I. — HISTORIQUE
Kæhler, dans une étude détaillée parue en 1888-1889, a donné une description de la structure du pédoncule des Cirrhipèdes. Cet auteur a spécialement étudié, chez différentes espèces appartenant aux genres : Lepas, Pollicipes, Scalpellum, la gaine musculaire du pédoncule; celle-ci est formée de trois couches distinctes : l’une oblique, la seconde transversale et la troisième longitudinale; cette dernière est particulièrement importante chez Pollicipes. En plus de ces éléments, Kœæhler signale un autre ensemble de fibres musculaires lisses dont la structure et la disposition lui apparaissent comme un caractère très remarquable chez les Cirrhipèdes pédonculés. « Ces fibres, dit l’auteur, fournissent de nombreuses ramifications qui se divisent à l'infini donnant ainsi naissance à d'innombrables petits rameaux qui se distribuent dans l’épaisseur du tissu conjonctif pour venir se terminer sur la face profonde des cellules épithéliales du pédoncule ou du manteau sur laquelle elles s’insèrent. Ces ramifications, ajoute-t-il, qui naissent des fibres musculaires du pédoncule ou du manteau, pénètrent dans le tissu conjonctif sous-épidermique en se divisant un grand nombre de fois, et les dernières branches, en arrivant à une certaine distance de la face profonde des cellules épithéliales, se divisent brusquement en une quantité de fibrilles, en un pinceau de fines ramifications qui s’insèrent sur la paroi des cellules. Dans le manteau, ces terminaisons en bouquet de fibrilles se retrouvent sous l’épithélium qui en tapisse la face interne, aussi bien que la face externe. Ce mode de terminaison des éléments musculaires se rencontre aussi dans le corps proprement dit des Cirrhipèdes. »
Koehler rapproche ces ramifications musculaires en pinceau des formations décrites par Podwyssozky dans les muscles des lèvres chez les Mammifères.
Gruvel, dans son travail de 1893 sur les Cirrhipèdes, interprète de la même manière ce système de fibres : «De la couche hypodermique externe partent des faisceaux de fibres musculaires s’insérant sur la cuticule entre les cellules et convergeant vers l’intérieur, de façon à se réunir en un faisceau musculaire qui, avant d'atteindre
DU PÉDONCULE DE POZLICIPES CORNUCOPIÆ LEACII. 5
l'épithélium interne, se transforme en un nouveau faisceau de fibres divergentes allant s’insérer sur la cuticule interne ».
Mais au cours de nouvelles recherches (1905), Gruvel arrive à une interprétation différente et considère ces fibres non plus comme des éléments musculaires mais comme des fibres élastiques arborescentes dont l’ensemble forme un système de soutien destiné à maintenir à la même distance l’épithélium externe et l’épithélium palléal.
Marcel Prenant (1924), au cours d’une étude spéciale sur les parties calcifiées des téguments de Pollicipes cornucopiæ, cite et figure ces fibres qu’il dénomme, suivant Koehler, fibres musculaires, sans discuter cette interprétation; mais, Marcel Prenant apporte un fait nouveau en décrivant, dans les cellules de l’épithélium externe, des faisceaux de tono-fibrilles qui paraissent être en continuité avec chacune des fibrilles terminales.