LETTRE DE M. WALLON
Monsieur,
J'ai connu Louis Ménard au collège royal Louis-le-Grand oti j'étais entré, au sortir de l'Ecole Normale en 1834. Il était un des élèves auxquels j'enseignais l'histoire ancienne dans les classes de sixième et de cinquième.
J'ai encore dans ma mémoire sa figure d'enfant, petit, de bonne santé, de bonne humeur, l'œil vif, les joues roses — fort en contraste avec ce que je l'ai vu plus tard, si maigre, si fatigué ! Il m'avait intéressé beaucoup par sa gentillesse et ses heureuses dispositions pour l'histoire.
Je l'ai revu à l'Ecole Normale où j'étais devenu maître de conférences, et lui-même avait gardé un bon souvenir de moi.
Il me pria de lire ses premiers essais sur l'histoire ancienne et je ne pus pas lui dire qiie j'en partageais beaucoup les tendances ; mais je m'intéressais toujours à lui et je fus heureux quand j'appris qu'il avait trouvé à l'Hôtel de Ville une position qui assurait son avenir. Je le rencontrais quelquefois avec plaisir et je regrette de ne l'avoir pas vu davantage.
J'apprendrai de lui par vous plus que je ne vous en ai dit.
Veuillez agréer, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.
Wallon.