HISTORIQUE
On sait aujourd'hui que les organes principaux de la circulation chez les végétaux supérieurs sont: les vaisseaux ligneux et les tubes criblés. Ces deux sortes d'éléments caractérisent le téssu vasculaire qui constitue la partie essentielle du bois et le tissu criblé qui forme celle du Zber.
La dénomination de liber est de beaucoup plus ancienne que la connaissance des tubes criblés, car elle remonte au xvnt siècle. Déjà du temps de Marrieur (1) et de Grew (2), on appelait plus spécialement liber, les éléments fibreux disposés en strates plus où moins régulières dans la partie interne de l'écorce.
Du Hauez (3), en 1751, rappelle que Marpreuri « prétend que les couches ligneuses sont produites par les couches intérieures de l’écorce, qu'on nomme {iber, et qui s’endurcissent en bois. » GREw pense que les couches ligneuses nouvelles sont une production spéciale de l'écorce et diffèrent complètement du liber. Du Iauez (3), tout en déduisant de ses expériences physiologiques des conclusions analogues à ce dernier auteur, hésite à rejeter complètement les idées de MarriGur; il admet que « le
(1) Marcellus Malpighius. — Anatomes Plantarum Idea, 1611 et Anatome Plantarum, 1675 (De Cortice); in Opera omnia, publié à Londres, 1687.
(2) Nehemiah Grew. — The Anatomy of Plants hegun a general Account of Vegetation founded thereupon, 1671, publié à Londres, 1682.
(3) Du Hamel. — Sur lu formation des couches ligneuses dans les arbres. Histoire de l’Académie royale des Sciences, publié en 1755.
Tree
liber est formé de lames minces situées les unes sur les autres. » Ayant enlevé l'écorce d'un Cerisier.il vit apparaître à la superficie du bois des mamelons gélatineux, qui formèrent une nouvelle écorce, sous laquelle des couches ligneuses prirent naissance : c’est cette zone gélatineuse génératrice qu'il appela cambium.
Pendant tout le xvie siècle, l'anatomie végétale ne fit guère de progrès, et il faut arriver jusqu'à pe Mrr8ez (1), en 1801, pour voir préciser le rôle attribué au liber : « Dessous le parenchyme, dit-il, est le liber qui produit insensiblement les couches corticales et l’aubier : les premières augmentent l'épaisseur de l'écorce; le second multiplie les cônes ligneux. »
Le liber n’est pas un organe parfait, continue cet éminent botaniste, car il est susceptible de modifications. On l'observe dans la racine, la tige, les branches et « il se développe au fur et à mesure que l'arbre croit. I doit son développement à la substance organisatrice (cambium de pu HamEL), qui suinte à la superticie du corps ligneux, pour se transformer peu à peu en tissu organisé. » Pour pe Mirser (2), «les couches du liber sont composées de deux éléments organiques très différents : le tissu tubulaire qui forme des réseaux concentriques et le tissu cellulaire qui remplit leurs mailles et les enchaîne les uns aux autres. » Le liber, éerit-il encore, est doué d’une force vitale qui s'exerce dans tous les sens, et c'est en lui que réside la faculté productrice des végétaux. Il répare les blessures de l'écorce et c'est par lui que s'opère l'union de la greffe et du sujet; tout l’art consiste dans ce cas, à mettre en contact les deux libers. Les boutures ne prennent que par le liber qui produit de nouvelles racines.
À cette époque, pe Mise admettait la transformation du liber en bois (3) : les couches extérieures étant repoussées vers la périphérie et les couches internes vers l'extérieur. La discussion s’engage entre le savant français et les trois savants allemands Benxanpur (4), Trevinaxus (5), Runoupui (6), concurrents du prix
(1) G.-F. Brisseau-Mirbel, — Histoire naturelle générale et particulière des plantes, t. I, p. 163, an X (1801).
(2) I. — Exposition de la théorie de l'organisation végétale, p. 251, Paris,
(3) ,— Sur l'origine et le développement du liber. Bull.Soe. Philomat, 1816. (4) Bernardhi. — Beobachtungen über Pflanzengefässe, Erfurt, 1805.
@) Treviranus. — Von enwendigen Bau der Gewæchse, Güttingen, 1806.
(6) Rudolphi, — Anatomie der Pflanzen, Berlin, 1807.