‹ Le Tissu CribléChapitre 17 sur 68 · ES (C · texte numérisé non relu

ES (C

Fig. 45, — Pistacia lentiseus. — Portion de liber secondaire : rm, rayons médullaires; le, liber écrasé; ce, canal secréteur ; cr, cristal d’oxal. de ca.; es, cellule seléreuse (d'après Moeller).

fortement épaissies, et généralement un lumen encore assez large. La paroi possede des poncluations où de fins canalieules (communicalions protoplasmiques) qui permettent les échanges avec les cellules voisines.

Quand la sclérification s'établit de très bonne heure, aux environs du cambium dans des cellules non encore eloisonnées transversalement, on voit celles-ci s'allonger à nouveau, devenir fusiformes : ce sont des fibres. On peut d'ailleurs rencontrer toutes

WE les formes de passage entre les cellules scléreuses courtes et les libres très allongées. à

D'après Harrie [43,44] et Cnazox [13], les anciens tubes criblés pourraient se transformer en fibres. Scuacur [86] et plus tard Vesque [97] émettent des doutes sur cette possibilité ; cependant ils admettent que les éléments des tubes criblés subissent parfois une selérification, d'où résulte la formation de cellules scléreuses. MoerLer [70] n'admet en aucune façon cette manière de voir, et Lecoure se croit autorisé à aflirmer que les cellules de parenchyme libérien peuvent seules devenir des éléments sclérifiés.

La forme et la grandeur des sclérites et des fibres sont extrèmement variables. Les fibres libériennes et péricycliques de certaines plantes ont une longueur et une résistance qui les font apprécier comme textiles. La répartition des éléments scléreux dans le tissu libérien affecte parfois pour une même espèce une régularité suffisante pour qu'elle constitue un excellent caractère taxinomique.

Chez certaines Conifères(Taxinées, Araucariées, etc.), les fibres libériennes sont disposées en séries tangentielles, et la succession cs des éléments du liber est d’une régularité parfois surprenante.

I n’est pas rare de voir s'ajouter

1e) Net “ ee ; te PRE aux rangées de fibres libériennes, ce je des sclérites volumineux isolés

dans le liber mou.

On désignait autrefois sous le : . nomde fibres libériennes tous les - éléments fibreux de l'écorce in- = pl terne ; Moror [72] a montré que, le plus souvent, les fibres situées

on en amas plus ou moins arqués à Fig.46.— Sequoia gigantea. Portion la partie externe du liber, prove-

de liber: rm, rayon médullaire; pl, naient des assises périphériques

parenchyme libérien; f, fibres; £, Qu cylindre central (péricyele). tubes criblés; cs, cellule scléreuse

FIN ET AS ÉGER combat cette opinion hypertrophiée (d’après MoELLER). Léc b ?

car il a vu fréquemment se développer des tubes criblés dans la région qui, plus tard, sera fibreuse. Une étude du développement du faisceau sera donc toujours nécessaire, pour affirmer l'origine péricyclique ou libérienne des paquets de fibres qui coiffent les faisceaux libéro-ligneux, chez un grand nombre de plantes.

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« $ 3. — Cellules à cristaux (Cellules oxalifères).

L'oxalate de calcium est très répandu dans le parenchyme Hihérien, soit sous la forme de cristaux prismatiques isolés dans des cellules libériennes, soit sous formes de cristaux mâclés ou en oursins où enfin en cristaux aiguillés très fins, réunis en paquets dans des cellules spécialisées {cellules à raphides).

L'accroissement des cellules cesse dès l'apparition des cristaux, ce qui fait que fréquemment, les cellules cristalligènes où oralifères sont plus petites que leurs voisines. Les cellules contenant de gros cristaux isolés possèdent une membrane plus épaissie que la paroi des cellules renfermant des mâcles: les raphides sont généralement situées dans des cellules à contenu mucilagineux. Les cellules des rayons médullaires sont parfois aussi pourvues d'oxalate de calcium.

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Em

Fig. 47,— A : cellules de rayon médullaire cloisonnées, avec des mâcles dans le Cornus mas (M&LLER). B, C, cellules avant subi de nombreux cloisonnements ; chaque pelite cellule secondaire était remplie exactement par un

cristal (VESQUE). D, cristaux déposés dans la paroi (SoLus-LAuBacu).

Les cellules parenchymateuses à cristaux se cloisonnent souvent transversalement : il en résulte des files de cellules plus petites disposées longiludinalement d'une façon caractéristique

(Krystallschläuche). IE peut mème se produire des cloisons longitudinales (fig. 47) comme l'a observé MœLLer ; enfin la complication due aux recloisonnements peut être extrème, chaque petit cristal étant isolé par une cloison dans la même cellure mère (Coprosma lucida).

Dans les plantes dont le liber présente des strates de fibres, il n'est pas rare de voir les éléments cristalligènes, disposés en rangées tangentielles contre ces fibres; souvent aussi l’oxalate de calcium cristallise sur la paroi même des fibres, et s'il se forme de nouveaux dépôts de cellulose à l’intéñieur de celles-ci, les petits cristaux paraissent noyés dans l'épaisseur même de la paroi.

Enfin ces cellules à cristaux peuvent manquer dans le liber secondaire de quelques familles (Malvacées, Berbéridacées, ete.).

$ 4. — Eléments accidentels du tissu criblé.

On rencontre dans le Hber de nombreuses familles, des éléments différenciés, de forme,d'origine et de structure variables,qui sont les réservoirs des produits de secrétion.

Ces appareils secréteurs sont principalement :

1° Des cellules secrétrices isolées qui proviennent de la spécialisation directe d'un élément du parenchyme libérien. Elles peuvent renfermer des huiles essentielles, des gommes, des résines, du tanin. des ferments solubles, ete. :

2° Des poches secretrices où des canaux secréleurs, réservoirs locaux ou conduits allongés chargés de recueillir les produits fournis par les cellules secrétrices qui les entourent;

3° Des laticifères articulés ou non, c’est-à-dire provenant de files de cellules à parois résorbées et anastomosées entre elles ou d'un élément embryonnaire allongé, indéfiniment rameux mais sans anastomoses.

La répartition de ces éléments secréteurs nous entrainerait en dehors du but de ce travail.

Disons simplement, à propos des laticifères, que beaucoup d'auteurs étrangers les considèrent comme des organes chargés de véhiculer les matières albuminoïdes et aussi les hydrates de carbone dans la plante. Comme tels, ils rapprochent physiologtquement ces organes, des tubes criblés.

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