‹ Le tissu élastique du pédoncule de Pollicipes cornucopiæ LeachChapitre 5 sur 11 · II. — STRUCTURE DU PÉDONCULE · texte numérisé non relu

II. — STRUCTURE DU PÉDONCULE

Nous avons examiné la structure du pédoncule de Pollicipes cornucopiæ chez des individus à différents états du développement et chez lesquels le diamètre du pied variait de 1 mm. 5 jusqu’à 12 millimètres. Selon le niveau où l’on sectionne le pédoncule on observe une structure différente; si la coupe passe à la base du capitulum, là ou le manteau s’invagine dans le pied, la structure élastique s'étend, comme le figure Gruvel, de l’épithélium externe à l’épithélium interne du manteau. Si l’on sectionne le pied dans une région plus profonde, cette structure élastique occupe toute son épaisseur. L'’épithélium externe est recouvert directement d’une cuticule chitineuse épaisse, compliquée par les écailles calcaires, alors que l’épithélium palléal est recouvert seulement d’une mince couche de chitine. À l’intérieur des tissus du pédoncule se trouvent les ovaires, les glandes cémentaires, la tige pédonculaire, des nerfs, des vaisseaux.

Au-dessous de l’épiderme externe sont disposées trois couches concentriques de fibres musculaires lisses (Gruvel); leur disposition a été décrite en détail par Kœhler et nous la résumerons rapidement : sur les coupes transversales la couche des muscles longitudinaux

apparaît comme formée par la réunion de champs ou d’ilots musculaires allongés et étroits, chacun de ces îlots correspond à un véritable faisceau musculaire auquel le tissu conjonctif général du pédoncule constitue une sorte d’enveloppe (fig. 1, m). Les fibres musculaires offrent une disposition très régulière dans la partie supérieure du pédoncule où les muscles longitudinaux forment une couche bien définie, tandis que vers l’extrémité inférieure les faisceaux se dissocient et s’éparpillent au milieu du tissu conjonctif. Les faisceaux musculaires des couches transversales et obliques (fig. 1, m, et m,) sont moins gros, moins régulièrement disposés, mais leur structure est la même que dans la couche longitudinale.

Les fibres élastiques cheminent entre les masses musculaires et s’épanouissent en faisceaux vers chaque épithélium. Ces fibres n'ont pas la structure de fibres musculaires, elles sont lisses, homogènes, et ne présentent jamais d’enveloppe protoplasmique ni de noyaux. Elles paraissent, à l’état frais comme après fixation, fortement réfringentes et sont bi-réfringentes lorsqu'on les examine en lumière polarisée.

La structure du réseau des fibres élastiques est dominée par un fait très caractéristique : c’est que chacune des dernières ramifications de ces fibres vient se terminer au contact d’un élément cellulaire appartenant soit à l’épithélium externe, soit à l'épithélium palléal. On verra plus loin quelle est la signification possible de cette disposition; celle-ci nous conduit à distinguer dans la structure du réseau élastique trois zones différentes. La première est celle des fibrilles terminales en contact direct avec les éléments épithéliaux (fig. 1 et fig. 4), la deuxième est celle dans laquelle les fibrilles se réunissent en fibres de plus en plus épaisses (fig. 1, /); celles-ci ne présentent jamais l'apparence d'éléments composés de structure fibrillaire; elles sont parfaitement homogènes et fortement réfringentes, leur diamètre peut atteindre 18 u. Dans la troisième région, ces fibres sont réunies les unes aux autres en un réseau plexiforme qui s'étend entre la couche des fibres musculaires oblique et la couche annulaire des fibres musculaires transversales que le plexus élastique peut d’ailleurs pénétrer ou entourer (Fig. 1, plex. m.).

Dans la région supérieure du pédoncule, aux niveaux où la cavité

POLLICIPES CORNUCOPIÆ LEACHN.

DE

ÉDONCULE

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