‹ Le tomahahk et l'épée [microforme]Chapitre 18 sur 23 · PEN · texte numérisé non relu

PEN

181 — —Debout! chargeons ! crie-t-il.

Et donnant le signal avec l'exemple, ilse lève.

Sainte-Hélène, Bienville et d'Orsy l'ont imité.

M. de Longueuil charge l'ennemi à la tète de sa petite troupe.

Bienville bondit au premier rang.

—À plat ventre tout le monde! crie M. de Longueuil d’une voix tonnante.

Il à vu les Anglais coucher en joue les siens.

Un ouragan de flamme et de plomb passe au-dessus des Canadiens Sen: aucun n'est touché, grâce au sang-froid du commandant.

A peine le nuage de fumée que vient de faire cette décharge s'est-il dissipé, que les trois frères ieMoyne se sont relevés en criant :

—En avant !

Il était beau de voir ces deux cents braves chargeant douze cents ennemis !

M. de Longueuil, qui court à la tête de son bataillon, n’est plus qu’à dix pas, lorsqu'une mousquetade le vient frapper au côté gauche où il porte la main en chancelant.

Un hurlement de rage parcourt les rangs de ses soldats. Mais quelle n’est pas la joie de tous quand ils voient leur capitaine se relever sain et sauf et leur dire :

—Ce n'est rien, mes enfants! sus à l'An.

glais !

La corne à poudre de M. de Longueuil à reçu et amorti le coup, et fait dévier la balle.

—Damné Anglais! s'écrie Bras-de-Fer.

Et trois énormes enjambées le mettent en face de celui qui a tiré sur M. de Lon.

gueuil. L'Anglais lui porte un furieux coup de crosse. Bras-de-Fer dont le mousquet est aussi déchargé, s’en sert pour parer le coup, et, prenant son arme par le canon, il fait décrire un terrible moulinet à la crosse qui ,s’abat violemment sur la poitrine du soldat. Celui-ci pousse un râle qui lui sort de la gorge avec des flots de sang.

Il tombe.

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—Et de deux ! fait Bras-de-Fer en assommant un autre Anglais qui se trouve à portée de son arme.

En ce moment les ennemis cèdent sous la vigoureuse charge des Canadiens et se replient sur leur arrière-garde, suivis par nos intrépides volontaires qui les chassent devant eux la baïonnette dans les reins.

Les Canadiens mènent ainsi l'ennemi battant jusqu'à un petit bois situé à demiportée de mousquet du bouquet d'arbres où nos volontaires s'étaient placés d'abord en embuscade.

Là,les ennemis font volte-face,et, appuyés par quelques pièces de canons, ils ouvrent un feu terrible sur nos miliciens. * Ces derniers, considérant le désavantage du nombre et de la situation, se voient obligés de retraiter vers leur premier retranche-

* Lorsque j'entrai au Séminaire-de-Québec, en 1857, l'on voyait encore à la ferme de Maizerets où les élèves vont passer leurs jours de congé durant la belle saison, un vieil arbre sous l'écorce duquel on apercevait un des boulets tirés par les Anglais, lors de ce combat du 20 octobre 1690. Ce vieux témoin du temps jadis a depuis mordu la poussière ets'est couché à côté de ceux qu'il avait vus tomber autrefois à ses pieds.

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ment, ce qu'ils font cependant avec ordre, la face tournée vers l'ennemi et combattant toujours.

Durant quelque temps encore on escarmoucha de part et d'autre, tant qu'’enfin les premières ombres de la nuit firent cesser le feu des deux côtés. Alors les Anglais renonçant à toute velléité d'assaut, battirent en retraite vers leur camp; tandis que nos volontaires revenaient vers la ville où M.

de Frontenac se tenait en personne à la tète de ses troupes, résolu de traverser la rivière si les Canadiens avaient été trop pressés par l'ennemi. Mais, au dire de Charlevoix, ces derniers ne lui donnèrent pas lieu de faire autre chose que d’être spectateur du combat.

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