LA VOIX
Quels soleils vont sortir des ombres qui les voilent ? L'homme admirera-t-il de nouvelles clartés? Verra- t-il, dans la nuit, graviter des étoiles Qui descendent vers lui, des cieux illimités?
— J'entends s'entre-choquer des rumeurs souterraines, Des éclats d'allégresse et de brûlants sanglots... J'entends se lamenter les Muses, les Sirènes... Des courants sulfureux circulent sur les flots.
Je sens obscurément des forces qui s'enlacent. Des nuages d'éclairs alourdissent les cieux, Éteignent les éclats des astres, quand ils passent! Un vent d'horreur étreint l'univers soucieux...
Les voix n'ont plus d'échos sur les rives sonores, Et mon cri de terreur n'est pas répercuté. Il s'élève en cherchant les chemins de l'aurore Où le vent a poussé tes cendres, ô clarté !
PAN
0 Dieux de l'âge d'or, que l'ombre se déchire ! Tout va s'anéantir dans le chaos ! La mer Éperdue et farouche, en grondant, se retire Et laisse, devant elle, un rivage désert.
VOIX sortant des brouillards.
Enhardis par l'horreur, suivons l'ombre des ombres, Épuisons la chaleur, au centre du soleil! La terre meurt d'effroi ! Les cieux sont déjà sombres: Déroulons le drap noir d'un éternel sommeil...
Des gémissements s'élèvent, entrecoupés par les lugubres clameurs des Bacchantes. Des éclairs sillonnent les nues.