‹ Le Tissu CribléChapitre 22 sur 68 · NE · texte numérisé non relu

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filante, presque homogène, mais que l'alcool contracte et coagule en amas, se colorant fortement par le bleu d’aniline, le vert de méthyle, ete, et appliqués sur les deux faces de chaque crible ou bien sur une seule.

« Comme on peut le voir par l'exposé qui précède, la nature vacuolaire de la masse centrale des tubes est encore plus évidente pour le Cucurbita que pour la Vigne. Je repousse fortement l'opinion de ViLHELu, qui pense que cette masse centrale est constituée par la réunion des gouttelettes pariétales. Elle reçoit, il est vrai, le contenu de celles-ci, mais ne procède pas d'elles.

« 3° Impatiens japonica. — Le liber de la tige contient un grand nombre de tubes criblés, pressés les uns contre les autres el présentant des cellules-compagnes, généralement de même longueur que les tubes. La longueur de ces tubes varie de 100 à 120 & et leur diamètre de 10 à 15 y. La différenciation du contenu des tubes se fait comme chez la Courge, moins la formation des wouttelettes nichées dans le protoplasme pariétal. Cette différence tient probablement à l'absence de ponctuations sur les parois lonvitudinales des tubes. La masse interne se forme comme une vacuole et en présente tous les caractères. De plus, il n'est pas très rare de rencontrer un ou plusieurs noyaux en forme de fuseau. dans le protoplasme pariétal des tubes en pleine période d'activité.

«4° Lappa tomentosa.— I existe, dans la tige, du liber externe et du liber interne (diam. des tubes, 10 z ; longueur, 150 à 200 ») ; il se forme des vacuoles dont une, au moins, à une origine nucléolaire (fig. 53, C). Il ne m'a pas été possible de voir si les autres vacuoles possèdent cette origine. Le nucléole parait se dilater ; le noyau éclate et sa substance ne forme plus qu'une bande irrégulière dans le protoplasme pariétal. Les vacuoles se rejoignent et forment une vacuole unique. Dans beaucoup de tubes, il reste un noyau, distinct pendant longtemps, mais se colorant cependant moins fortement que ceux des éléments voisins. Dans un tube en acüivité, il existe une couche très nette de protoplasme partétal,contenant de nombreux granules amylacés dansle voisinage des cloisons criblées et, à l’intérieur, une grande vacuole occupant toute la longueur du tube.

CD° Ophrys apifera.— La différenciation du contenu est la même

que chez l’/mpatiens ; mais le noyau disparaît complètement ; je

n'ai pas réussi à en retrouver de vestiges dans les tubes en pleine

activité. La grande vacuole est moins riche en substances albuminoïdes el possède, par conséquent, un contenu plus aqueux que chez la pluplart des Dicotylédones étudiées. Cependant, par l’action de l'alcool, il y a encore formation d'amas très nets près des cribles. tandis que, chez lePhragmites communis décrit par pe Jaxczewskr, la vacuole à un contenu presque complètement aqueux. Chez cette dernière plante, on voit nettement que le protoplasma pariétal se continue sur la surface des cribles. »

£n résumé, Leconte arrive à cette conclusion que le contenu des tubes criblés en activité est constitué par une mince couche de protoplasma pariètal enveloppant une grande vacuole. De plus cette couche protoplasmique, contrairement à l'opinion de Waicnezm et pe JANCZEwSKkI, se continue au niveau des parois criblés, de telle sorte qu’elle forme un revêtement périphérique complet dans l’intérieur de chaque élément du tube criblé. Ce fait est facile à constater chez les plantes dont les tubes ont un contenu aqueux{Phragmiles communis).

La nature albuminoïde du contenu des vacuoles est assez facile à caractériser par les réactions colorantes d’une part, et principalement par le procédé de Cu. Darwin (1), employé plus tard par pe Vries (2). La coupe est plongée dans une solution de carbonate d’ammoniaque contenant de 1 p.10 à 1 p.100 d’eau ; si les vacuoles contiennent des matières albuminoïdes, il se forme des Fig. 52, — Tube criblé etcel- oranulations grisàtres qui s'agglomèe-

lules-compagnes dans le pé-

doncule d’une grappe de raisin. On voit le protoplasma pariétal, car le contenu La quantité de substances albumiinterne est contracté contre noïdes dissoute dans les vacuoles est le crible et se montre nette 4.5 variable, de même que la consis-

ent indépendant de cette 7 Fe ; tance du contenu. Chez les Cryptogacouche protoplasmique (d’a- 0

asculaires rer D près LECOMTE). mes vasculaires (pe JANCZzEwSkr, Por RAuLT), de même que chez la plupart

rent peu à peu en masses ; elles sont solubles dans l’eau.

(1) Ch. Darwin. — The Action of Carbonate of Ammoniuc on the Roots of certain Plants. Journ. Linn. Soc. Londres, t. XIX, 1882. ;

(2) H. de Vries.— Ueber die Aggregation im Protoplasma von Drosera rotundifolia. Bot. Zeit., 1886.

des Monocotylédones et beaucoup de Dicotylédones, cette dissolution est presque complètement aqueuse. Au contraire, c'est un mucilage épais chez les diverses espèces de Cucurbita, Tilia. Impatiens, Rhamnus, Humulus, ete. (Lecoure’. Il résulte de cette consistance différente, que l'action de l'alcool donne un amas de gelée plus où moins considérable. Il n'est d'ailleurs pas prouvé que le contenu des tubes criblés soit de composition constante ; il est plutôt vraisemblable que celle-ci varie suivant les époques de l'année et aussi suivant les conditions de nutrition de la plante.

Chez les Conifères, le développement du contenu des tubes criblés est à peu près analogue. Dans l'élément très jeune, le noyau d'abord unique se multiplie, et on peut en rencontrer jusqu’à quatre. Ces noyaux se résorbent progressivement pendant la formation de la plaque criblée ; ils se rétractent d'abord, deviennent d'une réfringence remarquable, puis disparaissent. Parfois le contenu se vide et ils offrent l'apparence de bulles qui ne persistent qu'un temps très court (Larér). I ne reste plus alors qu'une mince couche de protoplasma pariétal, un peu plus épaisse au niveau des ponclualions criblées.

La vacuole centrale renferme un contenu de consistance liquide. qui, par l’action de l'alcool, se contracte en masses floconneuses aux deux extrémités de chaque élément. Ces masses se colorent en rouge vineux par l'iode et sont granuleuses.

Dans la couche protoplasmique, il existe aussi des granulations colorées en jaune [pe BarY). que STRASBURGER considère eomme des leucoplastes, plastides incolores, générateurs de la substance colorée en rouge vineux qui, voisine de l'amidon, est ce qu'on a appelé : amylodextrine, glycogène transitoire, ete.

Les tubes criblés ne sauraient être classés parmi les éléments morts, contrairement à Fopinion de Vax Trecnexm et à celle de VUILLEMIN, ete.

L'absence de noyau ne suffit pas, en effet. pour permettre cette hypothèse ; car on sait que chez quelques Cucurbita, VImpatiens Japonica, l'est assez fréquent de retrouver ce corps dans le protoplasma pariétal (C, D, fig. 53). D'autre part, le mode de disparition du noyau n'implique pas l'absence complète de substance nucléaire dans le protoplasme ; les phénomènes de division nucléaire ayant plutôt pour effet, chez les Conifères, d'augmenter la quantité de cette substance à l'intérieur du tube criblé.

I semble évident, en tous cas, que le protoplasma pariétal est

parfaitement vivant; celte hypothèse se trouve confirmée par l'examen attentif des faits. Tout d'abord ce protoplasma est en € D communication avec celui des cellules-compagnes parles cribles des parois latérales, et lon ne saurait jamais considérer ces cellules comme des éléments morts.

| Si le protoplasma pariétal était inactif, comment pourrait-on expliquer la genèse des granules amylacés qu'il renferme ?

Enfin, les mouvements protoplasmiques ont été signalés par beaucoup d'auteurs dans cette même couche, et l’on doit admettre avec H. pe Vries et LECOMTE, que le protoplasma circule cons- Fig. 53. — C, jeune tube criblé actif FORD RAS é HO a

no nina ui vue devient le véhicule des substances

de noyau; dans la cellule inférieu- nutritives(1).F.Czarex [19} pense 1e, on voit un gros globule dema- aussi que la vitalité du protoplastière albuminoïde. D, fragment de ma est nécessaire pour expliquer re le transport des substances dans LECONTE). î les tubes criblés., mais il ne croit pas à l'explication mécanique de ce transport par les mouvements protoplasmiques.

Globules de matière albuminoïde dans les tubes criblés. — La nature albuminoïde du contenu de la vacuole n’est plus mise en doute. ScimPer (2) pense que ce contenu est toujours un liquide aqueux et ne se transforme en mucilage (Schleim) qu'au contact de l'air. Dans un grand nombre de plantes, on rencontre dans le protoplasma, surtout au voisinage des cribles,des globules de matière albuminoïde, très réfringents et faciles à distinguer. Chez les Dicotylédones, ils sont plus rares, quelquefois très volumineux (Tilleul, Ronce), parfois, au contraire, de dimension très réduite (Vigne).

(1) Lecomte, [5S]p. 286.

(2) Schimper. — Zur Frage der Assimilation der Mineralsalze durch die grüne Pflanze. Flora, 1860, p. 261.

Ils se retrouvent habituellement en grand nombre chez les Monocodylédones (Graminées. Orchidées, etc.); mais ils sont surtout très abondants (fig. 26) chez tous les Cryptogames vasculaires

(DE JaAxczEwWSKkI, PorRAULT).

Acide cyanhydrique dans le tissu crible. — Récemment Treus [92] a signalé, dans les tubes criblés et les cellules-compagnes du Pangium edule, la présence d'acide cyanhydrique facile à caractériser par la réaction du bleu de Prusse. Cet intéressant travail éclaire d’un jour tout nouveau le rôle physiologique du liber, car la localisation si tranchée de cette substance est devenue le point de départ d'un certain nombre d'expériences, sur lesquelles nous ne tarderons pas à revenir. Outre la localisation de cette substance azotée dans le tissu criblé, Trevs a montré qu'il existait en outre dans les parenchymes médullaire et cortical, des cellules spéciales qui en étaient remplies. Presque toutes les cellules du mésophylle de la feuille contiennent aussi de l'acide cyanhydrique, que l’auteur considère comme le point de départ de la synthèse des matières albuminoïdes dans les végétaux.

Corpuscules amylacés dans les tubes criblés. — C'est Brrost qui, le premier, a signalé la présence de l'amidon dans les tubes criblés. Sur 146 espèces étudiées, 129 ont montré des granules arrondis se colorant en rouge-brun par liode ; il n’en est pas de même chez les Monocotylédones, dont les tubes criblés paraissent toujours dépourvus de cette substance.

On a vu qu'il faut considérer cette dernière comme un état transitoire de l’ami- D PAL A don famylodextrine) (1) et qu’elle se rap-

Ricinus communis.Les Proche de la substance nommée g/ycogène

granules amylacés sont (ransitoire par ErrErA (2).

plus gros que les ponc- Pendant l'hiver, les tubes criblés des or-

AAA (da ganes aériens sont privés d'amidon, tandis

que la quantité de cette matière augmente en notable proportion dans les organes souterrains.

(1) Belzung. — Remarques rétrospectives sur les corps bleuissants et leur classificalion. Journ. de Bot., 1892.

(2) Errera, — Les réserves hydrocarbonées des Champignons. C. R. , 1885.

Minaxne (65) a trouvé cette substance amylacée en grande abondance dans les tubes criblés des Cuscutes (fig. 55). Lecoure pense que la présence ou l'absence d’amidon dans les tubes criblés dépend de la structure anatomique du liber. Chez les divers Tilia où les tubes eriblés, au moins dans la tige, sont étroitement em-

prisonnés entre les fibres, les granules amylacés sont rares.

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