PREFACE XXXV
Mais à la mort du Maître, je m'irritai du dédain, du silence presque universel, qu'on gardait autour de l'œuvre géniale de Louis Ménard. Et puisque celui-ci couronnait ainsi sa vie, et qu'il mourait comme il avait vécu, de façon grave et silencieuse, n'était-ce point, mon cher Maître, le devoir d'un adolescent respectueux des aînés, de lui élever un tombeau, de l'y ensevelir et d'y venir suspendre des guirlandes pieuses ?
Les anciens s'imaginaient qu'en enfermant le mort dans la tombe, ils enfermaient avec lui son âme, car ils ne se séparaient pas l'un de l'autre pour vivre sous la terre la seconde vie. Et si les morts restaient privés de sépulture, leurs âmes erraient, malheureuses. . .
A l'âme de celui qui a beaucoup souffert, j'ai résolu de procurer le repos.
Des écrivains, consultés, m'aidèrent