‹ Le tombeau de ChamplainChapitre 7 sur 12 · GO · texte numérisé non relu

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et Domagaya que Cartier avait amenés de Gaspé en France à son premier voyage, et qu'il ramena l'année suivante à Stadaconé, comprenaient la langue des habitants de cette bourgade.

Il est bien vrai, que les Algonquins avaient liabité ou habitèrent un peu plus tard l'île de Montréal. Le récit que fit en 1642 à M. de Maisonneuve un sauvage algonquin, qui assistait à la fête de l'Assomption de la Sainte-Vierge, célébrée pour la première fois à Ville- Marie, nous fait croire que les Algonquins d'abord prossesseurs de l' île, en avaient été chassés parles Hurons,qui eux-mêmes n'habitaient pas Hochelaga en 1642.

Avec les traditions obscures des anciens habitants du Canada, il est difficile, dit Ferland, de reconstruire l'histoire des rernps qui ont précédé l'arrivée de Champlain.

Il est donc probable que Donnacona appartenait à la nation huronne, qui avait des ramifications nombreuses dans tout le pays, surtout à Hochelaga et à Gaspé.

CARTIER AVAIT-IL DES aumÔUlCrS, LORS DE SON SECOND VOYAGE AT CANADA ?

Deux religieux faisaient partie de

l'escadre de Jacques-Cartier, lors de son

2e voyage au Canada ; leurs noms étaient

Dom Antoine et Dom Guillaume le

Breton. (Yoir la liste de l'équipage).

J'ignore les raisons qui ont fait dire à

l'auteur d'une note, que nous lisons au

bas de la page 33 de l'édition canadienne

des voyages de C artier, les mots suivants :

" Il est certain qu'aucun ecclésiastique

" n'a accompagné Quartier soit dans le

" premier voyage, soit dans les autres

li qu'il fit subséquemment en Canada. "

L'opinion qui prévaut pourtant est, que

Cartier à son second voyage, s'était

fait accompagner d'ecclésiastiques qui

célébrèrent la sainte messe à Québec et

ailleurs.

Ferland le dit expressément, et donne même le nom de ces aumôniers.

Dans Laverdière, il est dit, que le 1). Dolbeau célébrait à Québec, le 26 juin 1615, la première messe qui y ait été dite depuis l'époque de Cartier.

L'abbé Faillon arrive à la même conclusion, et fait une longue et savant* dissertation à ce sujet. C'étaient probablement deux Bénédictins, si on en juge par le titre de Dom qui précède lew:< noms. Ce point importe peu du reste à la question principale.

YI origines ni; mot Canada.

Quelques-uns prétendent que les Espagnols furent envoyés par François I pour découvrir des terres nouvelles ; parvenus à la Baie des Chaleurs, ils se mirent à la recherche de mines précieuses, et ne trouvant rien, ils manifestèrent leurs déceptions par ces mots : acanada, rien ioi. Les Sauvages ayant saisi ces paroles, en avaient appelé le pays du nom de Canada.

D'autres affirment que Canada est une corruption des mots Capo de nada, cap de rien, cap stérile, dénomination c|ue les Espagnols auraient donnée à cette •erre qu'ils croyaient stérile.

Dans une pièce inédite de la bibliothèque de l'Université-Laval, nous avons trouvé l'origine suivante du mot Canada.

Ce mot viendrait des premiers voyageurs qui descendirent en ce pays. Quelqu'un leur ayant demandé ce qu' ils cherchaient, ils répondirent qu'ils étaient des hommes cher citant une terre, segnada Canada.

Canada signifierait alors terre.

Ces étymologies diverses tirées de la langue espagnole, ne sont pas rationnelles à notre sens. Supposant môme, que des Espagnols auraient foulé les premiers le sol de Terre-Neuve, de la Nouvelle- Ecosse et môme du Nouveau-Brunswick.

et que les Indiens de ces contrées auraient appris d'eux le mot Canada, ou ne peut guère s'expliquer comment ils eussent pu appliquer ensuite cette appellation à un pays qui commençait à l'Ile aux Coudres et se prolongeait jusqu'à Hochelaga, à l'arrivée de Cartier en 1535. La langue sauvage, du reste, était assez riche pour y puiser le mot Canada, et on ne peut pas croire un instant que ce mot ne dérive pas de l'indien.

La véritable étymologie vient du mot Iroquois Kannata, qui signifie amas de

cabanes, de huttes ou un village. Dans le vocabulaire de la langue de Hochelaga, joint au journal de Cartier, il donne Canada ou Kannata comme le mot employé pour ville ou village. Il a la même signification dans la langue moliawk.

Belleforest et Thôvet traduisent Canada comme un mot indien qui signifie terre.

ORIGINES DU MOT QlU'beC.

On trouve Kebek dans le P. Bressany, et Kebec très-souvent dans les Relation* et ailleurs. J. Cartier ne donna à ce lieu d'autre nom que Stadacone et Stadacona, village des Sauvages. Jean Alphonse l'appelle toujours Canada, et Jean de Laët Stadaca et Stadacone. Sagard dans son vocabulaire de la langue huronne dit, qu'en cette langue le nom de Québec était Alon-ta-ré-guée, tandis que les Hurons modernes l'appellent Tia-ton-ta-riti, c'est-à-dire " lieu où la ;' Kivière se rétrécit." Charlevoix prétend que les Algonquins disaient autrefois Qucbeio et les Abenaquis Quélibec, c'està-dire, " ce qui est fermé. " Champlain dit que le nom de Québec était donné par les Sauvages à l'endroit le plus resserré de la rivière.

Suivant Mgr Laflèche, ancien missionnaire à la Rivière-Rouge, Québec, dans la langue Crise, vient de Kepak, temps indéfini du verbe Kipao, et signifie c'est bouché. Québec, en micmac Kébéqué, suivant M. J. M. Bellenger, ancien missionnaire à qui la langue des Micmacs était très-familière, veut dire '; retrécisse- " ment des eaux forme par deux langues " ou pointes de terre qui se croisent. Dans " les premiers temps que j'étais dans les " missions, je descendais de Ristigouche •' à Carleton ; les deux sauvages qui me •• menaient en canot, répétant souvent le " mot Kébek, je leur demandai s'ils se " préparaient à aller bientôt à Québec. •Ils me répondirent : Non, regarde les '■ deux pointes et Veau qui est resserrée en " dedans ; on appelle cela Kébek en notre 11 langue."

En algonquin, le mot Québec prononcé Ouabec, signifie " là où la rivière est fermée." C'est l'opinion de M. Vassal, né d'une mère abénaquise et qui parle plusieurs des langues Indigènes au

milieu desquels il a passé la plus grande partie de sa vie, que Ouabec signifie " détroit." Dans l'idiome micmac, assure M. Malo, qui fut missionnaire de 1828 à 1843 chez les tribus du golfe St. Laurent. Kibek à la même signification.

L'origine du mot Québec est évidemment indienne, et pour mieux préciser, algonquine. Champlain et Lescarbot le disent expressément. MM. Malo et Vasseur n'entretiennent aucun doute sur cette opinion. " Le nem de Québec ne Tient point du cri de surprise d'un matelot normand : Quel becl c'est-à-dire, Quel cap ! et la dissertations de Hawkins, pour prouver que les De la Pôle, Comtes de Suffolk, portaient au XVe Siècle le titre de Seigneurs de Québec, est sans fondement, car les De la Pôle étaient seigneurs, non de Québec, mais d.^ Bréquebèc, en Normandie."' (Ferland.)

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