SECTION I. — PAROI NORD
A. Côté ouest : du pilastre d'angle au portail.
1 " Pilastre d'angle. — Il est décoré sur sa face sud et sur sa face est. Sur la face sud, une ligne verticale, du même type que celles qui ornent les colonnes [inscr. 26] :
Vimakhou de Thot seigneur de Khmounou, Osiris [i'Ibis, Osiris le Cynocéphale, le Grand des Cinq, maître des sièges, prophète de] l'Ogdoade, chef des prêtres de Sekhmet, chef des prêtres de [la troisième et de la quatrième classe, scribe royal, comptable de tous les biens du temple de] Khmounou, Petosiris, n. im., fils du Grand des Cinq, maître des sièges, le prophète Sishou, j. v., et né'^' de la dame Nofritrenpet, j. V. • '
(" Sauf les légendes du n" 86, qui sont probablement une addition.
(^' îr n est employé de façon constante dans nos textes, au lieu de msn, pour désigner la fdiation malemelle. Cet emploi de ir se rencontre déjà à la XIII' dynastie, ainsi : Moret, Cataî. Musée Guimet, Galerie égyptienne, p. 9 4,1. 6, 1. 8, 1. 10, etc.
Le Tombeau de Petotirit, i" partie. 7
Sur la face est du même pilastre, Petosiris est représenté assis à une table et jouant aux (lames ou au trictrac avec un ami; le damier est composé de trente-trois cases (trois rangs de onze cases superposés), et sept petites boules, peintes en bleu, y sont alignées : comme en outre chacun des partenaires tient, entre le pouce et l'index, un pion de même l'orme qu'il vient d'enlever du damier ou qu'il va y poser, le jeu comprenait donc, semblet-il, neuf pièces. Une inscription dialoguée de six lignes verticales, qui a presque complètement disparu, surmontait la scène; cette inscription faisait suite elle-même à un texte horizontal de trois lignes, servant de légende à la scène Ggurée [inscr. 26èis] :
1-3. Le Grand des Cinq, Petosiris, se divertit [s[h]mh-ib) a jouer'" avec ses amis après déjeuner [stjrl), jusqu'à ce que vienne le moment qu'il se rafraîchisse (kbh-f) dans (n) la salle de la bière '^'.
L'expression Mj-ri (littéralement : se parfumer la bouche) se trouve dans la Carnarvon tablel, n° 9 1, 1. i4, et Gardiner [Journal of Ëgypt. Archœology, III, p. io6) a supposé avec raison qu'elle désignait un moment déterminé de la journée. Elle est à rapprocher de l'expression 'bw-i", qu'on rencontre par exemple dans Sethe, Urkunden, IV, 69, 7 et 5o6, 10, avec le sens de crdéjeuner??, et sans doute aussi, comme nie le signale M. Golénischeff, de l'expression tw-ri des Kahun Papyri, pi. V, 1. 3/i, qui paraît avoir la même signification ^^K La « salle de la bière » Çt-hht) nous est connue par ce passage de la Stèle de Piankhi, 1. i33, où Tefnekht énumère les privations qu'il s'est infligées : «je ne me suis pas assis dans la salle de la bière, on ne m'a pas apporté de harpes, allusion aux plaisirs que pouvait prendre, le soir venu, un homme de son rang. Et au Papyrus judiciaire de Turin, l'expression ir '^t-h^t peut se traduire par «faire une orgie»'''). Ce qui signifie donc que Petosiris , s'abandonnant aux délices d'un «jour heureux 75, jouait aux dames avec ses amis entre le repas du matin et la beuverie du soir.
Il est intéressant de rapprocher ce tableau et sa légende d'une scène identique représentée dans un tombeau thébain, celui de nfr-shrw, et accompagnée de ce texte '^' :
Tu es assis dans le pavillon, tu joues aux dames (lire snl"), tu as à ta disposition du vin, tu as à ta disposition de la bière.
'" W, sans que le jeu soit désigné de façon plus précise. On sait que les véritables damiers comportent seulement 3o cases, non pas 33 comme ici.
I'^' Cette phrase est construite comme beaucoup de légendes descriptives : infinitif+în + sujet (divertissement. . . (pris) par Petosiris).
'" Le mot l'tv signifie d'ailleurs à iui seul « déjeuner t, comme l'indique un texte des Pyramides (Sethe), 1876 a et h, où t'w est opposé à ms'wt t\e repas du soirr.
'*' Cf. Breasted, Ancient Records , IV, p. 219.
'*' PiEHL, Inscr. hiérogl., I, pi. CXXI, X.
9" Premier entre-colonnement. — 11 comprenait originairement quatre regi.stre.s, r(?(luits aujourd'hui a Jeux : ou y voit représente? un atelier d'orfèvres (pi. 7 et 9).
Au registre inférieur, à gauche, deux ouvriers, vêtus d'un simple pagne, travaillent ensemble : tandis que l'un, assis sur un tabouret bas, maintient, à l'aide d'une longue pince, un morceau de métal sur une enclume massive, l'autre, solidement campé sur ses jambes, le buste projeté en avant, tient de ses deux mains, levées au-dessus de .sa léte, le marteau qu'il va abattre lourdement. Au-dessus d'eux, cette légende générale [inscr. 27
1-5. Hommes") travaillant le cuivre ^^i pQuj. f^jpg resplendir la maison de leur maître par leurs tra-
vaux.
Et entre eux [inscr. 27 (6)] :
1-9. Fais vigoureusement, fais vigoureusement (?), pour produire son bien-être {se. le bien-être de notre maître).
Le mot m'est inconnu : peut-être est-ce une erreur du graveur pour nhj |-.
rr s'échapper, se dérober, broncher»; ir m nhj (?) signifierait donc : «travaille et ne bronche pas» (?). Ces paroles sont évidemment prononcées par l'ouvrier qui est assis, et qui engage son camarade à frapper avec vigueur.
A droite du même registre, un ouvrier travaille seul'^'. Il est vêtu lui aussi d'un simple pagne; un genou en terre, il tient, de la main gauche, un vase à la panse arrondie dont il appuie l'orifice sur une sorte de bras qui se détache d une haute enclume, s'apprêtant à laisser retomber un marteau sans manche qu'il brandit de la main droite. Au-dessus de lui est gravée une inscription, dont le sens ne m'apparaît pas très clairement. La direction des signes indique que c'est notre ouvrier qui parle, s'adressant probablement à l'un des deux camarades qui sont derrière lui [inscr. 27 (c)] :
1-5. Enferme (?) le cuivre en hâte^*', porte(-le) à la maison de notre maître, (et que celui-ci fasse) jour'" heureux! Approche (?), que nous allions (?) pour le sceller (?).
un
Le verbe 'r/" signifie «enfermer, empaqueter» (ainsi Sethe, Urkunden, IV, 96, 12), et ce sens s'accorderait assez bien au verbe (W «sceller», qui termine la phrase. Il s'agirait
(" Noter le pluriel "J" j ici et inscr. ^0. Cf. p^l inscr. 79, \. h. Ce pluriel est rare (la graphie v^/, est plus fréquente; ainsi, à deux époques bien différentes : Sethe, Urkunden, I, 1 17, 5; et inscr. du prêtre Psheren-ptah, Maspero, Etudes égyptiennes, I, p. 190, 1. 1).
'*' Litléralement : «faisant du travail en cuivre ti.
'" C'est par inadvertance que, dans la Deuxième Partie, p. 9, inscr. 27 {c), j'ai imprimé : rau-dessus des deux ouvriers ".Il n'y en a qu'un.
(*' m éhh (pour m éh'à) est rendu en grec, dans le Décret de Campe, 1. ait, par è^aKpvvs.
'^) Littéralement : «que son jour {h[r]w-J) soit heureux.'ï).
donc d'objets en cuivre dëjà fabriques, dont la vue contribuera à rendre le maître heureux. Il se peut d'ailleurs que ces deux mots aient ici un sens technique qui m'échappe.
Le nom de forgerons conviendrait plutôt aux ouvriers appliqués à ces rudes travaux. Au second registre, nous voyons à l'œuvre de véritables orfèvres. Ils sont trois, assis chacun sur un tabouret bas, colorié en bleu; l'un est simplement vêtu d'un pagne, les deux autres portent une tunique sans manches, relevée par une ceinture dissimulée sous le xdAiros. Le burin d'une main, un léger marteau de l'autre, ils cisèlent, d'un geste délicat, le premier le museau d'une gazelle dont l'avant-train forme l'extrémité d'un rhyton, le second trois poitrails de chevaux bridés, le troisième le couvercle d'un grand vase. Au milieu d'eux se tient le contremaître, vêtu lui aussi d'une tunique. Deux inscriptions surmontent le tableau : à gauche [inscr. 28 (a)] :
I Sculpteur-orfèvre gravant dans l'argent et l'or [. . .] ' placé devant lui"', jusqu'à la tombée de la nuit, sans cesse <^' "'.
A droite [inscr. 28 (b)] :
1-3. Vous faites du bon travail; ce que vous faites, le maître vous'*' (en) récompensera.
II est probable que ces paroles d'encouragement doivent être placées dans la bouche du contremaître.
3° Revers de la colonne centrale. — Une ligne verticale [inscr. 29], reproduisant ^^^ le texte de l'inscription 13 gravée sur la partie antérieure de cette colonne.
A° Deuxième entre-colonnement. — Les quatre registres subsistent (le quatrième toutefois est incomplet) : suite des travaux des orfèvres (pi. 8 et 9).
Au registre inférieur, nous assistons à l'affinage des pièces d'orfèvrerie, dont les diverses parties ont dû être assemblées dans un autre atelier'*''. C'est ainsi que nous voyons un ouvrier passant un rabot à métaux sur un objet assez étrange, se composant d'une colonnette à chapiteau ionique, surmontée des poitrails de chevaux que nous avons vus précédemment aux mains du ciseleur, et terminée par une sorte de cloche sur laquelle est
'" Peut-être : tf[exéculant le travail] J dont ii a été chargée. Pour le sens de rdj m hr, cf. ci-après, p. 67, note 4 (inscr. 47).
'^' Noter la disposition des signes # o , dont le premier est à la fois un déterminalif supplémentaire de ws et un des composants de l'expression / nb. Cf. inscr. 58, 1. 1 7.
'" Parmi les signes qui suivent / nb, il semble qu'on peut distinguer le verbe ,^* ^=^ » voir ti (ou bien faut-il
lire-:^/t(^«.)m^(^)?).
'*' III au lieu de *—- \.
'*' 11 faut introduire dans le complément de la lacune centrale les mois ^ ^, que j'ai oubliés devant • ^. '*' Opérations qui pouvaient être représentées sur les deux registres disparus du premier entre-colonnement.
DESCRIPTION. — LE PItONAOS. 53
agenouillé un génie ailé. Un autre, ouvrier, un genou en terre, appuie sur le bras d'une enclume et affine l'embouchure du rhyton à tête de gazelle déjà rencontré'". Au centre, un esclave soumet un vase et un rhyton à l'appréciation d'un scribe qui est debout, ses tablettes sous le bras, nu-tête et vêtu de l'ample et long himation à bordure crénelée, dont la partie supérieure, préalablement repliée, passe sous un bras, bouffe sur l'épaule et enveloppe tout le buste. L'ouvrier qui travaille à la colonnette est ainsi qualiûé [inscr. 30 (a)] :
1-4. L'homme qui fait ce travail, il est unique dans son métier (tmir/-/''*').
Et voici l'éloge décerné à son camarade de droite [inscr. 30 (6)] :
Homme façonnant de l'argent et de l'or dans la maison de (son '^') mattre, ayant été choisi (m stp) dans la terre entière '*'.
Il semble que les opérations représentées au second registre consistent dans le polissage des métaux. L'atelier comprend trois ouvriers. L'un tient à deux mains un mince outil, qu'il promène le long d'une colonnette reposant à terre contre sa jambe droite étendue. Les deux autres se livrent à un travail analogue sur la panse d'un vase et sur un rhyton. Audessus des deux premiers, cette légende générale [inscr. 31 (a)] :
(Ouvriers) nettoyant [sw'b) l'argent et l'or pour leur maître'*'.
L'un d'eux a conscience de l'œuvre accomplie; s'adressant à tout l'atelier, il dit [inscr. 31 {b)] :
Vous travaillez excellemment : grande sera la récompense qui vous sera donnée '".
Au-dessus du troisième ouvrier, cette autre légende [inscr. 31 (J)] :
1-2. (Ouvriers) nettoyant l'argent et l'or pour leur maître : il n'y en a pas d'autre (qui les vaille) dans leur partie '''.
"' Ci-dessus, p. 52, tableau de l'inscription 28 (a).
(2' wnwt au sens de tr corvée, mélierp : cf. Ouni, \. 36 (Sethe, Urkmden, I, io6, 8). <" Il faut probablement corriger — en « — ("*/)•
(*) C'est-à-dire : comme un ouvrier d'éiite, comme le meilleur ouvrier qu'on ait pu trouver en Egypte (n [pour m] f, dr-J).
W II se peut que sw'b, ici et au texte (</), soit un infinitif «action de nettoyer r; il y aurait ellipse du sujet
logique.
(6) ' — '=' i,^-^ fh[\) rdj n t(n} : la chute de n dans tn est due à la préposition de même son qui précède le
suffixe. De même, inscr. 127, 1- a : T\'~^m '-'^'J " '^"^• (" iht-s, ou peut-être wnwt-s {*^)-
Au milieu de l'atelier se tient un scribe, drapé dans un long manteau : devant lui ce texte [inscr. 31 (c)] :
Le scribe. — Faire le travail en sa présence
Le troisième registre est consacré à la pesée des métaux ouvrés. Au centre est disposée une balance qui dépasse largement la taille d'un homme : elle est d'une construction intéressante. Le pied se compose de deux colonnes, dont la base va en s'évasant, et qui ' sont reliées entre elles par trois traverses. Cette sorte d'échelle nous est présentée de face, mais il faut naturellement l'imaginer de profil. Elle est couronnée par une pièce métallique servant de support au fléau, tige fusiforme dont les extrémités s'élargissent et donnent naissance à quatre fds qui soutiennent les plateaux, probablement en métal, et absolument plats '"•^l Au-dessous du fléau se trouve l'aiguille : c'est une lame triangulaire dont la pointe est dirigée vers le bas; derrière elle pend le fil à plomb, que termine un vase cordiforme. — A droite du tableau, un homme, vêtu d'un ample manteau, apporte de l'atelier des pièces d'orfèvrerie dont il a les bras surchargés; un serviteur l'en débarrasse, et deux esclaves, vêtus dun simple pagne, un genou en terre, pèsent successivement les difl"érents objets, coupes, amphorisques, vases de toute forme, cuillers à long manche ''^\ rhyton. Cependant un autre serviteur, vêtu d'une tunique longue, serrée à la taille mais non relevée, pose une main sur l'aiguille de la balance dont il arrête ainsi les mouvements, la pesée étant terminée, tandis que, de l'autre main, il remet les objets pesés à un camarade qui les serre soigneusement dans un coffre. Un scribe, debout, drapé dans un himation à bordure crénelée, surveille l'opération et en enregistre le détail sur ses tablettes. — Une légende générale surmonte le tableau [inscr. 32 (a)] :
1-4. IPiacer (?)jrargent et l'or (dans) la balance, (les) porter au magasin, (les) mettre en écriture dans (? <=») la maison de leur'*' maître, (où) il s'en trouve (déjà) des monceaux (?).
A l'intérieur de la balance, à droite et à gauche du montant, est gravé un double avertissement [inscr. 32 (b)]; à gauche :
A droite
J.. Préserve (sW;) ta (?) main de l'injustice (\tj-\nj).
2- [Qu'il n'y ait pas?] d'injustice en elle {^sc. la balance).
'" '^ infinitif féminin. Cf. inscr. 39 (h), p. 67.
'*' Sur le plateau de droite on plaçait les poids w : sur le plateau de gauche les objets (voir pi. 8 et 9). '" Ce sont les cuillers que les Latins appelaient des simpula : on en voit au Musée du Caire, salle X, armoire D. '*' —^, suffixe 3' pers. du pluriel s(?î), désignant les ouvriers et serviteurs, qui sont le sujet logique, non exprimé, des infinitifs de cette phrase.
L'expression Uj-lnj est bien connue; ainsi, Mariette, Dendérah, II, 26 f ^T^T? J «exempt d'injustice» (cf. aussi Inscription dédicaloire d'Ahydos, \. .33).
Au quatrième registre, six hommes, vêtus de la tunique sans manches''', transportent dans un autre coffre des pièces d'orfèvrerie du même genre, sous le contrôle d'un scribe placé derrière eux. Pas de légende.
5° Revers de la colonne engagée dans le portail : une ligne verticale [inscr. 33], reproduisant, avec de simples variantes graphiques'"^', le texte de l'inscription H gravée sur la partie antérieure de cette colonne.
6° Montant intérieur du portail. — Sur le bandeau, deux lignes horizontales dont le texte se poursuit en une ligne verticale gravée sur le fût [inscr. ZZbis\ :
] Vimakhou de Thot seigneur de Khmounou, | le Grand des Cinq, maître des sièges, Xeaûvrjs ^ de Thot. <leux fois grand , seigneur de Khmounou , scribe royal comptable de tous les biens du temple de Khmounou, Petosiris, fils du Grand des Cinq, maître des sièges Sishou, et né de la dame Nofritrenpet , j. v.
B. Côté est : du pilastre d'angle au portail.
1" Pilastre d'angle. — Il est décoré sur sa face sud et sur sa face ouest.
Sur la face sud, une ligne verticale, incomplète du haut et inachevée [inscr. 34] : le texte en était le même, dans l'ensemble, que celui de l'inscription 26. Ici, le titre rrchef des prêtres de la troisième et de la quatrième classer» a été omis. En outre, l'inscription s'arrête brusquement avant le nom du père de Petosiris.
Sur la face ouest, même représentation qu'au n" 26 bis : Petosiris est assis, avec un ami, devant un damier de trente-trois cases. Mais, tandis que le pilastre du côté ouest nous a conservé la légende horizontale qui surmontait cette scène''', nous trouvons ici une partie assez importante du dialogue échangé entre les deux partenaires, et comportant six lignes verticales [inscr. 34bis]. Ce dialogue est encore plus obscur que le texte relatif au jeu de dames publié jadis par M. Daressy, dans Recueil de travaux, 1 6, 1896, p. 129'*', et il m'est impossible d'en proposer une traduction.
Il semble qu'à la ligne 9, il faille corriger ^^| |, , , ^^ T^^^Imm "^^^<^"^''- — ^®^ derniers mots de la ligne 3 paraissent signifier «ton pion [ib-k) sur l'eau-?, f"^ étant le
'" Ces costumes sont coloriés en vert, en jaune, en bleu.
l'^' Orthographe correcte de tifmst; ^ au lieu de ^; "îj^^ au lieu de *; S au lieu de ^.
"' Voir ci-desajis, p. 5o.
l*' Traduit par Wiedemann, Das Bretispiel bel den alten Aegypten^ (dans Actes du X' covgiès des Orientalistes,
jSg/t, p. 5o).
nom d'une des cases du jeu de dames '^^ A la même ligne, | | désigne peut-être une
autre case : comparer le nom bien connu d'une des cases Sg^Sg^.
Les deux entre-colonnements du côté est, qui ont conservé leurs quatre registres, présentent cette particularité que les deux registres inférieurs de chacun d'eux sont consacrés à divers travaux de menuiserie, et les deux registres supérieurs à la fabrication des parfums *^l Afin de donner plus d'unité à la description, j'étudierai successivement chacun de ces groupes; auparavant, je mentionnerai, pour n"y plus revenir, la colonne séparant les deux panneaux.
2° Revers de la colonne centrale. — Une ligne verticale [inscr. 38], reproduisant le texte de l'inscription 20 gravée sur la partie antérieure de cette colonne (moins la finale nhh dl) (').
3° et li° Premier et deuxième entre-colonnements (pi. 10 et 11).
La menuiserie. — Au registre inférieur du premier entre-colonnement (pi. 10), deux ouvriers accroupis et se faisant face, rrtournentw une colonnette. Ils l'ont placée dans une sorte de cadre qu'il faut se représenter posé à même le sol; ce cadre comprend trois éléments : deux tiges parallèles, recourbées à leurs extrémités, et une barre perpendiculaire. Lune des tiges est fixe, l'autre est mobile et peut s'écarter de la première, en glissant le long de la barre, dans la mesure où l'exige la hauteur de l'objet à tourner. La colonnette une fois fixée entre les deux tiges, au moyen de crochets s'insérant dans ses extrémités, un des ouvriers passe autour du fût une corde dont il tient en mains les deux bouts; animant alors la corde d'un mouvement de va-et-vient, il imprime à la colonnette une impulsion rotative qui fait qu'elle se présente alternativement sous toutes ses faces à une sorte de gouge ou de burin, dont l'autre ouvrier tient fermement le manche de ses deux mains. — La colonnette, fr tournée ?? et sortie du cadre, est remise à un troisième menuisier qui, au moyen d'une herminette (ou d'un rabot?), lui donne sa dernière forme.
Deux inscriptions surmontent le tableau : l'une est gravée au-dessus des tourneurs [inscr. 35 (a)] :
1-3. Faire le travail lui est utile (^sc. à l'ouvrier) : son maître (le) récompensera à cause de cela.
'" Devéria, Mémoires et fragments, II, p. 83; Maspero, Guide du Visiteur au Musée du Caire, 191 5, p. 53 1.
'^' Comme précédemment, les registres sont numérotés de bas en haut : 1 (ou inférieur), 9,3,4 (ou supérieur).
''• Les quatre textes des deux colonnes centrales, n"" 13, 20, 29, 38, sont en somme identiques, sauf la finale nhh dt spéciale au n° 20.
Au-dessus du menuisier isolé et dé l'un des tourneurs [inscr. 35 (6)] :
1-9. Ouvriers [htnww) faisant ie travail, sans cesse, pour sernr (^m») leur maître, dont les intérêts [thl-fj sont entre leurs mains '•'.
Au second registre, les menuisiers confectionnent des meubles. L'un d'eux, à droite, paraît raboter un panneau rectangulaire, monte et assemblé, mais encore dépourvu d'ornements. Le travail des deux ouvriers de gauche est plus avancé, et le panneau qu'ils ont en mains est déjà décoré de deux rangs de colonneltes, entre lesquels viendra se placer probablement l'ornement plus compliqué qu'un ouvrier, debout au centre de l'atelier, tient serré contre sa poitrine; en attendant de le mettre en place, les deux compagnons s'appliquent à un autre ouvrage : l'un d'eux appuie de toutes ses forces sur le panneau, tandis que l'autre en perfore une des extrémités, au moyen d'un foret mû par un archet. Une seule inscription surmonte le tableau [inscr. 36] :
Ouvriers faisant tous travaux selon l'amour de leurs cœurs (-', (et les) portant comme dons (?) à leur maître au début de toutes les saisons (? m tp drw nhw ''').
Nous passons aux deux registres inférieurs du second entre-colonnement (pi. 11).
Sous la surveillance d'un scribe, des ouvriers d'art confectionnent ou plutôt imbriquent d'or et d'argent un lit de parade. Le châssis et les pieds du lit sont formés par deux lions très allongés dont les têtes décorent la partie antérieure; une galerie formée de sphinx ailés orne les longs côtés; et aux quatre coins sont couchés des animaux fantastiques, sortes de lions au front muni de cornes de bubale ou de gazelle. Une légende explicative est gravée au-dessus du lit [inscr. 39 (a)] :
Lit [shnl). Mettre de l'argent et de l'or sur lui, à la façon [m \rt) des bons ouvriers.
Le mot shnt est la forme féminine de éhn «lieu de repos»'*' : la scène figurée indique bien qu'il s'agit ici d'un lit, d'un lit de parade couvert d'argent et d'or. Devant le scribe [inscr. 39 (6)] :