CONCLUSIONS
La (lécoiivcrte du lomheaii d’Osiris dans la nécropole d’Om el-(îa’al) est un lait capital dans l’iiistoire de Farcliéologie égyptienne ; depuis longtemps il ne s’élaitpas produit un événement aussi im|)ortant, car ce tomheau a un rôle prépondérant dans toutes les cérémonies des runéi-ailles en Egypte. Dans les conditions où elle a été edecluée, avec tous les détails ([u’cllea permis de vérilier, c’est une dé('ouverle qui doit exercer une action décisive sur l’orientation de la science et de la i)hilosopliie, car elle est venue prouver ([ue ce (pie l’on considéi’ait comme de jnires légendes avait un fond de vérité et que ceux (pi’on regardait comme de vaines ombres avaient réellement existé. Il n’est pas un seul esprit tant soit peu philosoi)lii(pie, ou simplement scientili([ue, qui ne verra de suite combien cette découverte est grosse de conséqiien(;es graves. Aussi n’est il pas étonnant (jue l’esprit de (-eux ipii, dans l’ignorance oii ils étaient de ce qu’ils ne pouvaient encore savoir, avaient pris une position trop accentuée dans la disinission liistoricpie des premières dynaslies égyptiennes, ne se cabre avant d'admettre la réalité de la découverte ipie je viens de porter à la connaissance de tout le monde savant. Je ne saurais exiger (pie du pi-emier coup l’exposé de mes décou verti^s emporte l’assentiment unanime : je suis seulement en droit de (bunaïubn* à mes lecteurs d'examiner avec soin, prudence et sans parli-|)ris, les raisons ([ue j'a! données et (pie je crois militer en faveur (b; l’identi (ication (pie je propose et soutiens. Ils peuvent cire certains <pie je n’ai dit ([ik‘ la vérité eliju’ilsont en main tous les éléments nécessaires à la solution du problème (jiii leurcist posé. Je suis bien certain aussi (pie d’eiix-mèmes ils reconnaitronl mon entière bonne foi.
ll; tümüeau D'osinis
Je sais à quels reproches je m’expose en disant ma croyance en la réalité historique du personnage d’Osiris. L’on ne m’a jamais fait encore le reproche de crédulité, et j^’afllrme que, si je crois en la réalité histotorique d’Osiris, ce n’est point par crédulité, mais seulement d’après des faits qui m’ont paru devoir exiger ma foi tout entière. On m’a déjà accusé d’évhémérisme et j’avoue que je ne comprends pas ce reproche. L’évhémérisme fut salué jadis comme une théorie philosophique expliquant bien des faits qu’on ne pouvait pas expliquer autrement; il eut une durée très grande pour un système philosophique, une vogue immense qu’il n’a perdue que dans notre siècle. On a préféré, à notre époque, admettre des conceptions philosophiques réflexes qui me semblent n’avoir pu naître dans les premiers temps de l’histoire humaine : ce système commence d’ôtre abandonné, on a assez des vaches célestes, des nuages nourriciers, des mythes solaire, lunaire, stellaire et de toute l’armée de raisonnements qu’on a construits sur des bases aussi fragiles : les meilleurs esjjrits restent sceptiques en face des systèmes écroulés. Le fait est (ju’on a trop abusé de l’un et de l'auti'e, et je suis bien certain pour ma part de n’être pas évhémériste. Evhémère avait, ou l’on avait pour lui trop étendu son idée qui était bonne, et l’on expliquait la genèse de tous les dieux par une vie antérieure ayant laissé des souvenirs dans la mémoire des hommes : je ne saurais être de cette école, pas plus que je ne suis de l’école des phénomènes sidéraux ou atmosphériques. J’ai réfléchi souvent et longuement à la genèse des religions et, pour bien dire, ma vie tout entière a été occupée par l’étude de ce difficile problème ; je suis |)ersuadé que les divers éléments qui ont contribué, pour une part ])lus ou moins grande, à la formation des ]-eligions naturelles, sont au nombre de cinq ou six. Ce n’est pas le lieu de développer ici les raisons de ma persuasion ; je me contenterai d’espérer ([ue la décou verte de la réalité histori(|ue d’Osiris pèsera d’un grand poids dans la balance philosophitpie et je me tiendrai très heureux d’avoir été l’instrument (dioisi pour la produire en pleine lumière scienli li(pie.
\ji\ 'l'i'Oinhlaye, '» jiiillol 18‘*8.
LMI’. CA.MIS Kf IbMVIS. — SECTION OfllKNTALE A. lUIIthIN, ANGELS.