‹ Le tombeau d'OsirisChapitre 1 sur 41 · Le tombeau d'Osiris · texte numérisé non relu

Le tombeau d'Osiris

L’opuscule que je pul)lie aujourd’hui doit, répondre, si j’en crois les lettres <pii m’ont été adressées par plusieurs savants et si j’ai bien retenu les conversations (pie j’ai eues avec plusieurs autres personnes, au g-rand désir qui m’a été manifesté d’avoir au plus tôt une relation détaillée, scientilique autant (pi’il me sera [lossible de la faire, de la découverte, désormais célèbre, qui a mar([ué les fouilles que j’ai conduites dans la nécropole d’Abydos pendant l’hiver 1897-1898. Cette pulilication que j’ai entreprise dans un laps de temps fort court appelle certaines réflexions ([ue je me dois de faire passer sous les yeux du lecteur et sur lesquelles je dois au lecteur lui-meme d’appeler son attention, tout en lui donnant certaines explications.

Tout d’abord je dois avouer ([ue je ne conçois pas la grande hâte apportée à certaines publications des années dernières : je crois qu’il aurait beaucoup mieux valu, dans l’intérêt de ^ces puldications elles-mêmes, attendre une année de plus et jirésenter au lecteur une oeuvre jilus puissamment conçue, plus étudiée, j)lus raisonnée et plus sérieuse dans les détails,

To/nbeau (KjairU. 1

LE TOMliEAU D'OSIRIS

({ui se serait ainsi présentée aux lecteurs sous un aspect plus scientifique, qui se serait imposée avec plus d'autorité à l’examen du lecteur et qui aurait de la sorte emporté son assentiment tout au moins sur les problèmes les plus importants. Au contraire, la hâte fébrile mise dans la publication de certaines découvertes, de certains détails résultant de ces découvertes, afin d’arriver bon premier dans la course scientifique, a égaré les auteurs de ces publications dans un certain nombre d’erreurs, de fausses déterminations, d’oublis inconcevables, sans parler des manquements aux règles codifiées et décrétées de la justice la plus élémentaire, qu’il serait très facile de dénoncer au grand public, de réfuter et de retourner contre leurs auteurs responsables. En écrivant ces paroles, je n’ai personne en vue, je n’attaque que le système. 11 est évident, en effet, qu’avant d’apprécier en toute siireté scientifique la valeur d’un point particulier d’une découverte, il faut placer cette découverte dans le cadre général des travaux dont elle n’est qu’une toute petite partie : si l’on n’a pas cette prudence, l’on s’expose à de graves mécomptes. Au fond la science n’est pas une course au clocher, un steeplechase comme disent les Anglais, où l’on ne doive avoir qu’un seul but, arriver le premier, au risque de se rompre le cou : non, la science n’est pas une course, c’est seulement un concours de toutes les bonnes volontés, de tous les talents, de toutes les énergies pour arriver à l’établissement de la vérité scientifique. Or, pour édifier le temple de la science, il faut des matériaux soigneusement choisis et travaillés qu’on emploiera et fpii resteront; il ne suffit pas d’arriver en présentant une (CLivre hâtive, mal équilibrée, qu’on [)ourra placer tout d’abord

Page 1