locale reste très nettement localisée là où l’on veut qu’elle soit. Ce n’est point toujours chose commode avec un instrument de touche aussi grossier qu’un jet de bouillie de sciure. Mieux vaudrait un instrument plus délicat, comme le pinceau par exemple. Malheureusement, par la nature même de son étendage et par la nature aussi de la sous-couche qui la supporte, la mixtion se désagrège très facilement au contact du pinceau, même lorsque ce contact a lieu sous l’eau, pour en amortir la raideur.

On peut cependant, dans une certaine mesure, exécuter le dépouillement au pinceau du papier au charbon-velours, soit en formolisant l’image à traiter, soit en sensibilisant la couche à l’alcool.

513. — Pour ce qui est de la première méthode, vous arrêtez le dépouillement après les premières affusions de bouillie de sciure, c’est-à-dire au moment où l’image apparaît suffisante pour être grossièrement délimitée dans toutes ses parties. A ce moment, vous rincez soigneusement l’épreuve pour bien la débarrasser de toute trace de sciure, et vous la plongez, durant quelques secondes, dans un bain d’eau formolisée. La concentration de ce bain peut être variable. La pratique semblerait démontrer qu’il vaut mieux opérer par immersion courte, avec un bain concentré, que par immersion longue avec un bain dilué. Ainsi, par exemple, un bain de formol à 6 ou 7 p. 100 et une immersion de cinq à dix secondes vaudront mieux qu’un bain à 1 p. 100 et une durée d’immersion de une à deux minutes. A tout prendre, ce qu’il faut chercher, c’est un durcissement de la couche 'plutôt superficiel que totale destiné à présenter une résis -

tance suffisante au pinceau pour qu’il n’y ait point d’éraillements. S’il en était autrement, si la couche entière venait à s’insolubiliser, il y aurait à craindre de se trouver dans l’impossibilité d’agir efficacement sur les noirs, ou plutôt d’être obligé d’avoir recours à des frictions trop fortes. Au reste, notons en passant que, si le durcissement était trop fort, on pourrait le diminuer en laissant tremper la feuille dans de l’eau claire. Inversement, s’il était trop faible, on pourrait immerger à nouveau dans l’eau formolisée.

Toutefois, la couche du charbon-velours demeure toujours un peu bien fragile et il ne faut point songer à se servir d’autres pinceaux que ceux de martre et de petit-gris.

514. — Pour ce qui est de la seconde méthode, la sensibilisation par l’alcool^ elle se montre très délicate, en ce sens que, sans trop savoir pourquoi, certaines feuilles ainsi sensibilisées présentent une couche tellement insoluble qu’elle résiste à l’eau bouillante, ce qui naturellement rend tout dépouillement impossible. Cela a lieu soit que l’image se montre notoirement sous-exposée ou notoirement surexposée, ce qui peut toujours se constater en regardant l’épreuve par transparence. 11 y a surexposition, et surexposition avancée, quand on voit se dessiner la silhouette de l’image. Cet accident semblerait prouver que la couche colloïde du charbon-velours contient tout ou partie d’albumine, celle-ci s’insolubilisant assez bien sous l’action de l’alcool. Il n’importe. Le phénomène existe. Je devais d’autant plus le signaler qu’il m’a joué pas mal de mauvais tours.

515. — Quand la sensibilisation peut se faire à l’alcool, sans amener avec ellel’insolubilisation, onpeutalors effectuer le dépouillement dans une cuvette remplie d’eau froide, en passant et repassant sur la surface de l’épreuve une touffe d’ouate. En formolisant l’eau, l’attaque au pinceau est possible.

Je crois devoir dire deux mots sur cette sensibilisation à l’alcool.

D’abord lebichromate de potassium n’est pas soluble dans l’alcool. Il faut donc exclusivement faire usage du bichromate d’ammonium, qui, lui, se montre un peu soluble, si l’alcool, n’est pas trop concentré toutefois. L’alcool à 90° en dissout à peine. L’alcool à 40° en dissout suffisamment

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pour une sensibilisation normale. Yoici commentée procède. En prenant la formule indiquée pour réduire une solution d’un titre à un autre (1) nous voyons qu’il nous faudra ajouter 50 centimètres cubes d’eau à 40 centimètres cubes d’alcool à 90® pour avoir de l’alcool à 40®. Dans 50 centimètres cubes d’eau distillée je fais donc dissoudre préalablement 2 g’rammes de bichromate d’ammonium. Après dissolution j’ajoute doucement, et en remuant constamment, 40 centimètres cubes d’alcool à 90®. Je filtre et je sensibilise par immersion d’une minute environ dans ce bain. La grosse difficulté (peut-être est-ce aussi la cause ou une des causes d’insolubilité) est le séchage qui, à mon sens, s’clfectue forcément trop vite. Peut être pourrait-on y remédier^ au moins dans une certaine mesure, en additionnant la solution d’un peu de glycérine. C’est à voir.

516. — Pour ma part, je trouve que si le papier charbon velours, pris uniquement au point de vue artistique, a des qualités énormes, il possède, à côté, des défauts sérieux. D’abord, si on gagne en travail par la formalisation, on perd en velouté. Ensuite, c’est certainement de tous les papiers, genre charbon, celui qui communique le plus de sécheresse à la ligne de l’image. Enfin, son défaut de tout premier ordre est de présenter des blancs luisants, qui sont du plus désagréable effet par contraste avec le velouté des noirs. Comme cela arrive, avec tous les défauts primordiaux, on a voulu parer au reproche en chantant bien haut qu’une des qualités du charbon velours était d’offrir des blancs nacrés! Je doute fort qu’un tempérament d’artiste tombe dans le panneau. Il faudrait faire coaguler cette sous-couche pour en enlever le brillant. L’alcool y parvient mal. C’est une recherche qui vaut qu’on la poursuive sérieusement.

517. — Le papier charbon satin, inventé par M. Fresson, diffère de son aîné par son côté « satin ». En effet, si la couche du charbon velours semble être faite par saupoudrage, celle du charbon satin paraît plutôt venir d’un étendage au rouleau sur la couche colloïde. Aspect différent, mais traitement identique. A telles enseignes même que les papiers que je reçus jadis, avant leur mise dans le commerce, étaient

(1) Voir mon ouvrage : Le Développement en Photographie.

accompagnés d’une notice trop entièrement calquée sur la notice d’alors, relative au charbon velours. Aujourd’hui on tâche de s’en éloigner en substituant même au nom charbonsatin le nom : papier gélatino-chrome ou autre nom. L’habit ne change pas le moine.

518. — Le charbon satin présente cependant pour l’amateur ordinaire un très appréciable avantage sur le charbon velours : sa couche est considérablement plus résistante et, de ce chef, beaucoup plus maniable. De plus, si nous n’avons vraiment et assez péniblement le charbon velours qu’en bleu, noir et sanguine sur papier lisse, uniformément le même, nous avons le charbon-satin continuement en brun, bistre, sanguine brune, sanguine rouge, vert, bleu foncé et noir sur papier de Rives lisse fort, et d’après demande, sur tout papier vergé ou à grain, blanc ou teinté. Au demeurant le fabricant fournit, contre 15 centimes, une carte échantillon des teintes qu’il fabrique.

519. — Comme pour le charbon-velours, c’est le papier à teinte bleue qui est le plus rapide. En le prenant pour unité on peut, approximativement,établirlarelation suivante:

Bleu, 1. Vert, 11/2. Noir, 4. Brun et bistre, 5. Sanguines, 6.

520. — Au demeurant, en travaillant le papier satin, exactement comme le papier velours, on arrivera à des résultats qui ne présenteront entre eux que la différenre de la nature même des papiers. Celle du charbon satin fait que les blancs brillants présentent un peu moins de dissemblance désagréable. Elle existe néanmoins.

On remarquera que si ces papiers nécessitent des repiquages, ils peuvent être exécutés comme il a été dit au sujet de l’image au charbon.

MARIOTYPIE ET OZOTYPIE.

521. Suppression des transferts par visibilité de l’image. — 522. La mariotypie. — 523. Continuité de l’action de la lumière dans l’obscurité. — 524. Le premier mode opératoire. — 525. Bain sensibilisateur alcalin. — 526. Insolation. — 527. Bain acidifiant pour la couche mixtionnée. — 528. Question de lavage de l’image primaire. — 529. Dépouillement de l’image. — 530. Considérations sur le détachement du papier support. — 531. Atténuation ou augmentation des contrastes de l’image. — 532. L’ozO' typie. — 533. Choix du papier. — 534. Bain sensibilisateur. — 535. rAendage de la solution sensibilisatrice. — 536. Du séchage. — 537. Insolation et premier lavage. — 538. Bain acidifiant pour la couche mixlionnée. — 539. Considérations sur le détachement du papier support. — 540. Dépouillement automatique. — 541. Dépouillement artistique. — 542. Procédé à étudier. — 543. Théorie de M. Manly sur l’ozotypie. —

544. Réfutation de cette théorie par les expériences de M. Haddon. —

545. Étude des sels de chrome. — 546. Clef du travail de la lumière sur ces sels. — 547. Le bichromate de potassium seul ne peut donner une image ni nette, ni vigoureuse. — 548. Secours dû à l’encollage. —

549. Meilleure image obtenue avec le bichromate d’ammonium. —

550. Effet fourni par le mélange des deux bichromates. — 551. Alliance du bichromate d’ammonium et d’un bichromate métallique. — 552. Le bichromate métallique est-il le colorant? — 553. Axiome sur la rapidité des solutions sensibilisatrices. — 554. Substitutions diverses, — 555. De l’influence et de la nature de l’encollage. — 556. Conclusions pratiques.

521. — Dans le tirage des épreuves au charbon, l’opérateur se trouve un peu gêné, dans la pratique, d’abord par la non-visibilité de l’image qui le laisse toujours incertain sur l’exactitude à donner à la durée de son temps de pose ; ensuite par le renversement de l’image qui l’oblige soit à pelliculer son négatif pour le tirer à l’envers, soit à faire usage de la méthode à double transfert, toujours un peu délicate, sans être cependant d’une difficulté extrême.

Trouver un procédé permettant l’obtention des épreuves au charbon par visibilité d’une image directe et la suppression du double transfert, se montre donc pour l’amateur un desideratum de premier ordre. On peut dire qu’aujourd’hui ce désideratum est très suffisamment satisfait.

522. — - En 1873, M. Marion essayait cette satisfaction en décrivant, devant la Société Royale de Londres, un nouveau procédé qu’on désigna sous le nom de mariotypie»

Il est fondé sur un principe très intéressant de la gélatine bichromatée. De ce principe, il découle que si, après avoir fait agir la lumière sur une couche de gélatine bichromatée, on arrête celte action, elle continue, cependant, à s’exercer au. sein même de l’obscurité la plus complète. En d’autres termes, la couche insolubilisée est beaucoup plus épaisse après quelques heures d’insolation, qu’au moment où l’on arrête cette insolation.

Ce phénomène, bien connu des charbonniers^ les a amenés à cette pratique : insoler d’autant plus légèrement que le dépouillement doit être plus retardé.

523. — En recherchant à quelle cause pouvait bien être due cette continuité de l’action de la lumière, dans l’obscurité même, on est arrivé à se convaincre qu’elle provenait des aptitudes éminemment hygrométriques de la gélatine. En effet, si l’on supprime le facteur humidité, en desséchant complètement une épreuve insolée et en la conservant, en cet état, dans un étui de métal ou de verre, privé d’air et scellé, il ne se produit, pendant des mois, aucune modification dans l’épaisseur de la couche insolubilisée.

En contrôle de cette expérience, si une image très insuffisamment insolée est maintenue à une température de 25® C. dans une atmosphère humide, elle donnera, si on la dévelop pe au bout cl’une heure et demie, une image aussi complète que si l’insolation avait été suffisante. Lorsque le dépouillement aura lieu au bout de deux heures et demie ou trois heures, l’image présentera tous les symptômes d’une très forte surexposition.

524. — Ces considérations, nettement rappelées, vont vous aider à mieux comprendre le procédé mariotype.

Il consiste en ceci :

1" Prendre une feuille de papier à dessin, légèrement encollée à la gélatine, et la mettre à flotter, pendant une minute environ, sur une solution de bichromate de potassium à 6 p. 100 additionnée d’un peu d’acide sulfurique. Quelques gouttes d’acide sulfurique concentré (YI) ou quelques centimètres cubes d’une solution à 10 p. 100.

MARIOTYPIE ET OZOTYPIE.

Faire sécher par suspension dans l’obscurité complète. Exposer au jour, sous un négatif, jusqu’à apparition complète de l’image dam tous ses détails,

2° Prendre une feuille de papier au charbon d’égale grandeur, la tremper, jusqu’à simple assouplissement, dans une solutiondebichromate de potassium à 2 p. 100, etl’appliquer, en contact parfait, sur l’image obtenue, couche mixtionnée contre image. Placer le tout entre deux feuilles de papier buvard et sous légère pression. La laisser ainsi, en évitant la dessiccation pendant huit ou dix heures. L’image se transmet à la couche de charbon en vertu de l’action continuatrice.

3® Après ce temps nécessaire de contact, plonger dans de l’eau chaude à la température de 40 à SO'" G. Au bout de quelques instants, on pourra enlever facilement le papier qui supporte la mixtion, et l’on opérera le dépouillement de l’image à l’eau tiède, comme dans Je cas d’une image ordinaire au charbon.

525. — M. E.-W. Foxlee, perfectionnant ce procédé, est parvenu à le rendre plus pratique en réduisant, de une heure et demie à trois heures, les huit à dix heures de contact exigées. Il a, pour cela, modifié les bains. Celui de sensibilisation du papier est alcalin ou neutre au lieu d’être acide et se compose de :

Eau 1 000 cm3.

Bichromate de potassium 75 gr.

Ammoniaque 5 cm^ (environ).

Un excès d’ammoniaque n’est pas à redouter. Il s’évapore lors de la dessiccation.

Pour sensibiliser un papier, bien encollé, on le fait flotter sur cette solution pendant deux minutes, au moins, et on le met ensuite à sécher dans l’obscurité complète. J’ajouterai qu’on peut faire emploi de tout papier susceptible de résister à l’action de l’eau bouillante et qu’il est bon de ie réencoller, avant emploi, en l’enduisant d’une solution chaude de gélatine à 2 p. 100.

526. — L’insolation, avec le papier ainsi sensibilisé, doit être telle que tous les détails, dans les parties les plus lumineuses de l’image, doivent être distinctement 'perceptibles.

Le temps exigé pour obtenir ce résultat est un peu plus long que celui nécessaire pour Timpression d’une image sur charbon ordinaire. Il importe peu, puisque l’image que nous voulons actuellement obtenir est directement visible et que nous en pouvons, à notre aise, surveiller la venue.

527. - — L’image jugée bien à point est retirée du châssis-presse. On immerge alors dans une solution de bichromate de potassium acidifiée une feuille de papier au charbon. La composition de cette solution est la suivante :

Eau 1 000 cm3.

Bichromate de potassium 25 gr.

Acide acétique cristallisable 35 cm^.

L’immersion ne doit durer que le temps nécessaire et suffisant pour assouplir le papier au charbon. Cet assouplissement étant acquis l’image obtenue précédemment est glissée dans la cuvette, pour être appliquée sur la feuille de charbon, image contre couche charbonneuse. On retire doucement les deux feuilles ainsi accollées, on les passe à la racle et on les met sous pression entre deux feuilles de verre pour éviter la dessiccation. Elles sont ainsi abandonnées à l’action continuatrice. Elle peut durer une heure et demie à trois heures, ou même davantage. Gela dépend du degré d’élévation de la température. A température basse, action continuatrice plus longue, et inversement. Toutefois l’intensité de l’image sera d’autant plus forte que l’action continuatrice sera plus longue. Si elle est trop longue le dépouillement deviendra difficile et nécessitera l’emploi d’eau très chaude.

Lorsqu^’elle est jugée suffisante, le bloc des deux épreuves accolées est mis à tremper dans de l’eau froide. On la renouvelle deux ou trois fois pendant la première demi-heure, afin de bien enlever le bichromate de potassium non insolé.

528. — On remarquera qu’il n’est pas question de laver l’épreuve imprimée à sa sortie du châssis-presse pour enlever le bichromate non insolé. Il me semble bien, jusqu’à expérience contraire, qu’on peut laver ou ne pas laver, attendu que le bichromate non isolé n’a pas d’action sur le papier au charbon. L’insolé seul a de l’action, par le dégagement d’acide chromique qu’il fournit. Toutefois, si on ne

MARIOTYPIE ET OZOTYPIE.

lave point il ne faut pas que l’image voie le jour avant son application contre la couche charbonneuse, ou bien qu’elle soit conservée humide, la lumière n^ayant pas d’action sur le bichromate humide ; si on lave, l’image au contraire, pourra être gardée sèche et voir le jour.

529. — Qu’on fasse ou non le lavage de l’image mariotype avant l’application de la feuille au charbon, le bloc constitué par cette application et ramolli dans l’eau froide, comme il vient d’être dit, est finalement plongé dans de l’eau chaude d’une température de 45® C. environ. La couleur du papier au charbon commence à couler légèrement le long des bords, et on peut enlever le papier servant de support à cette mixtion colorée.

On continue alors à dépouiller l’image à l’eau tiède comme dans le procédé au charbon ordinaire. Lorsque ce dépouillement est suffisant, c’est-à-dire lorsque l’image se montre sensiblement au-dessous du ton final voulu, car sa tonalité remonte au séchage, vous lavez à l’eau froide et vous plongez pendant quelques minutes dans une solution d’alun de potassium à 5 p. 100 pour détruire définitivement toute trace de bichromate.

530. — L’accident possible est le non-détachement du papier supportant la mixtion charbonneuse. Plus ce détachement est difficile, plus il indique que l’on a dépassé la durée nécessaire à l’action continuatrice. Si, au bout de cinq à six minutes d’immersion dans l’eau chaude, le détachement ne se faisait pas, il faudrait augmenter la température de l’eau. Malgré cette augmentation éprouve-t-on encore de la résistance ? il faut retirer le bloc de l’eau chaude et le plonger dans de l’eau froide additionnée d’ammoniaque. On l’y laissera un quart d’heure et plus, si cela est nécessaire, puis on le remet dans l’eau chaude. A moins que l’action continuatrice ait duré trop longtemps, on arrive généralement, par ce tour de main, à sauver son épreuve.

531. — Pour diminuer les contrastes, provenant d’un phototype heurté, on imprimera l’image fortement mais on diminuera la durée de l’action continuatrice. Au contraire, pour augmenter les contrastes, provenant d’un négatif trop mou, on imprimera l’image fortement encore, mais on

aug-mentera, au contraire, la durée de l’action continuatrice. En d’autres termes, l’action continuatrice augmente les contrastes en raison directe de sa durée.

532. — Si le procédé mariotype était venu au monde une vingtaine d’années plus tard, il aurait eu plus de succès. Ceci reste commun à toutes les inventions. Elles n’ont d’effet réel qu^autant qu’elles voient le jour au moment où l’on a besoin d’elles. Lisez le Vieux Neuf d’Édouard Fournier, vous en serez convaincu au delà du possible. Au moment où parut la mariotypie, on ne pensait guère qu’à la photographie documentaire ou anecdotique, donc aux épreuves bien fines, bien sèches, bien léchées, obtenues automatiquement et rendant complètement le négatif. Point n’était question de l’intervention individuelle de l’artiste dans le tirage. Maintenant il en va autrement. Aussi lorsque M. Thomas Manly présenta, le 28 mars 1899, Vozotypie à la Royal photographie Society de Londres arrivait-il avec de très grandes chances de faire prendre ce procédé bien qu’il ne soit, en somme, que la simple combinaison de la mariotypie avec l'obtention d’une image visible aux bichromates alcalins et oxydes métalliques, aussi connue en France que brevetée. Pour nous autres qui visons à l’image artistique, les questions de brevets nous importent peu, aussi bien que la question de nom, en somme. Acceptons donc le mot ozotypie pour un procédé que je tiens pour un de ceux qui sont propices à la réalisation d’une image d’art avec la photographie.

Je ne m’amuserai pas à vous traduire in extenso les leçons d’ozotypie de M. Th. Manly. Il y a là un luxe de détails, faits en vue de l’exploitation industrielle d’un brevet des plus contestables plutôt que faits pour faciliter un travail d’artiste. Je préfère vous indiquer seulement ce que la pratique m’a montré nécessaire et suffisant de prendre dans les formules de M. Manly, afin de vous permettre d’opérer tout de suite et sûrement, car, je le répète, ce procédé est très intéressant pour l’artiste. Nous discuterons après.

Comme la mariotypie, l’ozotypie procède d’une image, visible, qu’on recouvre ensuite d’une couche pigmentaire et que l’on dépouille.

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