‹ Le Tombeau de Charles BaudelaireChapitre 36 sur 44 · LAISSÉS CHEZ UN AMI ABSENT · texte numérisé non relu

LAISSÉS CHEZ UN AMI ABSENT

Combien dureront nos amours ?

Dit la pucelle au clair de lune, V amoureux répond : O ma brune, Toujours ! Toujours !

Quand tout sommeille aux alentours, Hortense se tortillant d'aise, Dit qu'elle veut que je lui plaise Toujours ! Toujours !

Car le plus chaste des amours Et le souvenir de mes peines :

Bouteilles, que nêies-vous pleines, Toujours ! Toujours !

(1) Le prince A. Ouroussof, de Moscou, nous a communiqué les six pièces précédentes qui manquent à l'édition définitive des œuvres complètes de Baudelaire. Nous n'avons eu qu'à compléter la pièce 3 en y ajoutant les quatre derniers vers.

on cher, je suis venu chez vous iPour entendre une langue humaine.

Comme un qui parmi les Papous Chercherait son ancienne Athène.

(!) Chanson insérée dans le Closerie des Lilas de Alex. Privat-d'Anglemont, Taris, in-32, 1848. V. Note : Lundis d'un chercheur, p. 48S.

(2) Ce sonnet cité par Job Lazare dans une étude sur Glatigny a paru dans la Petite Revue du 24 juin 1865. C'est la parodie du fameux sonnet de A. Vacquerie à Paul Garnier paru dans Demi-Teintes.

La Silhouette du 1" juin 1815 a aussi reproduit ce son net, intercalé dans la lettre suivante : t Vous n'êtes pas i Monsieur, sans ignorer que le théâtre de l'Odéon est en

< pleine démolition. Un antiquaire de nos amis qui a la c manie de chercher proie jusque dans les endroits les

i plus secrets et les moins praticables est parvenu à ar- •

< racher cette curieuse pièce à la fureur des maçons acharc nés sur le monument cadavre.

« p. S. — Nous espérons que vous voudrez bien, Mont sieur, dans l'intérêt du jeune auteur des Demi-Teintes « en particulier et de la littérature académique en général, . donner connaissance de ce fragment aux nombreux c abonnés de votre spirituelle feuille.

Antonin Pingouin. ■

Reproduit ensuite dans le Nouveau Parnasse satirique du XIX" Siècle. Bleutheropolis (Bruxelles) 1866, in-18.

(3) Poésie recueillie par ta Petite Revue du 29 avril 1S65, p 158, indiquée dans la Bibliographie de Charles BawJelaire, de A de La Fizeliere et Georges Decaux, sous la n- 107, et îeproduite dans le Charles Bawlelaire de Pincebourde, appendice, p. 189.

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Puisque chez les Topinamboux Dieu me fait faire quarantaine, Aux sots je préfère les fous Dont je suis, chose, hélas ! certaine.

poi'R s'excuser de ne pas accompagner un ami

Puisque vous ailes vers la ville Qui, bien qu'un fort mur l'encastrât, Défraya la verve servile Du fameux poète castrat;

et de Crebillon fils. Ils sont détachés d'une scène d'amour entre Phaon et la célèbre Lesbienne :

Oui, Phaon, je vous aime ; et lorsque je vous vois,

Je perds le sentiment et la force et la voix. ■

Je souffre tout le jour le mal de votre absence,

Mal qui n'égale pas l'heur de votre présence ;

Si bien que vous trouvant, quand vous venez le soir,

La cause de ma joie et de mon désespoir,

Mon âme les compense, et sous les lauriers roses

Etouffe l'ellébore et les soucis moroses. . .

« Maintenant Phaon, le timide pastour, s'épouvante de cette passion qu'il est pourtant tout prêt à partager :

Puisque vous allez en vacances Goûter un plaisir recherché, Usez toutes vos éloquences, Mon bien cher Coco-Malperché, (2)

(Comme je le ferais moi-même) A dire là-bas combien j'aime Ce tant folâtre monsieur Pops,

Qui n'est pas un grand prix de Rome, Mais dont le talent est haut comme La pyramide de Chèops !

Cette belle a, parmi les genêts près d'éclore. Respiré les ardeurs de notre tiède aurore. En chatouillant l'orgueil d'un berger tel que moi, Son amour n'est pas sans me donner de l'effroi...

« A part la césure peut-être trop romantique de ce dernier alexandrin, on ne peut méconnaître une grande fermeté de touche et une sobriété de forme qui rappellent heureusement la facture de Lucrèce. Mais continue Phaon :

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