‹ Le tombeau de Mlle de LespinasseChapitre 9 sur 19 · X PREFACE · texte numérisé non relu

X PREFACE

suivre. Tant qu'elle vécut, deux fois chaque semaine il se rendait auprès d'elle, s'assurait par ses yeux des soins qu'on avait de sa vieillesse, cherchant à prévenir, à donner ce qui pouvait rendre plus douce la fin d'une vie sur laquelle sa reconnaissance et sa tendresse avaient répandu l'aisance et le bonheur. En quittant cette maison, il chercha un asile dans Vamitié, dans la société habituelle d'une femme aimable, qui, par une sensibilité simple et vraie, par les grâces élégantes et naturelles de son esprit, par la force de son âme et de son caractère, avait fait naître en lui un sentim^ent que les malheurs qu'elle avait longtemps éprouvés rendirent plus profond et plus tendre, et qui eût été la consolation de la vie de d'Alembert s'il n'avait pas eu le malheur de lui survivre. »

Le sentiment de d'Alembert pour M^'^ de Lespinasse, c'était, en quelque sorte, la passion de l'amitié. Il est nommé, dans les Lettres de cette aimable femme au comte de Guibert,avec un tendre respect qui prouve qu'ils vivaient, qu'ils avaient toujours vécu comme frère et

Page 1