SA
qui s'élargissent en éventail vers l'extérieur (Tilia.ele.),et viennent se confondre avec le parenchyme cortical. Ce sont là des exemples classiques, trop connus pour que nous ayons à insister 1e1.
La fig. 64 représente un faisceau dit ouvert de Dicotylédone : dans le cas de l'Aristolochia, le péricycle est très épais, et les éléments criblés primaires non écrasés se retrouvent encore avec la plus grande facilité.
Chez les Conifères, la structure ne diffère pas sensiblement ; on sait que les tubes criblés ne possèdent pas de cellules-compagnes (fig. 10, À, B), et que les éléments du liber affectent souvent dans leur disposition une succession d'une régularité extraordinaire (fig. 46). Dans toutes les Gymnospermes, il existe un cambium fasciculaire qui donne naissance de très bonne heure à des formations secondaires libéroligneuses. Les Abiétinées et les Cupressinés ne présentent généralement pas de fibres libériennes : les rangées de tubes criblés se succèdent régulièrement et sont séparées par un certain nombre d'assises parenchymateuses., d'ordinaire deux, quelquefois davantage.
Chez les Taxinées, Taxodinées et Araucariées, il y a toujours des fibres libériennes en séries tangentielles et Ta succession des éléments est la suivante : une rangée de tubes criblés se trouve située entre deux rangées de cellules libériennes contiguës, et deux rangées de fibres plus externes (fig. 46). L'assise fibreuse peut parfois manquer, mais les tubes criblés sont toujours, au moins, compris entre deux assises parenchymateuses .
Les Cryptogames vasculaires nous offrent une disposition toute spéciale des faisceaux libéroligneux. Chez les Fougères, ces derniers sont entourés chacun par une gaine particulière, homologuée fréquemment à l'endoderme des Dicotylédones, mais que Lécer [97] appelle assise péricambiale. Elle se distingue en effet de l’endoderme en ce qu'elle est issue du méristème fasciceulaire et non du parenchyme conjonctif. Les faisceaux sont répartis sans ordre dans le parenchyme fondamental, et peuvent être considérés comme de véritables cylindres centraux ou stèles. Vax Trecnen donne à cette disposition particulière, le nom de structure polystélique.
Chacun de ces faisceaux de forme plus où moins ovale, se compose d'un bois central, flanqué latéralement de deux lames libériennes. Les petits tubes eriblés différenciés les premiers dans le méristéème sont écrasés, et situés contre l'assise péricambiale
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B. lig. 11; À, fig. 12 où ils forment une couche, interrompue seulement d'ordinaire aux deux extrémités du grand diamètre du faisceau ; la partie libérienne active est constituée par de larges tubes criblés souvent contigus, et par des cellules de parenchyme amylifère .
Le liber n'entoure pas toujours complètement la partie ligneuse centrale et la dénomination de faisceau concentrique, fréquemment employée pour désigner les faisceaux des Fougères, est alors inexacte, Dans le Pteris aquilina, par exemple (fig. 65), les deux lames du tissu criblé sont assez largement interrompues aux deux extrémités de la lame vasculaire ; un pareil faisceau mériterait plutôt l'appellation de faisceau bicollatéral. Telle est la structure typique des tissus libériens et ligneux chez les Fougères.
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Fig. 65. — Faisceau de la fronde de Pteris aquilina: pe, parenchyme conjonctif; p, péricycle; f{cp, tubes criblés primitifs (cribralprimanen); t, tubes criblés actifs ; v, vaisseaux (d'après STRASBURGER).
Dans les autres familles de Cryptogames vasculaires, la structure fasciculaire varie avec chaque genre. Chez les Æguisetum (fig. 65), les faisceaux sont assez réduits, surtout en ce qui concerne la partie vasculaire. Les trachées primaires se résorbent et sont suppléées par une lacune plus où moins développée; l'amas libérien est relativement volumineux et flanqué latéralement de deux amas ligneux d'importance variable suivant les espèces.
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Les faisceaux des Lycopodes montrent des bandes ligneuses séparées par des lames de tissu criblé; ïls sont réunis dans un
Fig. 66. — Tige d'Equisetum arvense : l, lacune carénale; b, bois ; end., endoderme.
même cylindre central, comme ceux des Æquisetum. La structure est de même monostélique chez les /soetes, mais le tissu criblé est très réduit et les tubes criblés imparfaits. Les Sélaginelles présentent un cylindre axile généralement sans moelle et composé de deux faisceaux ligneux diamétralement opposés et entourés d'une lame de tissu criblé.
$S 8. — Pétiole. — Feuille.
Le système fasciculaire du pétiole et des nervures de la feuille appelle celui de la tige. Les faisceaux sont séparés ou bien réunis généralement en arc, plus rarement en un anneau, mais la symétrie bilatérale de l'organe s'y accuse presque toujours avec la plus grande netteté,
GHAPILRPELE
Formations cribro-vasculaires en dehors de la zone libéroligneuse normale.
On rencontre fréquemment, en particulier dans l'écorce et la moelle de beaucoup de Phanérogames, des faisceaux libéroligneux isolés dont l’origine et la signification physiologique peuvent être entièrement différentes. Les uns proviennent en effet du cylindre central et sont destinés aux feuilles (traces foliaires) ; les autres, différenciés directement aux dépens du tissu qui les renferme, constituent de véritables formations conductrices surnuméraires.
$ 4. — Traces foliaires.
Dans l'écorce. — Quand les faisceaux foliaires, au lieu de traverser horizontalement l'écorce pour se rendre à la feuille, cheminent dans cette région durant l’espace d’un ou plusieurs entrenœuds, on conçoit aisément que sur une coupe transversale, ces faisceaux apparaissent isolés dans le parenchyme cortical.
Le plus souvent, ils possèdent une structure en tous points comparable à celle des faisceaux de la tige et il nous suffit d'en signaler l'existence. Mais ils peuvent, dans certains cas, présenter des modifications intéressantes.
Tantôt ils ont une orientation inverse de celle des faisceaux normaux, leur liber se trouvant vers l’intérieur ; d'autre fois, ces cordons foliaires apparaissent sous la forme de jüisceaux concentriques à bois central (amphivasale Bündel) : l'amas ligneux est complètement entouré d’une lame libérienne.
Plus rarement ces faisceaux présentent un liber central (ampli
cribrale Bündel) (1. Ces cordons vasculaires à structure spéciale, ont été étudiés surtout par Môsius [150] ; leur présence est particulièrement fréquente chez les Monocotylédones.
Dans la moelle.— Les faisceaux foliaires que l’on rencontre dans la moelle ont une origine et un parcours analogues à ceux de l'écorce.lls sont fréquents chez les Phytolacca,Amaranthus, beaucoup de Pipéracées,les Nymphéacées et aussi chez les Monocotylédones (Commelinacées, Dioscoréacées, etc.)
Les faisceaux concentriques médullaires ne sont pas rares, et ils possèdent le plus souvent le liber central, ce qui, d'après Weiss, pour les faisceaux de la moelle, serait la règle générale.
$ 2. — Faisceaux libéroligneux surnuméraires.
Outre les traces foliaires, on rencontre fréquemment, dans les diverses régions de la tige, des faisceaux n'ayant aucune relation avec les feuilles. Ces formations surnuméraires viennent s'ajouter au tissu conducteur normal et le but de leur développement nous est à peu près totalement inconnu.
Dans l'écorce.— Héraiz [46] signale la présence de faisceaux isolés qui s'anastomosent aux nœuds, dans l'écorce primaire des Buxacées. D’autres fois, des cambiums locaux prennent naissance dans l'écorce et fournissent des arcs plus ou moins développés de faisceaux libéroligneux (Ménispermacées, Schizandrées., Lardizabalacées, quelques Légumineuses et Aristolochiacées).
Dans le péricycle.— Les formations surnuméraires du péricycle ont été principalement étudiées par Moror [72] et HéRaiz [46] puis récemment par SCcHENCK dans certaines lianes. Chez les Chénopodiacées, Nyctaginées, Phytolaccacées. Aizoacées, Dilléniacées, etc., on voit apparaitre, dans la région péricyclique dédoublée, une série de petits cambiums donnant naissance à des cercles concentriques de nouveaux faisceaux, lesquels apparaissent successivement de dedans en dehors (fig. 67).
Chez les Calycanthées, on rencontre dans l'écorce des faisceaux isolés, mais dont l'origine est nettement péricyclique.
(1) Strasburger, Leitungsbalinen, p. 335.
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Les Cryplogames vasculaires nous présentent aussi des formalions analogues, en particulier, chez quelques /soetes.
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conducteurs ayant successivement pris naissance dans le péricyele p. B, coupe montrant le développement d'un faisceau périeyelique: psc, péricycle scléreux ; fp, faisceau péricyelique surnuméraire; !, liber du faisceau de l’anneau vasculaire plus interne (d’après SCHENCK).
Dans la moelle. — Le développement de faisceaux libéroligneux non destinés à la feuille est relativement fréquent dans la tige,et c'est ce que, par exemple,Courcner [116] a très bien étudié chez les Ombellifères.
Cette particularité anatomique se relie directement à notre sujet, en ce qu'elle se rencontre surtout chez les plantes appartenant aux familles présentant du tissu criblé surnuméraire dans la moelle. C’est ainsi que dans beaucoup d'espèces de Gentianacées, Mélastomacées, Composées Liguliflores, Campanulacées, ete., Fon voit la moelle de la tige renfermer à la fois de petits fascicules criblés et d’autres fascicules eribro-vasculaires souvent volumineux. Les
Gentianacées nous offrent l'exemple le plus simple de ces formations surnuméraires, comme nous l'avons récemment montré (1). Dans la moelle de ces plantes, soit à la périphérie, soit dans toute son étendue, 6h trouve de petits fascicules criblés isolés ; mais certains Gentiana (G. lutea, purpurea, preumonanthe, ete.) montrent çà et là, au milieu du tissu criblé des îlots, quelques trachées annelées ou spiralées, différenciées directement pendant la multiplication cellulaire qui a donné naissance à l'ilot tout entier.
Fig. 68. — Partie de moelle de Gentiana lutea montrant des fascicules criblés fem, et cribro-vasculaires fev (fig.originale).
Ces amas cribro-vasculaires de la moelle des Gentianacées sont de véritables faisceaux primaires, contemporains comme développement, du cercle libéroligneux primaire normal.
La moelle de certaines Mélastomacées présente d’après Weiss (215],des fascicules cribro-vasculaires analogues. Héraiz [45] a cru voir s'établir un petit cambium à l'intérieur de ces îlots, et ce serait le fonctionnement de ce cambium qui donnerait naissance aux Vaisseaux.
Chez les Polygonacées, le Rumex crispus et quelques autres espèces présentent des faisceaux libéroligneux périmédullaires d'une origine toute spéciale. Quand la tige est jeune, le cylindre central comprend un certain nombre de faisceaux conducteurs séparés. Certains de ces faisceaux acquièrent un développement