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dans mon œuvre pieuse et reconnaissante et dans mon Oraison Funèbre.
Le premier, cher Maître, par vos entretiens bienveillants, par vos conseils, vous m'avez encourage' et soutenu. Vous savez vous même, mieux que tout autre, Tétrange « fascination » que vous exercez sur la jeunesse : je ne vous dirai donc pas toute mon admiration pour votre 'œuvre graduelle et belle toujours. Je vous remercierai seulement de quelques qualite's précieuses dont vous m'avez doue' : le respect ancestral ; Tamour et le culte de la Terre et des Morts.
Sans doute, je fus initié par vous de bonne heure à la Beauté parfaite et à la compréhension de mon être ; sans doute, vous m'avez enseigné Tart de ne pas se mépriser soi-même. Mais surtout, vous m'avez aidé à prendre conscience des sentiments ataviques qui reposaient en moi, et
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qui, sans votre aide, y dormiraient encore, comme ils reposent chez tant d'adolescents, enfouis sous une bxoussaille épaisse de sentiments vulgaires, nés de cet instinct que nous partageons avec la race animale.
Ainsi j'appris à aimer les anciens parce que leur culte de la Beauté s'harmonisait à cette Religion de la Mort dont M. Fustel de Coulanges nous a rapporté les usages. J'aimais le bon roi Saint-Louis dans ses pieuses prières : « Toujours, après disner, il se repousait en son lit, et pis, quand il était sus, il disait des morts avccque un de ses chappelains. » . . .
Avec vous, mon cher Maître, je me suis acheminé vers les tombes simples et sans ornement où dorment les grands ignorés de notre race. En ces pèlerinages intellectuels, je connus Gérard de Nerval, Jules Tellier, Paul Guigou, Louis Ménard...
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Tous ceux-ci ont été dédaigné. La vie leur fut lourde. Elle eut souvent pour eux un goût de 'cendre. Descendants de races énervées, ils souffrirent de maladies intellectuelles et connurent la mélancolie, tuberculose de Tâme. Ils connurent aussi et profondément, Finconsolable amertume d'une vie sans gloire. . .
Mais qu'importe!... s'il est quelque part une seconde vie, ils revivent maintenant, le long des voies sacrées, sous des ombrages éternellement frais, avec tout ce qu'ils ont désiré et aimé ici-bas.
Leur divin masque ou la douleur, jadis, creusa des rides, resplendit maintenant d'une béatitude et d'une beauté joyeuses.
Oui, qu'importe ! L'homme qui se résigne à demeurer ignoré peut jouir librement de la parfaite contemplation de l'univers. Le solitaire de l'Imitation, les pères de l'Eglise M. de Vigny le proclament : la solitude
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est sainte. Celui qui geint de douleur et qui s'écrie :
Soyez béni, mon Dieu ! qui donnez la souffrance...
est un sage. Car la plus grande intelligence est la plus capable de douleur. .• Ils sont donc heureux, en leur Olympe reposant^ ceux-là qui souhaitèrent et surent accepter ce silence qui, lui même fait partie de leur Beauté.
Ce n'est pas sur eux, Louis Ménard, Paul Guigou, Jules Tellier, de Nerval qu'il faut pleurer. C'est sur les descendants égoïstes qui ont méconnu et méconnaissent encore ce que ces humbles apportèrent chacun à l'épanouissement de l'intelligence commune.
Le premier homme qui fut trouvé mort, la face blême, les membres creusés, raidis et allongés, inspira, dit-on, à Tesprit de ceux qui le contemplaient avec un étonne-