Ilo/s libériens inlerligneux
'Py-pe Stryclmos. — La tige de tous les Strychnos possède de gros amas de tissu criblé médullaire {//;/, lig. 88), et des rangées
conoontriques de fascicules libériens plus ou moins développés à l’intérieur de l’aniieau ligneux. Le bois de ces piaules est exlrôrnemeiit lignifié et fibreux ; le péricycle se sclérifie de très bonne heure, et la zone libérienne normale est toujours peu épaisse.
Le bois ne montre d’îlols libériens qu’à partir de la seconde année chez le Stn/chnos niix vomica ; il peut apparaître plus tôt ou plus tard suivant les espèces.
Fig. 88.— Coupe transversale schématique d’une tige de Slrychnos nu.c vomica-, — pc, parencliyme cortical;?), sc, péricycle sclérilié; L, liber; c, cambium. 71, bois ; U, Ilot libérien intraligneux ; Im, amas libérien périraédullaire. (fig. originale).
Le corps ligneux forme extérieurement des cannelures peu profondes, dans lesquelles pénètre le cambium qui se présente sur une coupe transversale avec des sinuosités plus ou moins accentuées. I.e liber est généralement parenchymateux ; il contient parfois des fibres dans les tiges âgées, et les tubes criblés, comme c’est le cas chez beaucoup do Gamopétales, sont réunis par petits paquets visiblement distincts.
La formation de l’ilot libérien inclus débute généralement en face de l’un de ces paquets criblés. Pour cela, le cambium cesse de donner naissance à du bois, sur une certaine étendue. L’accroissement ligneux continue sur les côtés ; et pour suivre cet accrois-
somoiil dans les endroits d'arrèl de l'orniation ligneuse, il se fait une production exagérée de liber dans la direction noz’male.
Fig. 89. — Coupe transversale montrant le début delà formation d’un îlot libérien interligneux. — p. sc, péricycle scléreux; L, liber; al, amas libérien; c, cambium normal; B., bois;c. cambium unilatéral.— Grossissement 250 diamètres (flg. originale).
L’anfractuosité libérienne s’agrandit ainsi pendant un certain temps, par le fonctionnement unilatéral centripète de l’arc cambial qui en tapisse le fond; celui-ci, quoique séparé du cambiumnormal, continue à donner de nouveaux éléments libériens vers l’extérieur.
L’occlusion do cette anfractuosité se fait de la façon suivante :
A un moment donné,on voit apparaître quelques cloi.sonnements dans le parenebyme libérien qui relie les deux bords du cambium normal interrompu. Ces cloisonnements se manifestent sur les bords de l’anfractuosité (Priirot [159] ) ou bien en n’importe quel endroit de cette zone parenchymateuse (Scott et Biiehxer [187], Sa U VAN [179] ).
(.^uoi (pi’il en soit, les cloisonnements gagnent de proche en proche les cellules voisines, et constituent un véritable arc cambial complémentaire qui donne du bois avec la même activité que le
rocüiisliluor la coiilinuité de l’assise génératrice libéroligiioiise.
Scott et BiiKiixiîn donnent à l’arc cambial secondaire, dont le fonctionnement efl'ectuc l’inclusion du massif libérien, le nom de canihium complémentaire.
1,0 phénomène ne se termine pas là ; en effet, le cambium intérieur de l’ilot ne perd pas immédiatement son activité. Des éléments nouveaux se produisent encore pendant un certain temps et nous avons môme pu voir quelques cloisonnements se former
Fig. !K). — Coupe d'un ilôt libérien iniraligneux, au moment de la reprise du fonctionnement normal du cambium. — L, liber; e, cambium normal; il, îlot libérien ; r. «, cambium iinilatéial,
dans les cellidesqui entourent l’ilot latéralement; ce fait nous avait fait croire à une véritable continuité du cambium normal pendant toute la formation de l’îlot. Un fait vient cependant à l’appui do cette hypothèse combattue par Sauvan, c’est la disposition caractéristique dos éléments qui composent h; massif inclus. Par suite de l’activité de l’assise génératrice interne, il y a écrasement constant des cellules vers la région centrale. Si l’arc cambial ne fonctionnait que radialernent, comme le pensent Scott et Sauvan, l’écrasement se ferait sentir surtout dans les parties situées contre les éléments ligneux de fermeture; or, il n’en est rien. Les parties écrasées de l’îlot sont toujours un peu excentriques vers l’extérieur, mais voisines du centre. Le détail histologique n’a d’ailleurs aucune
impoi’Lanro pour la sig-nifioalion morpliologique et physiologique (lu lasci^jule crible* inclus.
lléiiAU, pensait que le cambium supplcimientaire était pcricyclique, mais si le l'ait pemt se produire, il est en tous cas exceptionnel ; l’assise gc'mératrice qui produitrocclusion de l’ilot prend naissance dans le liber lui-même.
Dans la racine, on trouve les mêmes formations, et leur origine est absolument analogue ; do plus, dans les grosses racines pourvues de moelle, il existe des amas libériens périmédullaires.
Chez les Mémécylées, Vax 'riEcinîM a décrit un mode de développement des ilôts libériens interligneux, qui concorde en tous ])oints avec ce que nous venons de décrire chez les Strychnos. Une assise génératrice complémentaire produit une sorte de pont ligneux qui obture l’anfractuosité remplie de tissu libérien.
Fig. Ul. — Développement d’un îlot liber intorligneux chez les Mémécylées (Van ïiEGiiEM).
Les faits sont les mêmes cbez les Guicra (Combrétacéos) d’après
(blOI)AT.