‹ Le tombeau de ChamplainChapitre 9 sur 12 · LIEUTENANTS-GOUVERNEURS DE GASPÉ · texte numérisé non relu

LIEUTENANTS-GOUVERNEURS DE GASPÉ

Nous sommes dans l'ignorance à peu près complète sur les motifs qui engagèrent la rnère-patrie à nommer des officiers d'un grade aussi élevé que celui de lieutenant-gouverneur, quand rien ne semblait exiger de tels besoins. Plusieurs s'accordent à croire que N. Cox fut le premier Lieutenant-G-ouverneur de Graspé. C'est bien à tort, croyons-nous, car avant lui, il dut y en avoir plusieurs autres, entr'autres un nommé Elliot ; mais aucun d'eux ne résida à Graspé. Ce n'était qu'une sinécure à laquelle se rattachait d'assez forts émoluments ; récompense accordée au mérite, devons-nous charitablement supposer.

Mais, en 1Ï74, quand les loyaux de la Nouvelle- Angleterre semblaient vouloir s'établir au Canada plutôt que de secouer

I" joug, alors Y Angleterre, ne pouvant que leur tendre une main secourable, comme c'était son devoir, leur offrit

hospitalité dans les vastes comtés de ( xaspé et de Bonaventure. Un lieutenant gouverneur fut nommé, et ce fut Nicolas Cox. Ses états de service nombreux, la bravoure qu'il avait déployée lors du siège de Québec en 1759. lui avaient valu cet honneur insigne qui lui rapportait mille beaux louis d'or et d'autres choses encore. Ce ne fut qu'en 1780, qu'il se rendit à Percé pour prendre possession de son gouvernement. 11 avait une maison à New-Carlislé, ei il s'occupa beaucoup de faire progresser

■ette partie du Canada qui commençait à prendre de l'importance. En 1784, on lui accorda une pension que ses infirmités l'avaient forcé à demander. La Gazette de Québec du 10 janvier 1704, annonçait ainsi sa mort arrivée le S du même mois : :- Vendredi, le 8 janvier, est décédé à 11 l'âge de 70 ans, Nicolas Cox. écuyer, •; Lieutenant-GrouverneuT de G-aspé et

■• Surintendant des pêcheries du Labra- •• dor. 3Dès ses premières années, il •' embrassa la profession des armes, et il " y servit fidèlement son roi et son pays i; pendant plus de cinquante-deux ans.

" Il prit part aux sièges de Louisbourir " et de Québec, et commandait un*1 '• compagnie du 17e régiment à l'immor- ;! telle bataille des plaines d'Abraham. •; le 13 septembre 1759. Dans la belle •; défense de Québec, au printemps de " 1776, Lord Dorchester l'adjoignit à son " état-major ; et bien que ce temps soit " déjà loin de nous, il y a encore vivants " trop de ses frères-d'armes qui peuvent ■• rendre à son zèle, à sa fermeté, à sa •• ponctualité ù remplir scrupuleusement ;i son devoir, un témoignage aussi ample " qu'honorable, pour qu'il soit besoin i: de s'étendre sur ce point."

Francis LeMaistre remplaça Cox. Il ne demeura que peu d'années à Percé, sa résidence ordinaire. Il mourut à Québec en 1805, et le Mercury du 16 février, donne un résumé des cérémonies

qui accompagnèrent ses funérailles. 11

mourut en sa demeure, rue Sainte- Famille, le 13 lévrier 130.5. Il était un des Adjudants-Généraux de la Milice ' Provinciale et Colonel d'un bataillon die milice de Québec." L'on ne connaît que fort peu de ehose de ce lieutenantgouverneur : et nous n'avons de pièces officielles émanées de lui qu'une ordonnance aux habitants de la Rivière à l'Anguille, datée de Percé, le 11 août 1784, et à la même date, une autorisation à Jacques Ganglion d'agir comme chef des sauvages domiciliés à Ristiffouehe.

A F. LeMaistre succéda Alexander Forbes. Celui-ci ne se rendit probablement jamais à (.Jaspé, au moins avec l'intention d'y résider. En 1821, la ( 'hambre d'Assemblée siégeant à Québec, voulut mettre une fin à ce qu'elle considérait comme un abus. Ce fonctionnaire " ne résidant pas dans la province. " c'était faire payer £300 inutilement.

Mais le Gouvernement lit la sourde oreille, maintint Forbes en place et lui

continua ses émoluments. En 1825, on constate que la Chambre d'Assemblée refusa de voter l'item suivant des subsides : Lieutenant-Gouverneur de Gaspé -£300. Le résultat ne fut pas plus satisfaisant qu'en 1821, et cette sinécure continua d'exister. En 1833, A. Forbes était encore Lieutenant-Gouverneur de Gaspé, mais il est fort probable qu'on lui avait refusé son salaire dès l'année 1831, quand Lord Aylmer, dans son message aux Chambres, disait : " On •• propose d'abolir la charge de Lieute- '• nant-Gouverneur de Gaspé comme •• n'important plus au service public ; '; mais il est à espérer qu'en l'abolissant, " le Gouvernement verra l'Assemblée " payer les justes réclamations pour " arrérages des deux années précédentes, " et comme indemnité pour la perte que le - titulaire éprouvera par cette abolition.*' lïAlmanach de Québec de 1833 mentionne encore A. Forbes comme Lieutenant-Gouverneur de Gaspé. Etait-ce par erreur, ou parce que celui-ci aurait

préféré conserver le titre honorifique et sacrifier les £'000 ? nos études ne nous permettent pas de nous prononcer sur ce point obscur, qui mériterait d'être mieux connu.

r KANÇAIS RESTÉS A QUÉBEC, EN 1629, APRÈS LE DEPART DE CHAMPLAIN, LORS CETTE VILLE PAR LES KIRTK.

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