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$S 1. — Tubes criblés.
L'étude des substances que renferme le üssu criblé est d’une importance {très grande pour la connaissance de la fonction physiologique des divers éléments. Ta. HarriG avait déjà remarqué que les tubes criblés sont remplis par une matière épaisse, mucilagineuse, que Næcezr décrivit ensuite plus complètement. Ce dernier constate que cette substance gélatineuse s’accumule plus volontiers d’un seul côté de la cloison criblée.
On doit à pe Bary les premières connaissances exactes sur le contenu des tubes criblés ; le premier, il montra qu'il existe dans tous les tubes actifs une couche de protoplasma pariétal, enveloppant un liquide interne plus où moins riche en matières albuminoïdes.
WiLueLu a plus tard étudié, sur des matériaux frais, la différenciation progressive de ce contenu. Les éléments criblés très jeunes renferment d'abord un protoplasma granuleux avec un noyau ; puis ce protoplasma diminue de façon à ne constituer bientôt qu'un mince revêtement pariétal. Le noyau disparait et des granules amylacés prennent naissance dans la couche protoplasmique.
Dans l’intérieur de la cellule se montrent des gouttelettes jaunàtres, plus nombreuses vers les extrémités où elles constituent des amas de gelée très apparente.
De Jancezewski et Russow n'ajoutent aucun fait saillant à la description de Wicuezu. Le contenu de chaque tube criblé est
toujours considéré comme composé d’un sac protoplasmique interrompu sur les cribles, et entourant un liquide plus ou moins riche en matières albuminoïdes : ces dernières sont surtout accumulées au voisinage des cribles. Tous ces auteurs admettent que le revétement protoplasmique est dépourvu de vitalité propre. C'est surtout à Azrren Fiscuer, puis à Lecoure que l'on doit les connaissances les plus précises sur le développement, la nature et Les transformations des matériaux renfermés dans les tubes criblés.
Ajoutons enfin que tout récemment Racisorskr [78] a signalé dans la partie criblée du liber, la présence d'un fermant oxydant indirect auquel il à donné le nom de /eptomine, et dont le rôle physiologique est encore inconnu.
L'étude du contenu des tubes eriblés nécessite un certain nombre de précautions très importantes, si lon veut éviter les causes d'erreur. LEcOMTE insiste avec beaucoup de soin sur ces précautions (1); il pense qu'il estabsolument nécessaire de recourir pour ce genre de recherches, à des matériaux frais plongés dans l'eau additionnée de 3 à 5 p. 100 de sucre. Les fragments à utiliser doivent être détachés dans cette solution sucrée, puis coupés en humectant constamment le rasoir et les coupes, avec ce même liquide. De plus, l'examen doit toujours être fait dans la même solution.
S1 les matériaux ne sont pas immédiatement utilisés, on les plonge dans l'eau sucrée additionnée, au bout de vingt-quatre heures, d'une faible dose d'alcool ; puis cette proportion d'alcool est augmentée de jour en jour. Si l'opération est bien conduite, la disposition du contenu reste sensiblement la même qu'à l’état frais.
Pour certaines recherches analogues, SrRASBURGER se sert du liquide qui s'écoule de la région criblée.en faisant une section à la plante, Ce liquide lui a rendu de grands services, pour l'étude des coupes longitudinales de Cucurbita.
L'examen des tubes criblés, lorsqu'on s'est entouré de telles précautions, montre de suite, contrairement à l'opinion des premiers auteurs, que l'accumulation de matériaux en certains endroits du tube n'a pas lieu. Cette agglomération des substances albuminoïdes aux extrémités de chaque élément n'existe pas dans les malériaux frais ; elle résulte, ou bien du sectionnement de la
(1) Lecomte [58], loc. cit. p. 272-275.
plante qui provoque une rupture d'équilibre de pression dans les organes, ou bien encore de l’action coagulante trop brusque de l'alcool.
Les matériaux frais, examinés dans de bonnes conditions, montrent constamment une répartition à peu près uniforme des substances coagulables, dans toute la longueur des éléments criblés.
À. Fiscuer conseillait de faire bouillir la plante entière avant d'y pratiquer des sections. Outre que cette opération n'est possible que pour des plantes de petite taille, il faut remarquer que, si l'ébullition empèche les amas de se produire sur les cribles, elle fait apparaître une striation qui part des cribles pour s'irradier dans l’intérieur des tubes ; les matériaux frais ne montrent absolument rien d’analogue, et c'est ce qui explique les striations si fidèlement rendues dans les figures du mémoire de Fiscner [25].
Différenciation du contenu des tubes criblés. — D'après ce qui vient d’être dit, c'est aux recherches de Lecoure qu'il faut s'adresser pour exposer,avec le moins de chances d'erreur, le déveleppement du contenu des éléments criblés. Prenons quelques-uns de ses exemples :
« 1° Vigne (Vitis vinifera). — La cellule cambiale, mère d’un tube criblé, se divise de très bonne heure en deux éléments (tube criblé et cellule compagne) par une cloison longitudinale. Les deux noyaux, issus du noyau primitif, paraissent inégaux ; en effet, celui de la cellule-compagne est plus granuleux et se colore plus fortement par les réactifs que celui du tube criblé.
«À ce moment, le futur tube criblé possède un contenu protoplasmique très granuleux, avec un noyau occupant à peu près le milieu de la longueur du tube. Bientôt, de petites vacuoles apparaissent et grandissent ; en mème temps le noyau paraît se gonfler el, à mesure que ce gonflement s'accentue, on aperçoit à l’intérieur un certain nombre de petites sphères brillantes dont le diamètre augmente en même temps que celui du noyau. Puis le noyau, gonflé outre mesure, se déchire, et parait éclater sous l'effort de ces petites sphères qui, une fois en liberté, se dispersent dans le protoplasme où elles se comportent comme autant de vacuoles (fig. 50, À, B, C, D).
« Ces petites sphères brillantes, quisemblent provenir d'une sorte de bourgeonnement du nucléole, entrainent manifestement avec elles une petite quantité de la substance propre du noyau. Il en