‹ Le tombeau de Louis MénardChapitre 43 sur 54 · PANTHEON · texte numérisé non relu

PANTHEON

Le temple idéal où vont mes prières Renferme tous les Dieux que le monde a connus. Evoqués à la fois dans tous les sanctuaires,

Anciens et nouveaux, tous ils sont venus ;

Les Dieux qu'enfanta la r,'uit primitive Avant le premier jour de la Cre'ation, Ceux qu'adore, en ses jours de vieillesse tardive,

La terre, attendant sa rédemption;

Ceux qui s'entourant d'ombre et de silence, Contemplent à travers l'Eternité sans fin. Le monde qui toujours finit et recommence

Dans rillusicn du rêve divin;

Et les Dieux de l'ordre et de l'harmonie, Qui dans les profondeurs du multiple univers, Font ruisseler les flots bouillonnants de la vie,

Et des sphères d'or règlent les concerts;

Et les Dieux guerriers, les Vertus vivantes Qui marchent dans leur force et leur mâle beauté, Guidant les peuples fiers et les races puissantes

Vers les s;unts combats de la liberté;

Tous sont là : pour eux l'encens fume encore, La voix des hymnes monte ainsi qu'aux jours de foi; A l'entour de l'autel, un peuple immense adore

Le dernier mystère et la grande loi.

Car c'est là qu'un Dieu s'offre en sacrifice : Il faut le bec sanglant du vautour éternel Ou l'infâme gibet de l'éternel supplice.

Pour faire monter l'âme humaine au ciel.

Tous les grands héros, les saints en prière, Veulent avoir leur part de divines douleurs ; Le bûcher sur l'Œta, la croix sur le Calvaire,

Et le ciel, au prix du sang et des pleurs.

IDb LE TOMBEAU DE [.OUÏS MENARD

Mais au fond da temple est une chapelle Diserète et recueillie, où, des cieux entr'ouverts, La colombe divine ombrage de son aile

Un lys pur, éclos sous les palmiers verts.

Fleur du paradis, Vierge immaculée, Puisque ton chaste sein conçut le dernier Dieu, Règne auprès de ton fils, rayonnante, étoilée.

Les pieds sur la lune, au fond du ciel bleu.

Panthéon dont le suprême étage s'étoile et se parfume du Lys Virginal, aux mains de cette candide déesse du Christianisme dont le paien mystique a noblement parlé — et qui lui sourit.

Robert de MOXTESQUIOU.

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