‹ Le tireur de cartes, vaudeville en un acteChapitre 9 sur 19 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

MICHEL, MARGUERlTi:.

MICUEI..

Entrez, (A pari.) Dieu qu'elle est gentille!... s'il en vient souvent comnac ça... je finirai par trouver le métier diablement agréable. (A Marguerite.) Approchez, jeune fille!

IMAP.GLEKITE. ciUranl ol à'arrôlaiit à sa vue , avec effroi.

Ah! mon Dieu !...

MICHEL

Qu'avez-vous donc? est-ce que mon costume vous fait peur?... est-ce que vous vous imaginiez par hasard rencontrer ici le semblable... de vos semblables?...

MAKGLERITE.

Oh! non, monsieur, ou m'avait bien dit que je trouverais ici un homme, habile à prédire l'avenir.

MICHEL

On ne vous a pas trompée... et c'est t'Iiabile homme que vous voyez devant vous; allons, ma fille, calmez cette émotion, bien naturelle, du reste, devant le petlt-flls du roi delà sorcellerie: daignez me dire le motif de votre visite.

BURGL'ERITE.

C'est que je n'oserai jamais vous confier des secrets...

MICHEL

Mais je puis vous éviter l'embarras de me les dire.

MAKGLERITE.

Comment?

MICHEL

Ma science ne m'apprend-elle pas pourquoi vous venez me consulter...

MARGtJERITE.

Il se pourrait!

MICHEL

Un jeune homme blond vous poursuit de son amour.

MARGUERITE

(^est vrai, comment pouvez-vous savoir...

MICHEL

II est superflu d'être magicien , pour deviner que ces jolis yeux-là doivent inspirer des passions.

MARGUERITE

Et ça dure-t-il long-temps, ça, monsieur, une passion?

MICHEL

Il me suffira de voir les lignes de votre main pour vous répondre ; voulez-vous me confier votre main, la main droite, il y en a d'autres qui vous demanderaient la main gauche, le côté du cœur : rococo... la droite.

MARGUERITE

La voilà.

MICHEL . la serrant, à pari.

C'est qu'elle est très douce.

MARGUERITE

C'est singulier l'efTet que ça produit de penser que dans la main on peut lire la destinée d'une personne...

MICHEL

Comme dans une croix de par Dieu. Attention, je commence. Je vois par cette ligne-là... Que vous avez des disposilionsà perdre lesommeil... quelquefois même le boire et le manger ! vous aimerez, ma fille !

MARGUERITE, naïvemenl.

J'ai déjà commencé...

mu.hl:!..

Voyez-vousça ! Heureux jeune iioiuine bluiitl. nu!

.•URCLEKITE.

Non pas, il élait brun. '

MICHEL

Ifoureux jeune homme brun I

MARGUERITE

l'n cousin à moi , oh ! bien l)on et bien aim.ible...avcc qui j'^i pass<''mou enfance...

MICHEL

Mon art nie le dit... Ainsi donc, si jeune et si timide... c'est qu'elle est toute tremblante... N'ayez pas peur... (il lui prend la taille.) Quelqu'un adéjà occupé votre pensée, fait naître dans votre cœur un sentiment...

M.4RGUERITE, naïvement.

Dont je me ressouviendraisLieu vile encore...

MICHEL

Heureux, oli! bienheureux! celui qui vous rendra ce souvenir, et si vu la teinle de mes cheveux , je pouvais... (A part.) Qu'est-ce que je dis donc*.' .('oublie ma mission salanique , je capone, je tourne à l'araoroso , parole d'honneur! réparons, réparons! Et jetons-lui d'abord un peu de poudre aux yeux pour l'étourdir. (Trémolo.)

MARGl'ERITE.

Qu'est-ce qui va m'arriver?

(Il place la table au milieu du théâtre, et examine les cartes posées sur la table.) MICHEL, comme inspiré, s'approchant de Marguerite. Tremblez , jeune fille !

MARGUERITE, reculant effrayée.

Ah! mon Dieu !

MICHEL, parcourant le théàlrc.

.4 moi les puissancesinfernales!.. Amoi,géuiesde preraièreetdeuxième qualité.

MARGUERITE

J'ai peur...

MICHEL

Je vous invoques, venez m'inspirer. (A Marguerite.) Et vou.>i, prêtez-moi une oreille attentive et mêlée de respect.

MARGUERITE

Oui. monsieur le sorcier. (Comme elle reste debout, Michel la pousse du doigt et elle tombe assise, bruit de cyrabaiies.) Si j'avais SU, je ue serai pas venue.

MICflBL.

Air -. C'était l'heure où l'on ne parle pas. (Monpou.)

Du prince des démons . moi , sorcier par la grâce , A vos yeux effrayés , par mon art efficace.

De l'avenir, je vais

Dévoiler les secrets.

L'enfer brûle mon cœur,

Ma léte a le délire.

Je reconnais satan, il m'échauffe, il m'inspire

MARGDEBITE.

Je me sens mourir de frayeur.

JIJCHEL. ' *

Le blond dont j'ai parle, fut séduit par vos charmes ; D'un sentiment si pur, ne prenez point d'alarmes. Il veut vous épouser; oui, mais, j^i jusque-IA , Vous ne réjiondcz pasà son amour sincère, Par une confiance aveugle cl toute entière... ■'

Le malheureux ! il se tuera !

Prenez-y garde , il se tuera !

MAUGUKRITE.

Il se tuera : ah ! (Eiie sort «u counni.j •

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