‹ Le tombeau de Louis MénardChapitre 17 sur 54 · LETTRE DE M PAUL BOURGET · texte numérisé non relu

LETTRE DE M PAUL BOURGET

Cher ^lonsieur,

Notre commun ami 'M. Charles ^laurras ne vous a pas trompé en vous disant que j'étais un admirateur bien fervent de la poésie de M. Louis Ménard. Je me suis étonné, dans les articles qui lui ont été consacrés, de ne pas voir cités au premier rang les Poèmes dont la deuxième édition a paru chez l'éditeur Charpentier en 1863. Il s'y trouve une série de Chansons allemandes dont la quatrième qui commence :

Tous deux, à travers la forêt profoncie, Ils pass iient, passaient

me semble un des chefs-d'œuvre de l'élégie au XIV^ siècle.

YJEm-pédocle, \ Idéal, le So'uvenïr, Crémutins cordiis et le Panthéon, sont cinq morceaux d'une condensation saisissante et d'une maîtrise de facture qu'aucun artiste contemporain n'a surpassé.

M. Louis ]\Iénard avait à la fois la sobriété forte de l'expression latine et l'espèce de suggestion indéfinie des rêveurs du Nord.

La pénomb're où est demeuré ce grand poète fera quelque jour la surprise des historiens littéraires.

Je vous autorise, bien volontiers, à joindre mon témoignage à ceux que vous recueillez, et vous félicite de votre généreuse idée.,

Votre dévoué confrère, Paul BOURGET.

Page 1