SCÈNE IX
MICHEL, seul.
Je n'en reviens pas ! je tombe des nues , je nage dans un océan de bonheur et de pièces cent sols... me voilà susceptible de faire ici une fortune immense... moi qui n'ai jamais pu réussir à rien , et pourtant en ai-je
rait des métiers; J'ai essayé de tout, quoi? mais avec unemaladresse,ah!.. à toute épreuve... couducleur d'oiunil)us, j'oubliais de l'aire payer les voyageurs; marchand en plein vent, j'avais un organe assez propice à la chose... «La boutique à vingt-cinq sous, montez vos ménages, proDlez de la vente!...)) Mais je ne savais pas guetter l'agent du commissaire, et je me Tesais pincer; commis chez un homme qui élevait des vers à soie , j'étais chargé de les faire éclore, pour hàler ce doux moment, je les réchauffais dans mou sein, je les couchais avec moi; mais doué d'un sommeil de plomb, je ne manquais jamais de les écraser, pour la plupart... enfin, j'étais parvenu à faire des omelettes avec les œufs de ces pauvres petites bêtes; c'est alors que j'entrai chez un célèbre médecin qui tenait une maison de santé , pour les auimauv domestiques indisposés, faubourg Poissonnière, à côté des Menus-plaisirs, bel établissement! fondé par une société philantropique; j'étais chargé de promener ces intéressants quadrupèdes pendant leur convalescence, pour le coup, je crus mon sort assuré, et un sort bien agréable encore... avec ça que j'aime les bêles... et la promenade... aussi je leur aurais volontiers consacré ma vie, Ah! bien oui !... je fus encore moins chanceux dans ce métier-là que dans les autres; au premier coup-d'œil ça paraît très facile de promener des chiens.. . je t'en fiche 1 je les proraenais'si bien , qu'il en manquait toujours deux ou trois à l'appel , ou que je les ramenais plus malades... je leur laissais avaler des boulettes!... en voilà une de ma part!...
Air : t'I» rGaniiii de Paris.
Bref à rien de rien , J'suis bon, j'en convicn, El je voulais m'faire,
Saint-Siraonien.
Quelle triste affaire!
D'après nnon talent, J'eus jeune souvent,
Ne sachant rien , Faire de bien , Rien !..
C'est ordinairement, Pour réussir un'très bonn'chance.
Du petit au grand ; On arrive à tout sans talent, J'étais fort content.
De ma rare inintelligence , ,
J'm'en félicitais, Et chaque jour je me disais :
Puisque c'est ainsi, Sans soin, sans souci, En la providence, Ayons entière confiance; A tous ses enfans , Même aux moineaux francs ; EH'donn' chaqu'malin, Sa ration d'iégume ou de pain.
J'ai droit à ma pâture.
Aussi bien qu'un canard.
Mais bien plus , la nature , M'ayant fait si jobard, C'est qu'eir veut de la terre , Que sans dout' je sois roi , Et conim'je n'sais rien faire , Qu'chacun Iravaill'pour moi..
Car à rien de rien. etc.
Mais la jeune fille de Cabanet peut venir dun instant à l'autre, et il ne faut pas qu'elle me trouve dans l'état d'un simple mortel... Eh! vite! endossons les attributs de l'ancien, qui sait? ca me donnera peul-être sa
science? (il prend la robo, ctc ) Oli ! que c'est liiid ! mais Je vais être liorrible là-dedans! disposez donc un jeune cœur à I amour, fagotlé, comme ca? que je suis bête! puiscjue ce n'est pas pour moi que je vais lravailler.'(lci l'on frappe.) (|uel(iu'un! elle, sans doute ; il ^Hail temps.