‹ Le tombeau de Louis MénardChapitre 31 sur 54 · LETTRE DE M. FREDERIC PLESSIS · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. FREDERIC PLESSIS

Monsieur et cher confrère,

J'ai vu Louis Alénard surtout chez Leconte de Lisle et pour la première fois en 1872 ou 73. Je crois bien que, la dernière fois que j'ai causé avec lui, c'est à Saint-Aubin vers 1884. Depuis je l'ai entrevu de loin en loin. Ai-je besoin de vous dire que j'ai la plus sincère admiration pour la science et le talent dont témoignent ses livres? Il écrivait dans une langue remarquajDle de pureté et de charme presque virgilien. Il avait la passion généreuse de la France de sa jeunesse ; nul ne fut moins « arriviste ».

Louis Ménard dont la toilette était négligée et l'aspect un peu étrange, eût rappelé au respect, si on eût été tenté de lui en manquer, par une distinction naturelle, fort différente de la distinction mondaine et, je crois, d'une qualité supérieure.

Je suis heureux que vous me donniez l'occasion de rendre un hommage mérité à la

lOO LE TOMBEAU DE LOUIS MENARD

mémoire d'un homme dont j'étais loin de partager toutes les opinions et tous les sentiments, mais dont j'ai toujours admiré le talent et estimé le caractère.

Veuillez, Monsieur et cher confrère, recevoir l'expression de mes sentiments dévoués.

Frédéric PlesSIS.

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