FEVER
Fig. 55.— Portion de tube criblé de Cuscuta japonica. Te, tubes criblés ; Cc, cellules-compagnes ; PI, parenchyme libérien ; Am, substance amylacée rougissant par l’iode (d’après MIRANDE) .
Il en est de même,chez presque toutes les Dicotylédones où les tubes criblés ne confinent pas à un parenchyme pourvu d'amidon,ou bien chez lesquelles on trouve des groupes de tubes rapprochés parallélement, sans interposition de parenchyme /Aréstolochia Sipho). Certaines Dicotylédones aquatiques (Menyanthes trifoliata) renferment de l'ami don dans leurs tubes criblés, tandis qu'il n’en existe pas dans les parenchymes. Ceci peut s'expliquer par le fait que le parenchyme étant très lacuneux, les cellules ne se touchent que par une faible surface et ne peuvent guère servir au transport des substances assimilées.
Les granules amylacés des tubes criblés sont. toujours inclus dans la couche de protoplasma pariétal et jamais dans la vacuole centrale. Le plus souvent, on les rencontre réunis en grand nombre (fig.56,37) aux extrémités des éléments du tube, près des cribles.
Ces fins corpuscules, en rai-
e RO AA ardég par é 1S 119 5° son de leur petitesse, ont été regardés par Brosi et Kraus [12,53] comme devant franchir les ponetuations des eribles. Cette opinion
que
est erronée, car presque toujours ils sont de dimension supérieure à l'ouverture des pores criblés,et jamais on n’a pu observer depuis Briosi de grains d'amidon engagés dans les pores.
De plus, l'amidon existe dans les tubes criblés qui ne présentent pas de ponctuations, et il n'est pas du tout nécessaire de croire au transport direct de ces granules, pour admettre la migration des hydrates de carbone par les tubes eriblés.
Présence d'un ferment oxydant indirect (lepltomine) dans les tubes criblés. — Racisorskr [78], en étudiant le ferment hydrolisant de la canne à sucre, vient de signaler tout récemment dans le liber des végétaux la présence d’une substance oxydante particulière. Si on détruit l'oxydase dans les morceaux de canne à sucre, soit par l’action de l'alcool ou celle de la chaleur à 60°, la coloration bleue par la teinture de gaïac qui caractérise ces substances.ne se produit naturellement plus: mais si l’on ajoute un peu d'eau oxygénée, la réaction se manifeste de nouveau avec une localisation toute différente. Tandis que. précédemment, la coloration intéressait les cellules des parenchymes, dans ces conditions nouvelles, elle affecte principalement la région libérienne. Un examen un peu plus attentif montre que la réaction atteint son maximum d'intensité dans les tubes criblés et les cellules-compagnes.
Bien que la coloration bleue ne soit pas limitée exclusivement au tissu criblé, Racisorski l'a toujours vue se produire plus franchement dans cette région, et chez toutes les plantes vasculaires étudiées.
Une réaction caractéristique de cette matière appelée leptomine (leptomin) par l'auteur, e’est la coloration bleu foneé que prend'une coupe traitée par le naphtol 4 et l'eau oxygénée. Comme pour les hématies, on obtient une belle couleur bleue par la tein- Lure de gaïac en présence de l'essence de térébenthine: cette analogie avec l'hémoglobine n'implique pas toutefois l'idée d'une parenté chimique.
Grüss à signalé aussi une diastase, que l’on retrouve dans les graines et dont la quantité augmente au moment de la germination. BourquELor avait obtenu antérieurement des résultats ana-
Bourquelot.— Sur les ferments oxydants, ete.— Congrès de Moscou, in Journ. de Pharmacie et Chimie, 1897.
logues sur des graines de Maïs, et il rangeait cette substance parmi les ferments oxydants indirects appelés plus tard peroæydases par Lixossier.
Après la mort des organes, la leptomine disparait. Elle se rencontre aussi dans les laticifères, chez les Asclépiadées et les Apocynées : elle présente dans ces éléments secréteurs, comme dans les tubes criblés,une réaction d'une égale intensité. Dans le Carica Papaya, a coloration est plus marquée dans les laticifères, et chez quelques Æuphorbria. eux seuls se colorent ; la partie criblée est dans ce cas dépourvue de leptomine.
La localisation de ce ferment est encore plus curieuse dans les racines des Orchidées : le liber, les cellules de passage non épaissies (Durchlasszellen) et les cellules qui relient ces dernières au liber, sont seules colorées.
De ses recherches, Racisorskr conclut :
1° Il existe probablement dans toutes les plantes vasculaires, un corps oxydant (leptomine).
2° La leptomine est principalement localisée dans les éléments criblés et les laticifères dont la fonction est de véhiculer les matérlaux nécessaires à l'édification des tissus des végétaux. Elle peut aussi se rencontrer dans quelques cellules des parenchymes.
3° La leptomine en solution se détruit à la température de 90°; elle est soluble dans l'eau, la glycérine, insoluble dans l'alcool. On peut l’isoler à l'état de poudre blanche amorphe, détruite par les acides acétique et picrique, non attaquée par les alcalis dilués, tels que l'ammoniaque et l’eau de chaux.
4° Une solution de résine de gaïac additionnée d'eau oxygénée est colorée en bleu par la présence de leptomine comme par celle d'hémoglobine ou d’hémocyanine.
5° Dans la vie des plantes vasculaires, la leptomine parait jouer un rôle analogue à celui de ces deux dernières substances, chez les animaux. C’est un véhicule chargé de porter l'oxygène destiné à la respiration interne. Son rôle est de procéder aux échanges d'oxygène entre les tissus environnants et les éléments qui le renferment.
Un mode de préparation de ce corps consiste à précipiter le suc des végétaux par l’acétate de plomb ou le nitrate de mercure. Le précipité contient, outre la leptomine, des bases organiques, des amides, ete. On enlève le métal par l'hydrogène sulfuré, on chasse
l'exeës de ce dernier, puis on neutralise par le carbonate de sodium. On évapore et après plusieurs redissolutions, on obtient la leptomine sous la forme de poudre blanche amorphe.
A l’aide de la réaction du gaïac en présence de l'eau oxygénée, Racisonski dit avoir caractérisé des tubes criblés dans la région périphérique de la moelle d'un très grand nombre de végétaux des tropiques, dans lesquels ces éléments n'avaient jamais été signalés. Quant à la signification physiologique de ce corps, elle reste inconnue, et l'auteur pense qu'on ne peut encore émettre sur ce sujet que des hypothèses.
En résumé, la leptomine appartient à ce groupe de corps oxydants qui diffèrent des oxydases proprement dites et des autres matières oxydantes, en ce qu'ils possèdent la propriété de décomposer leau oxygénée et d’autres peroxydes.
BourqueLorT, qui à le premier différencié ces oxydases, les appelle ferments oxydants indirets (1); il y a, en effet, une oxydation indirecte, puisque c’est après la décomposition préalable des peroxydes,qu'une partie de l'oxygène mise en liberté devient active et oxyde les corps voisins.
Le travail de Racisorskt présente un très grand intérêt, car il montre que ce ferment est localisé de préférence dans les tubes criblés et les cellules-compagnes, et que le jour où cette oxydase sera mieux connue, nos Connaissances sur le rôle physiologique du liber se seront accrues de faits nouveaux de la plus haute importance.
$ 2. — Cellules-compagnes.
Le contenu des cellules-compagnes n'a jamais fait l'objet d'aucune discussion. Tous les auteurs s'accordent pour conclure à sa
(1) À propos du travail de RaciBorski, BOURQUELOT (Journal de Phar. et de Chimie, 15 avril 1899) fait remarquer que la présence de ferments oxydants directs dans les végétaux avait été signalée d’abord par SCHÔNBEIN, puis par BEr- TRAND et BOURQUELOT.Une observation nouvelle de ce genre est due à LÉPINOIS, en ce qui concerne l’Aconit et la Belladone (J. de Phie et de Chie, février 1899).
Les réactions caractéristiques des oxydases indirectes avaient été exécutées de même sur certaines graines par BOURQUELOT, et en 1895, Grüss a mentionné que l'on pouvait obtenir dans le liber une coloration bleue par l’action de la teinture de gaïac et de l'eau oxygénée. Pour éviter l'emploi d'expressions impropres ou inexactes (peroæydase, Leplomin, ete.,), BOURQUELOT propose de désigner tous les ferments de ce groupe, sous le nom générique d'anaéroxydases indiquant simplement que leur action oxydante ne se fait pas avec l'intervention de l'oxygène de l'air (Note ajoutée pendant l'impression),
nature albuminoïde. Ces éléments sont foujours dépourvus de matières amylacées mème quand les tubes criblés contigus en renferment. Le protoplasma est abondant, granuleux, très riche en
matières albuminoïdes, el con- B ent des vacuoles autour desquelles il circule activement.
Ce contenu est bien plus résistant à l'hypochlorite de sodium que celui des cellules de parenchyme Jibérien. Malgré le faible volume de ces éléments, leur noyau présente généralement un développement exagéré. Ce fait est surtout caractéristique chez les Monocotylédones ; le noyau s’allonge parfois considérablement et prend la forme d'un cylindre(z,tig.56,B)quioccupe plus de la moitié de la lon-
Fig. 56. — À, très longue cloison criblée
chez Rubus, avec un seul crible. B, tubes criblé de rhizonme de Convallaria maialis ; cc, cellules-compagnes ;
gueur de la cellule.
À. Fiscner pense que cette hypertrophie du noyau a pour
g, globules de matière albuminoïde ; n, noyau très allongé des celiules-compagnes; p, cellule de parenchyme libérien (d’après LECOMTE).
but de permettre à ces cellules d'élaborer les substances albuminoïdes qui passent ensuile dans les tubes criblés.
Malheureusement, ceci n’est qu'une pure hypothèse et dans l’état actuel de nos connaissances, nous ne pouvons que constater le fait sans trouver une explication physiologique réelle,
$ 8. — Cellules albuminifères.
Ce sont les cellules à contenu albuminoïde différenciées au milieu du parenchyme libérien des Coniferes, et que nous avons décrites longuement dans un chapitre précédent. Ces cellules sont parfois disposées au bord des rayons médullaires:; elles sont, d'après SrrassurGER, au point de vue physiologique, homologues des cellules-compagnes, et d'ailleurs leur contenu rappelle celui de ces derniers éléments. Le protoplasma est abondant, rempli de matières albuminoïdes, et le noyau est toujours sensiblement plus
gros que le noyau des cellules ordinaires du parenchyme Hbérien:; on n'y rencontre jamais non plus de substances amylacées.