V. —- CONCLUSIONS
Le tissu conjonctif lâche, qui occupetoute la masse du pédoncule de Pollicipes, est soutenu, comme Gruvel l'avait très bien montré, par une charpente de fibres élastiques dont nous avons précisé la structure et la composition. Si l’on compare un tel tissu à certains tissus conjonctifs lâches soutenus par des fibres élastiques (le derme des Vertébrés supérieurs, par exemple) on constate une analogie
1. En d’autres termes l’accroissement du système des fibres élastiques chitineuses pourrait être comparé à l’accroissement du pédoncule chez certains Infusoires coloniaux tels que les Æpistylis. L'on sait que, dans ce cas, la substance chitineuse formant la partie solide du pédoncule est sécrétée d’une manière continue à la base de la cellule, au niveau d’un appareil ciliaire modifié (E. Fauré-Fremiet, 1905), et que, à chaque division de cette cellule correspond une ramification dichotomique du pédoncule.
structurale et une équivalence fonctionnelle des formations élastiques dans l’un et l’autre cas; cependant, comme nous venons de le montrer, le système élastique de Pollicipes est totalement différent du système élastique conjonctif des Vertébrés. Il en diffère essentiellement par sa composition chimique puisqu'il est constitué par une substance chitineuse, tandis que l’élastine du tissu conjonctif des Vertébrés est une scléro-protéine voisine du collagène. Il en diffère également par son origine qui, d’après nos observations, serait épithéliale, tandis que les fibres élastiques des Vertébrés quelle que soit l'incertitude qui existe sur leur mode de formation, appartiennent au système conjonctif proprement dit. On sait d’autre part qu’on ne connaît pas de véritable tissu élastique chez les Invertébrés; Kôlliker, en 1868 et 1889, fait remarquer la rareté des fibres élastiques chez les Invertébrés et met en doute le caractère élastique de formations décrites comme telles chez certains Mollusques bi-valves. Cet auteur ne pense pas non plus que la substance élastique décrite par Krükenberg chez les Pennatules soit de nature comparable aux fibres élastiques véritables. D'autre part, Mall, en 1891, signale que le tissu élastique n’existe que chez les Vertébrés à squelette osseux et n'existe pas chez les Invertébrés.