C. Le côté est (inscr. 60, 61, et soubassement
La porte donnant accès à la chapelle fera l'objet du chapitre vi.
A. — Les deux mors étroits.
1° Mur ouest, [inscr. 59] :
L'inscription 59 comprend cinq lignes verticales qui, intactes, mesuraient environ U mètres; du fait de la disparition des quatre assises supérieures, elles sont malheureusement réduites à 2 m. 35. Les hiéroglyphes sont beaux et soigneusement gravés; les couleurs qui les rehaussent sont, d'une façon générale, bien conservées.
Cette inscription, comme l'inscription 62, rentre dans la série des textes relatifs à la biographie de Petosiris, et reproduit souvent les termes de la grande inscription 81.
I [ (" second prophète de Khnoum-Rê] maître d'Hirourt et d'Hathor dame de Neferoust,
phviarque de la seconde classe sacerdotale du temple d'Hirourt (et de celui de) Neferoust, prophète d'Amon-Rê, des dieux et des temples de la ville (? ni swt nwi), Petosiris. Il dit : «0 tous prophètes, tous prêtres, qui viennent vers cette montagne, venez, ' [je ferai que vous soyez instruits des volontés de Dieu; je vous guiderai sur le chemin de vie. Dieu '^*] a conduit mon cœur à faire ce qu'il aime (mr k'>-f) : c'est
f" La lacune en tête de chaque ligne est de i m. 6o. — Les titres de la ligne i sont faciles à restituer : voir le début des inscriptions 62 et 81.
'^' Le début de cette ligne complété d'après inscription 02, 1. a.
]à l'œuvre qu'il a faite pour celui qu'il chérit'". — J'ai exercé les fonctions'^' de 'kea-eôvtis de Thot maître de Khmounou, pendant sept ans, (alors que) des hommes (venus) des pays étrangers gouvernaient l'Egypte.
Je trouvai le temple de Thot ^ [tombé en ruine <" j'appelai] le[s] scribe[s] se trouvant [dans] ce
temple; je (leur) donnai de l'argent et du grain, plein leurs mains, pour élever de nouveaux monuments '''' dans son temple — car il y avait fort longtemps qu'on n'y avait exécute aucun travail, depuis que des
étrangers (^h'Jtjw) étaient venus et avaient envahi l'Egypte'*', — afin que ce temple ne cesse pas
M Je construisis le sanctuaire des déesses à l'intérieur du] temple de Khmounou, ayant trouvé'*'
leur sanctuaire en état de vétusté; de sorte qu'elles séjournent (maintenant) dans le temple de Thot maître de Khmounou : c'est le «pavillon des déesses», comme on l'appelle'"'; la façade en est tournée vers
l'Orient, par-devant le sanctuaire ^ [de la vache Aht '*'] là, afin d'être comblé de leurs bénédictions,
éternellement! Tout ce que j'ai fait, ce fut en conformité avec le livre sacré. J'ai fait tout cela pour obtenir que mon nom ne cesse pas (d'exister) dans le temple de Thot, et puissé-je être l'objet de ses faveurs, éternellement! v
Ligne 2, rmU h'Jwt m J}lc', hmt «des hommes des pays étrangers étant à gouverner lEgypte». L'emploi de la préposition m, au lieu de h^r, avec l'infinitif, pour exprimer le prédicat verbal dans les propositions nominales, est fréquent à la basse époque : cf. Junkeb, Grammatih, p. 128, fin du paragraphe 176. — Cet emploi n'est pas absolument inconnu à l'époque classique, mais il est à remarquer que, dans les cas analogues, l'infinitif est toujours un verbe de mouvement : cf. Vogelsang, Kommentar zu den Klagen des Bauern, p. 28.
Ligne 3, la phrase m (*==*•) hntj rnpwt hr kmt me paraît être une parenthèse
intercalée dans le cours du récit, et destinée à expliquer dans quelles circonstances Petosiris fut amené à restaurer le temple qu'on avait négligé depuis «fort longtemps 75. Pour le sens de hntj, cf. Sethe, Von Zahlen tind Zahlworten , p. 28.
Ligne i, ntriv-hmwt : je me rallie définitivement à l'interprétation w déesses» (cf. Annales du Serv. des Anliquùe's, XXII, p. i48, note 1). Nous trouvons dans les textes du Tombeau de Petosiris plusieurs noms féminins formés ainsi par l'adjonction de hmt à un nom masculin; ainsi, msw-hmwt «fillesxi, hmiv-hmwt rt servantes», ntrw-hmwt rrdéesses».
"' mr-f «son aimé». La même phrase se retrouve à l'inscription 58, i. 32, et à l'inscriplioa 115,1. 3.
'*' rdj-n-j au lieu de ir-n-j. Pour l'emploi de ^ avec le sens de -«>-, cf. ci-après, 1. 5, et inscr. 61, 1. 3«, 39, ii;62, 1. 5; 66,1. 9; 81,1. 87.
'*' Restituer au début de la lacune [^ 1 ^^^] ^^ ^ '^ ^^ ["~* I P] 't- ^e reste des suppléments est dillicile à imaginer, car il ne semble pas que le passage disparu ait correspondu, même fortement abrégé, à la description du temple de Thot que donne l'inscription 81, 1. 33-/iG. On notera, au surplus, que les premiers mots conservés de notre ligne 3 rappellent ce qui est dit, dans l'inscription 81, 1. 78, du temple de Heket. Qu'il s'agisse bien ici cependant du temple de Thot, c'est ce que paraît indiquer le suffixe masculin de " '.
'^' JfcJ; pour m m',wl : sur le sens de cette expression, cf. Gardiner, Recueil de travaux, 34, 1912, p. 201.
'*' Littéralement : (fêtaient venus en (leur) descente sur l'ÉgypteD.
'" rfrg'ffi-y ff étant donné que (rfr) j'avais trouvé».
'" M rnttt r{-s}.
'" Les versions parallèles ne permettent pas de déterminer le contenu de la lacune.
Ligne 5, s(iij mj ntj r /*è(<), proposition nominale ayant pour sujet le pronom absolu
de la 3" pers. plur. , s(ii^, écrit (comme il arrive fréquemment), et employé au sens
neutre : sur cet emploi, cf. Junker, Grammatik, S 53. La phrase entière se construit donc
ainsi : «Tout ce que j'ai fait {rdj-j nh), cela (était) comme ce qui est dans le livre».
Ligne 5, rdj-j nj r iw rrj'ai fait tout celav. C'est la seconde fois que nous rencontrons cette forme nj'^', que j'avais tout d'abord prise pour une sorte de dativus ethicus (n-y), et dont j'ai ensuite'^' reconnu la valeur de démonstratif : nj, sous les graphies et nA ,
n'est pas autre chose, en effet, que le pronom pluriel qui, dans le nouvel égyptien, s'écrivait régulièrement tl^^ ==nj (Erman, Grammatik^, S i68). Le son nj représentant à la fois le datif de la première personne et le démonstratif pluriel — de même que le copte NÀÏ'^', — on comprend quun scribe de l'époque ptolémaïque ait pu écrire ou nA
le pronom dont l'orthographe habituelle était il^^ . Voici les textes où ce pronom nj se rencontre :
Inscr. 5 1 : mn n-h nj ( j pr m si. Prends pour toi ces choses qui sortent dans les champs.
Inscr. 58, 1. Uo : rdj-n nbk dhwtj hpr ^j ( >A ) tmk. Ton maître Thot a permis que ces choses t'advinssent.
j r ',w. J'ai fait tout cela.
Inscr. 61,1. 3i : rdj-n-f hpr nj ( ) im-k. Il a permis que ces choses t'advinssent.
Inscr. 61,1. ki : rdj-n-k nj ( ) r shtp ib. Tu as fait ces choses pour réjouir le cœur...
>^ j r iw. J'ai fait tout cela.
Inscr. 65, 1. 12 : dd[-j) nj ( ) rk. Je dirai ces choses à ton sujet.
••M ) r iw ni dhwtj. Toutes ces choses [me sont advenues?] par la faveur (wî') de Thot.
sA,) r Iw. J'ai fait tout cela.
Inscr. 125, 1. 6 : rdj-j nj ( J m hr-tn. Je vous expose ces choses.
2° Mur est [inscr. 62] :
L'inscription 62, qui fait pendant à l'inscription 59, comprend, comme celle-ci, cinq lignes verticales qui mesuraient, intactes, environ k mètres. Ce côté de la paroi sud ayant
'•' Ci-dessus, p. 75, inscr. 51.
'^' Annales du Serv. des Antiquités, XXII, p. 38-4o.
''' riÀÏ, démonstratif pluriel, et nxÏ datif de la 1'" personne.
Le Tombeau de Pelotivit, i" partie. "
moins souffert que le côté ouest, et deux assises seulement ayant disparu, l'inscription se développe encore sur une hauteur de 3 m. i 8. La gravure est soignée, les couleurs sont généralement bien conservées.
I [Son fils puîné, son aimé, maître de tous ses biens"'], le Grand des Cinq, maître des sièges, grand prêtre, voyant le Dieu dans son naos, pénétrant dans Yadyton^-\ célébrant ses fonctions"' (sacerdotales) en compagnie des grands prophètes, prophète de l'Ogdoade, chef des prêtres de Sekhmet, scribe royal, comptable de tous les biens du temple de Khmounou, second prophète de Khnoum-Rê maître d'Hirourt et d'Hathor dame de Neferoust, Petosiris. 11 dit : rO vivants * [actuellement sur terre, et ceux qui sont encore à naître, qui viendrez vers cette montagne et verrez'*'] ce tombeau, venez, [je] ferai'*' que vous soyez instruits des volontés de Dieu f®'.
Je vous guiderai vers la voie de vie.
La bonne voie de celui qui obéit à Dieu,
heureux celui que son cœur conduit vers elle '^'. Celui dont le cœur est ferme sur la voie de Dieu,
affermie est son existence sur la terre. Celui qui a dans l'âme une grande crainte de Dieu,
grande est sa félicité sur la terre '*'.
Dieu agit comme on agit (?) ^ [à son égard (?)••• Je passai sept ans comme] \scroSvtis de Thot maître de Khmounou, faisant (Ar îrt) toutes choses excellemment dans son temple, accroissant l'importance [hr strr) de ses prêtres, magnifiant (/ir /i) ses serviteurs, remplissant (/tr mh) ses greniers d'orge et de blé, et ses magasins de toutes bonnes choses, au delà de ce qui (y) existait auparavant'®' : des hommes (venus) des pays étrangers gouvernaient (alors) l'Egypte'"*'. Je me préoccupai d'exécuter des travaux dans le
temple de Thot | [ je tendis le cordeau, je déroulai la ligne pour jeter les fondations du temple
de] Rê dans le parc [s-'U sic), car il n'était plus qu'une ruine (u)i r d'm) depuis fort longtemps (rfr hnljy Je le'"' construisis en belle pierre blanche de calcaire, complété f'^' par toute sorte de travail : ses portes
'^' La lacune en tète de chaque ligne est d'environ o m. 8o. — La ligne i est complétée d'après le début de l'inscription 81.
(^' 'k r bl dsr correspond au grec eïs tô aSurov eioTsopsvàyLsvos : cf. Décret de Menipbis [Pierre de Rosette), 1. 26.
<3' ] 3) lire : mvf.
'*' Restitué d'après l'inscription 116, 1. a.
'*' Le pronom "^ n'a pas été gravé après i — 1.
'*' Cf. Musée du Caire, Lange-Schâfer, Catalogue général, n" 9o538, II, ç^ (Sehetepibrê) ^^—''^yà^^^p,
'" Littéralement : "que son cœur le conduit vers elle» ssm s[tv) ib-fr-s. Cf. Ps. 197, 1, et voir ci-dessus, p. 38.
'*' Cf. Eccli., 1, 11-12, et voir ci-dessus, p. 38.
<°' Les mots m hkv r wn m J'A rappellent la phrase de l'inscription du Speos Arlemidos, 1. 3o-3i ( Sethe, f/riun-
den,lV,38^,.)\\^>^\^-[-i^^fy^^'^\^\'Z; '"" Littéralement : t? étaient à (m) gouverner l'Egypte 11. Pour l'emploi de m au lieu dehr, cf. ci-dessus, p. 80,
inscr. 59, 1. 9.
'"' Le texte porte ^~^; de même, inscr. 81, 1. i8, bien que le mot auquel se rapporte le suffixe soit ntr-ht.
''^' 'rk-, ici et dans toutes les phrases de ce genre, est un pseudo-participe, ayant toujours un antécédent, substantif ou pronom.
étaient en sapin'" plaqué de cuivre d'Asie; je fis qu'y séjournât Rê, le nourrisson qui réside dans l'Ile de la Flamme. — Je protégeai l'enceinte du parc (l( sic '',), pour empêcher (slw) qu'il ne fût foulé aux pieds par la populace; car de misérables gens le piétinaient; ^ [on mangeait les fruits de ses arbres, on transportait ses roseaux en tous lieux, au point qu'il y avait des troubles dans l'Egypte ('"] entière à cause de cela, car les moitiés de l'œuf étaient enterrées en ce lieu {'tm-fj, et là aussi (se trouvaient?) tous les êtres (issus de l'œuf?). — J'ai fait tout cela (n^ r ',w) pour obtenir que ma vie se prolonge dans l'allégresse, et que j'arrive à la nécropole sans (avoir éprouvé d')afllictions. Puisse ma maison subsister après que j'aurai été enterré'^' dans ce tombeau à côté de mon père, [éternellement**''].»
La traduction de quelques phrases de la ligne 2 a été disposée en «versets», pour qu'on en pût saisir plus facilement le caractère poétique, sur lequel j'ai insisté dans un des précédents chapitres*^'. Dans ce passage, j'ai cru devoir donner au mot nwd une signification différente de celle qu'on lui attribue communément : tr aller, se mouvoir, s'éloigner, vaciller »'^^. A la vérité, on pourrait traduire : rr celui dont le cœur vacille sur le chemin de Dieu, — vacillante est son existence sur la terrer; les vers 1 et 2 de la strophe s'opposeraient ainsi aux vers 3 et 4 , où des récompenses sont promises au fidèle qui garde dans son cœur la crainte de Dieu.
Cependant, si j'ai supposé pour ce mot nwd une signification qui en fait un synonyme
luiimi
de >*»««v ffdemeurer, subsister», c'est que, non seulement ce sens paraît mieux convenir au contexte général (avantages réservés à celui qui marche sur la voie de Dieu), mais que, dans deux autres inscriptions du Tombeau de Petosiris, nwd signifie certainement «subsister, être ferme», et le causatif sntcrf «faire subsister, affermir, prolonger» :
Inscr. 58, 1. 28 : «Dieu a conduit ton cœur à construire ton tombeau dans cette nécropole, jT^' — ^— — m ' ■^»-H J^ afin que ton nom subsiste sur la terre dans la bouche des hommes».
Inscr. 61,1. i 4 : «C'est un béni de Dieu celui qui tient Sa voie dans son cœur, et tel
est le terrain sur lequel tu t'es appuyé; "^^V^^ '^'^ ^^^ ^ """" T i ~*^
^^\\' il n'y a pas de voie qui puisse lui être comparée : elle pro/ong-e l'existence, multipliant les années».
Je crois donc justifiée ma traduction; il se peut d'ailleurs que nwd, dans les textes précités, soit un verbe différent de celui ou de ceux qui comportent une idée de mouvement ou d'agitation.
'•' Sur l'arbre '«, qui serait Vabies cilicica, ou sapin de Cilicie, cf. Loret, Annales du Serv. des Antiquités, XVI, p. 33.
'2' Restitué d'après l'inscription 61, I. 20, ci-après, p. 102.
'*' Pour l'expression '6/ JJt tr enterrer n, d. G kumtim. Recueil de travaux, 3Z, 1911, p. 82.
'*' A supposer une lacune finale, ceiie-ci est tout au plus de la valeur d'un cadrât.
'^' Voir ci-dessus, p. 89.
'*) Cf. Erman-Grapow, Aegypt. Handwôrterbuch , p. 78; Vogelsaxg, Kommentar zu den Klagen des Baucrn, p. 88.
Pour le commentaire des lignes 3-5, cf. inscr. 81, 1. 96, 28, 36-87, Sg-Ai, à'j-bi, 60-68.
B. — Le côté ouest de la façade primitive.
La décoration de l'ancienne façade de la chapelle, devenue partie intégrante du pronaos de Petosiris, ne le cède pas en intérêt aux trois autres parois de cette pièce. Chacun des côtés de ladite façade, à l'ouest et à l'est de la porte donnant accès à la chapelle, comprenait originairement, outre le soubassement, haut d'environ o m. 70, deux registres superposés, mesurant chacun 1 m. 60 de haut. De part et d'autre, au registre supérieur était gravé" (si l'on en juge par le côté est) un long texte religieux, tandis que, sur le registre moyen, s'étalent de pompeux discours adressés par les enfants de Petosiris à leurs parents encore en vie.
Le registre supérieur du côté ouest a complètement disparu. Seuls subsistent le registre moyen et le soubassement.
1° Registre moyen (pi. 16, haut, et pi. 17).
Petosiris et sa femme y sont représentés recevant les hommages de leurs trois filles. Vêtu de Miimaiion à bordure crénelée, chaussé de sandales, la tête couverte d'une taltiéh jaune, le bâton en main, l'anneau sacerdotal à un doigt de la main gauche, Petosiris est assis sur un siège élevé, à jambes et griffes de lion; ses pieds reposent sur une sorte d'estrade à quatre marches. Sa femme, Renpetnofrit, est assise à sa droite sur un tabouret dont on voit les quatre pieds droits, et que recouvre une étoffe aux couleurs chatoyantes''^; elle est vêtue d'un chiton et d'une tunique légère; elle a un collier doré au cou et un bracelet à chaque bras; elle tient, de la main gauche, une fleur bleue '^' qu'elle porte à ses narines, et une fleur rouge, de la main droite abandonnée sur les genoux; ses pieds reposent sur un escabeau recouvert d'un épais coussin renflé au milieu '^'•
Les trois jeunes filles, ïehen, Tehiaou et Nesnehmetâouai, sont vêtues, comme leur mère, d'une tunique blanche, légère comme un voile, qui leur couvre les épaules et tombe jusqu'aux chevilles, en dessinant le long du corps des plis serrés; l'une d'elles, dans un geste élégant, a croisé sous les seins les deux bords de ce gracieux vêtement qui, échancré au-dessus de la taille, et s'évasant au-dessous, laisse apparaître le fin chilon entre les lisérés rouges de la bordure. Elles ont des colliers et des boucles d'oreilles, où j'ai relevé des traces de dorure; l'une a des anneaux aux pieds, une autre des bracelets aux poignets. Toutes trois portent une perruque courte ceinte d'un bandeau qui projette à l'avant du
''' L'étoffe est striée de bandes jaune clair, jaune foncé, rouges, bleues.
'*' Mieux conservée sur le registre parallèle du côté est.
'^' Le coussin est divisé en trois zones dont les deux extrêmes sont vertes, celle du centre rouges.
front un bouton de fleur doré. Debout sur un socle rectangulaire, elles se tournent vers leurs parents, le bras droit tendu en signe d'hommage.
Une longue inscription de quarante lignes surmonte et encadre les personnages. Elle est gravée en caractères menus, serrés, parfois empâtés et peu soignés, surtout k la fin des lignes; la couleur a généralement disparu et des plaques de salpêtre tachent en maints endroits le mur; le texte enfin paraît être altéré en plus d'un passage, notamment aux lignes 33-89 [inscr. 58] :
a) Au-dessus de Petosiris et de sa femme :
] L'imakhou de Thot, deux fois grand, seigneur de Khmounou, dieu grand, chef des dieux'", le Grand des Cinq, maître des sièges, grand prêtre, voyant '' le Dieu dans son naos, accédant au pylône du ht-sdm ''*' avec les grands prophètes, , prophète de l'Ogdoade, chef des prêtres de Sekhmet, chef des prêtres de la troisième classe et (de ceux) de la quatrième classe, f scribe royal, comptable de tous les biens du temple de Khmounou, second prophète de Khnoum-Rê maître d'Hirourt et d'Hathor dame de Neferoust, ^ phylarque de la seconde classe sacerdotale du temple d'Hirourt (et de celui de) Neferoust, Petosiris, oie, santé, force, fds ^ du Grand des Cinq, maître des sièges, second prophète de Khnoum-Rê maître d'Hirourt et d'Hathor dame de Neferoust, phylarque de la seconde classe sacerdotale du temple j d'Hirourt (et de celui de) Neferoust, Sishou, et né de la dame Nofritrenpet, j. v.
* Sa femme, son aimée, souveraine de grâce, douce d'amour, à la parole habile'^', agréable en (ses) discours'*', de conseil utile dans ^ ses écrits'^'; tout ce qui passe («m'"') sur ses lèvres est à la ressemblance des travaux de Maât''"; femme parfaite, grande '|° de faveurs dans sa ville, tendant la main à tous, disant ce qui est bien, répétant ce qu'on aime'*', Y faisant plaisir à chacun, sur les lèvres de qui rien de mal ne passe («s'^'), grande d'amour près de '' chacun, Renpetnofrit, fdle du Grand des Cinq, maître des sièges, Peftaouneith, et née de la dame (ni(<)-pr) Sitourit.
''' Thot est appelé hrj-tp nr ntrw et nb ntrw dans d'autres textes : Boylan, Thoth, p. 188 et 1 92.
'^' ^1 est une erreur du graveur pour ^ ht-sdm (?), nom d'un lieu ou d'un temple, où résidait Thot.
•'' spd r', — variante de l'inscription 61 : ',ht r'.
>*' 1 1 , même sens que l'épithète plus fréquente 1 1. Il est d'ailleurs possible que | ait ici la valeur hrw, comme dans certains textes de Dendérah (voir Junker, Grammatik, p. 46, 1. 12; p. Ag, 1. 1 1; p. 68, 1. 1 1-1 3, etc.).
'*' Pour le mot drf {écrit ici ■==-), cf. Grifkith, Siût, pi. 6, 1. 268; Sethe, Urkunden, IV, i65, i5; Pétrie, Koptos, pi. XX, 1. 11; P1EIIL, Inscr. hiérogl, I, pi. XXXVII, 1. 5; Piehl, Aegypt. Zeilschrijt, 3 j, 1898, p. 88 D, etc. Le mot paraît signifier ^écritures, écrits ti. Cependant il est difficile de penser que Renpetnofrit «écrivaitii; on notera d'autre part qu'à l'inscription 138, 1. 1, le mot drf {trf) correspond à îs tf phrase, sentencen du passage parallèle de l'inscription de Mentouhotep.
(6) jp — variante de l'inscription 61 : )^.
'" La lecture ^ J {m','i) paraît plus certaine que i J (sw).
'*' Vieille formule de l'Ancien et du Moyen Empire : Sethe, Urkunden, I, 122, 17; i32, 16; P. S.B.A., X, 539; Lange-Schâker, Catalogue général du Musée du Caire, n" 9o538, I, 6, etc.
"' X n'a pas ici la valeur Us',, mais doit se lire ss tf passer •o : on trouve, à l'inscription 108, 1. 5, l'orthographe complète ~^ )t a .
b) Au-dessus de Tehen :
'l' Sa fiHe aînée, son aimée, Tehen, née de la dame Renpetnofrit. Elle dit :
«Père,, père, écoute ce qui est dit à ton sujet par tes concitoyens, quand ils voient ta prospérité [iht-k) : Tu es un aimé de Neper (maître?) des moissons'". Khenemet [hntnt) t'accorde [tvd n-k) que '* ta table (u-k) soit remplie à profusion chaque jour. Tu es un nimé d'Anoup maître et de Sekha''^' : ils donnent que le bétail soit nombreux et que les bêtes soient grasses dans tes écuries. Sekbet, dame de la chasse et de la pêche'", t'accorde [wd n-k) que le gibier'^' se rassemble dans les champs " devant (?) ton fdet (?)'**• L'enfant de Bouto te donne que tu sois riche en vin suivant (ton) désir '^', tandis que tu te
donnes du bon temps. Tu es riche (en) arbres resplendissants (? thn), (en) jardins pleins de fleurs '>'*
prenant du bon temps, chaque jour. On t'apporte les produits {m''w) '^ excellents de Poun(t); quand tu entreras dans (n) l'autre monde (^hrt-ntr), ta tombe (en) sera pourvue; les résines odorantes brûleront
(nw(h)-s) pour toi, (faisant) là'" leur oflice (?). Shesemou"' t'accorde [ivd n-k) (^ ), éternellement,
pour suivre les impulsions de ton cœur. Tu es riche en chanteurs (?), beaux, joyeux de visage, agréables
de voix Y comme Merit'""; ils réjouissent'"' ton cœur, quand ils , jusqu'à ce que vienne la nuit,
chaque jour. Ces choses sont rassemblées (?) pour toi, selon ton désir; et tout cela (^nn r Iw) s'est fait (?)
par l'action de (rn) Thot. Les choses utiles '|^ que tu as faites dans son temple, il te les revaudra
Il t'accordera que (ta) fonction ^ éminente reste dans ta maison; il accordera que ton nom subsiste à l'intérieur dé son temple. Et il t'accordera '° également (une bonne sépulture)"^' après la vieillesse; ta
'" npr m wllij : on attendrait npr nb wUij. Texte altéré ou incomplet.
'*' Nom d'une vache, incarnation d'Hathor : le nom complet est d'ailleurs shlt-hr ou sh',jt-hr (Sethe, Pyramidentexte, 1376; Anastasi I, U, 2; Lepsius, Denkmaler, III, 19^, la, etc.). Dans Anastasi I, cette déesse est mentionnée conjointement avec Neper et Hathor.
'" La déesse Sekhet est la protectrice de la chasse, souvent désignée par la périphrase k',t sht w le travail de Sekhetii {Swihï, , Urhunden , IV, loy, li). Sur cette déesse, cf. Béni Hasan, II, p. 28 (avec références). Dans notre texte, les deux déterminatifs du mot hb indiquent qu'il s'agit ici de la chasse aux oiseaux et de la pêche des poissons.
'*"' rs/" désigne plus particulièrement les provisions fournies par le fleuve : poissons et oiseaux aquatiques. Cf. Erman, Gespràch eines Lebensmiiden, 90 (p. 62). Le même mot ci-après, inscr. 60, 1. 35.
'^' dmd m SI hft td-k, — td pour î',dt, fdet. (L'interprétation des deux derniers mots est incertaine.)
'^' Cf. inscr. 43, ci-dessus p. 60 (oij le sufBxe est, comme ici, omis après "^ J ^ ').
''' Dans le passage que je ne traduis pas, faute de le comprendre, on trouve. le signe T qui se rencontre également ci-après, 1. 26, et qui semble représenter, au moins dans le second cas, un verbe dont le sens m'échappe.
'" Dans Ï^'^J (pour ("^ J)' — V, faut-il corriger » — V en -^ï V? — Comparer avec le texte de la ligne 33 : I \ -«»- Uw ^^ ^^ -»^ (lire ■^).
'^' Shesemou est, comme l'indique le contexte, le «dieu des parfums « plutôt que le «dieu du pressoir ^ (cf. d'ailleurs Mariette, Dendérah, IV, 33 : Ssp mdt m 'wj ssmtv tf prends le parfum des mains du dieu Shesemou n). — La phrase est incomplète, le régime de wd n-k n'étant pas exprimé. (Même omission du régime après rdj n-k, 1. 19-20, et cf. note 12.) '"" Sur Merit, mr(t), déesse de la musique, cf. Gardiner, Admonitmis , p. 69.
'"' smh-sn : le verbe aurait-il ici un sens transitif : «verser l'oubli dans ton cœur, endormir ton cœur7>? Je n'en connais pas d'exemple et préfère corriger smh-sn en shmh-sn (cf. inscr. 26 bis, 1. 1, orth. 0 V*)- '"^' Le complément de rdj n-k a été oublié : rétablir Jj l^|^ comme dans l'inscription 81, 1. 88.
maison sera occupée par tes enfants, *' le fils succédant au fils, pendant la durée de l'éternité. Quiconque passera sur le chemin <" dira : «Fidèle à son dieu jusqu'à l'état dVm«MouW. »
Ce discours et celui de Tehiaou (1. 22-80), qui fait suite, sont certainement l'un et l'autre altérés en plus d'un endroit, mais pas au point qu'on ne puisse en proposer une traduction approximative. J'ai admis que le mode employé était partout l'indicatif : ce sont des faits qui sont constatés, ce ne sont pas des souhaits qu'on formule.
Ligne i3, dd{^w) r-k : même emploi de la préposition r dans une phrase analogue («dire de, au sujet dey) à l'inscription 61, 1. 1 6 : M îmjw ivnt r-h, et 1. 3o : dd-sn r-f
in îmjw nwl-J. Cf. Sethe , Einselzung des Veziers, 1 3 ^^^->- ^ a«««a ^^ gV rr ils ne
disent pas de lui : c'est un homme r.
Le mot Jjnm signiGe vraisemblablement ici «concitoyens". Cependant, employé seul il a plutôt le sens de «citoyens» [Admonitions, S h, 8); dans Siût, pi. 9, 1. 352, pour rendre «ses concitoyens??, le scribe a écrit Ijnm n nivl-f.
Lignes i3-i/i, texte à comparer avec la fin de la ligne 36 : v^^^ 7^1^^ *t** li > — '■> A : «ta table est remplie à profusion de toutes bonnes choses par l'action de Khenemet:?.
Jiigne 16, fin, texte à comparer avec celui de la ligne 35 :
Ligne 35 (fin) f^-^iî! ^^l
Ligne 35 (début) |J l\ ^
Le mot ® ^'^^i (//((n)iD?) que je traduis par rr chanteurs», est à rapprocher peut-être de IT 11"^ de l'inscription 81"; il correspondrait à "Ij (h^jw) de la ligne 35 : le contexte, ligne 16, paraît justifier cette interprétation '^).
De même, les mots de la ligne 17, "^^^ï^f PH '^^^^^^^ probablement être comparés avec ce passage de la ligne 35 ^^| ^. Mais je ne comprends pas le sens de ce verbe nwlj.
f" Même expression, inscr. /i5, et ci-après 1. 38.
'*' Même formule, inscr. 81, 1. 99.
<»' Il paraît difficile de donner au signe ^ de la ligne 35, la valeur mjw (chat). S'agirait-il, en même temps que de chanteurs, de jongleurs ou de saltimbanques «beaux, joyeux de visage, qui se suspendent la tête en bas {shd) un jour ^^ de fêle, et dont la vue réjouit les cœursn?
Lignes 17-18, texte à comparer avec celui de l'inscription 115, 1. 6-5 :
Inscr. 58 : .«Ç,, , , ^ ^A^^ ^ — .lk= "1 Inacr. 1,5 . •^;r,-'^\Z:Z^'\l^\- ik¥*
Les deux mots „% et -*- j^|k V N«^ J sont évidemment équivalents. Faut-il les rattacher à la racine éd',1
c) Au-dessus de Tehiaou :
Y Sa fiUe puinée, son aimée, Tehiaou, née de la dame Renpelnofrit. Elle dit :
«Père, père, comme il est beau [nfr-wj-s) de marcher sur la voie de Dieu! Quiconque (?) marche sur
elle'", il passe (?) devant Lui (se. Dieu) comme '^^ quand il s'appuie (?) sur Lui(?) en tout temps <*'.
'l' Il (^sc. Dieu) a conduit ton cœur à construire ton tombeau dans cette nécropole, afin que subsiste (^nwd) ton nom sur la terre dans la bouche des hommes qui existeront pendant la durée des siècles. Tu as construit cette demeure avec joie, et tous les hommes qui '^ y ont travaillé, leur cœur était dans l'allégresse. Hâpi vient à toi pour accomplir tes désirs (r h(r)t tb-k). Akhet"'' t'accorde ses largesses, 6 aimé de tous les dieux, remplissant tes greniers, parce que (/jr) tu as fait vivre '^' les hommes. Tu suis les impulsions de ton cœur en faisant ce qu'il aime : tes bateaux '^ (amarrés) à leur port [dmj) s'empressent, quand vient le Nil, de voguer vers le nord ou vers le sud, d'après ton bon plaisir, allant (? si)(vers?) les étangs (ss), parcourant pour toi les étangs [ss) et les marais (^phwiv) '''' pour toi les endroits inaccessibles {^sll ?) en
eux. Le ciel (?) s'ouvre pour toi en son temps de l'année. '|^ Sekhet'"' t'accorde (a'(/(n)-A:) que tes taureaux procréent, que tes vaches'*' conçoivent, qu'elles mettent bas pour toi des veaux bien gras; tes troupeaux
'" Passage remanié par le graveur; au lieu de ***, faut-il lire ^ ' ou ^?
(2) -^ ;;^ probablement ss-sn : cf. ci-dessus, 1. 1 1. Le suffixe sn s'expliquerait par le caractère collectif de hr-nb ou s-nb : cf. ci-après, 1. 23-24 : s-nb hr tri kU-s{n). La suite du texte est altérée.
''' "^^ '■^"•'(i)' pseudo-participe? Cf. ci-après, inscr. 116, 1. 5. — • Dans hr-f, le suifixe/paraît se rapporter à ntr (de même que le suffixe /de m hr-f qm précède). Cf. cependant, inscr. &\, \. ili : hsj pw n ntrrdj wlt-ftn tb-fh'jtpw rhnt-n-k hr-s (suffixe féminin). Tout ce passage de l'inscription 58 ne paraît pas très sûr.
'*' La déesse Akhet('A<) apparaît dans Lieblein, Que mon nom fleurisse , XXXIII, i6 : ^0 Nil, donne-moi du pain, ô Menket, donne-moi de la bière, o Akhet, donne-moi du lait-n; de même, ibid., LXV, 2^. Dans ces deux passages, le nom est écrit ^K* "^ % J- ^ Dendérah (Mariette, Dendérah, IV, i3) se rencontre une graphie analogue à la nôtre (avec déterminalif de la vache). — Cette déesse fut vénérée en Egypte dès les temps les plus anciens : son nom entre, sous l'Ancien Empire, dans la composition de noms théophores, comme '^^'"^^^ (Sethe, Urkunden, I, i48, 7).
'*' tV Wi pour s'W*.
'*' T comme ci-dessus, p. 86, note 7.
'" La déesse shi, qualifiée, 1. i4, de déesse de la chasse, est, comme on le voit, d'une façon plus générale, une déesse des champs.
l" rnnw, cf. inscr. 45, ci-dessus, p. 64.
sont nombreux à (n) l'étable'", grâce à la science (ss'î) du prêtre de Sekbmet. Les réchauds brûlent {rkh)
pour toi y (^îm-sn) '■^' à la fête de tous les dieux. 0 aimé de tous les dieux, tu possèdes (?) toutes ces
cboses [nn r Iw) par l'action de [m) Thot ''', *" et II t'accordera des faveurs semblables après (ta) mort "'', à savoir'^' un bel embaumement du travail d'Anoup et ta sépulture Çb /tJt) dans ce tombeau ^ à l'intérieur de quatre cercueils, l'un en genévrier, l'autre en bois kl, l'autre en sycomore, l'autre '|° en pierre; et ils se trouveront dans ta maison, ce jour-là, gravés à ton nom et incrustés de toute sorte de pierres précieuses, n
Ligne 28, ssm-f ih-h r (+ infinitif) :til a conduit ton cœur à...», c'est-à-dire : «il t'a inspiré de...", formule qui revient à la ligne 3i de cette même inscription, et aussi, inscr. 59, 1. 2, et inscr. 115, 1. 2.
Lignes 28-2/1, la phrase s-nh hr irl kU-s Im-f est reprise à l'inscription 106, 1. i3 (où le suffixe se rapportant au collectif s-nb est/ et non pas s(n) comme ici).
Ligne 26, le mot dmj n'a pas ici le sens vague de «lieu, endroit», mais signifie crport» : de même, inscr. 116, 1. 8 «vous naviguerez avec un vent favorable, sans accident, et vous arriverez au port de la ville des générations (^dmj n nwt d'.mw), sans avoir éprouvé d'afflictions». Pour ce sens de dmj, cf. El Bersheh, I, pi. XIV, 1. 9; Vogelsang, Die Klagen des Bauern, B 2, io3; Bi, 826-826; Bergmann, Das Buch vom Durchwandeln der Ewigkeit, 3o (p. i3), etc.
Ligne 26, la phrase contient trois propositions construites parallèlement et reliées logiquement l'une à l'autre : tes taureaux fV ; tes vaches conçoivent ('wr); elles mettent bas des veaux. Il faut par conséquent admettre que le verbe |V indique le premier
acte d'une série d'opérations dont la conception, puis le vêlage sont la suite naturelle : la traduction rrtes taureaux saillissent (ou : procréent)», pour ims hw-k, paraît donc s'imposer. — Ce verbe ims est, à ma connaissance, un àiraf.
Ligne 29, la prophétie de Tehiaou ne s'est trouvée que partiellement réalisée. La sépulture de Petosiris ne se compose en effet que de trois cercueils : l'un est en pierre, un autre en sycomore (n/t<), presque entièrement détruit; quant au troisième, l'admirable
(" mhtm, mot rare, signlGant l'endroit où les troupeaux sont enfermés (htm), étable ou parc; il se rencontre dans Mariette, Dmdérah, III, 67 A. Grapow, Uber die Worlbildungen mit einem Prâfix m, signale également ce mot sur la stèle de Vienne, n° 66. — L'expression nprêtre de Sekhmet« [w'b n shmt) désigne au Papyrus Ebers (pi. XCIX) un médecin; elle doit signifier ici plus précisément un médecin vétérinaire.
t'" Peut-être faut-il comprendre que c'est dans ce nombreux troupeau qu'on prend les animaux destinés aux sacrifices.
t" Cette phrase est à rapprocher de celle de la ligne 17 -«^ ^" ^ -^^ •*^ ^ ^ : le sens est évidemment le même. Le mot '~p parait être une graphie erronée de *^ au sens de tf posséder, être maître de«.
''■' Littéralement : rf et il te fera la même chose après la mort??.
'^' La préposition m signifie ici tfà savoir, — scilicetn. De même, ci-après, 1. 38 : ^^^^ jj^P^j \ I A-^^ (ftu es riche en amis, à savoir quiconque vient sur le chemin -o; inscr. 56, 1. 4 : .^^J^l^^P ^L.= 'J"^'Oi (f j'étais riche en amis, à savoir tous les gens de ma villew.
Le Tombeau de Petosiris, 1" partie. **
cercueil, décoré d'incrustations en pâtes de verre imitant les pierres fines — mJi m 'Unh spé — qui est exposé au Musée du Caire, il est, croyons-nous ''\ en une espèce de pin, le pinus halepensis. Des deux essences appelées par ïel.iiaou 'wn(tj et kt, la première désignant, d'après M. Loret'^\ le genévrier, le mot jft^^'' serait donc le nom du pintis halepensis.
d) Au-dessus de Nesnehmetâouai :
Y Sa fiiie cadette, son aimée, Nesnehmetâouai, née de la dame Renpetnofrit. Elle dit :
«Père, père, écoute ce qui est dit à ton sujet'*' par tout le monde, depuis que tu marches sur la voie
de ton Dieu Thot, tant sont grands (m 'in) les bienfaits dont II t'a comblé! Il t'a enrichi'^' en toutes bonnes
choses. Il a conduit '' ton cœur à faire ce qu'il aime : c'est là l'œuvre qu'il a faite pour celui qu'il chérit '*'.
Tu bois jusqu'à l'ivresse ''", faisant ce que désire ton cœur, sans cesse, éternellement. Chacun [hr-nb ?)
t'apporte ( ) et s'emploie à réjouir (ton) cœur (?). Le vin [irt-hr") est frais (?) dans ta demeure,
et abondant (n dniv-s") comme ^|^ l'eau'*'
Je renonce à traduire les lignes SS-Sg dont le texte, fortement corrompu, est, pour moi, dans son ensemble, inintelligible. On y reconnaît, de-ci de-là, des emprunts aux deux précédents discours : un passage de la ligne 33 rappelle une pbrase de la ligne 16 (cidessus, p. 86, note 8); trois fragments des lignes 35 et 36 ont leur prototype aux lignes i4, 16 et 17 (ci-dessus, p. 87); deux autres passages des lignes 35-36 et 38 ont été expliqués, p. 87, note 3, et p. 89, note 5.
L'inscription se termine par ces mots (1. 4o) :
«Ton maître Thot a permis que ces choses (n/) t'arrivent [hpr Im-k), parce que tu t'es montré bienveillant avec tout le monde, n
2° Soubassement (pi. 19 et 22 — 2).
Le soubassement a la même largeur que le registre moyen, 2 m. 60, et il mesure 0 m. 70 de haut. 11 est orné d'un bas-relief dont la surface est légèrement usée; les cou-
'" Voir ci-dessus, p. 19.
'*' Annales du Serv. des Antiquités, XVI, p. 34.
*'' \^\ hj, ou plutôt ht, pour Id : c'est en ce bois qu'était fait l'un des cercueils d'un Apis (Chassinat, Recueil de travaux, 22, 1900, p. 166).
'*' Cf. ci-dessus, 1. i3.
'*' Lire probablement sps-n-fk nW t'a enrichir. Le verbe spsj aurait ici le sens actif tf enrichirai, qu'il a certainement dans trois autres passages de nos inscriptions : 61, 1. lU; 69, 1. 2; 81, 1. 84. — Pour k, pronom régime, voir ci-après, p. io4, inscr. 61, commentaire de la ligne 16.
**' Cf. inscr. 59, 1. 2 (p. 80, note 1) • même phrase, si ce n'est que mr-f est remplacé par mr hl-f.
'" Cf. inscr. 43, ci-dessus, p. 60.
'*' Comparer SinuheB, 82 ^^ '~~* I "T" *'" î^.
leurs qui le rehaussaient ont presque complètement disparu. Aucune inscription n'accompagne et ne commente la scène figurée, mais c'est, à n'en pas douter, une cérémonie empruntée au culte funéraire grec : une réunion autour du tombeau à l'occasion d'un sacrifice (cf. Monuments Piot, XXV, p. 211).
Fig. 11. — Le naos en bois db Musée du Caire '".
Le naos, avec sa barrière en place et les volets entr'ouverts.
Le naos, dont on a enlevé la barrière et repoussé les volets.
Sur les lécythes grecs, la tombe est représentée le plus souvent par une dalle de marbre qu'on appelle la stèle. Ici pas de stèle, mais un monument plus complexe, constitué par deux pilastres d'ordre dorique, qui reposent sur un stylobate et supportent une architrave couronnée d'une corniche. Gomme la stèle, ce monument, de pur style grec, représente le tombeau, ou, plus exactement, la façade du tombeau; mais la baie qui y donne accès est pourvue d'un système de fermeture qui n'est pas grec. Les pilastres sont en effet bordés à l'intérieur d'un encadrement dans lequel viennent prendre place, non pas les battants d'une porte, mais, en bas, un panneau plein, et, en haut, deux volets qui s'ouvrent du dehors au dedans. Quand ces volets étaient entr'ouverts (comme c'est ici le cas), on apercevait aisément de l'extérieur l'intérieur du monument, mais on ne pouvait pas y
(^) Dessin de Ahmed ElTendi Soliman, dessinateur du Musée du Caire.
pénétrer; pour en franchir le seuil, il ne fallait pas seulement repousser les volets, mais retirer en outre le panneau inférieur, mobile et formant barrière, qui devait être en bois. Ce mode de fermeture à double élément s'observe parfois en Egypte sur des objets mobiliers de grandes dimensions, et même sur de véritables édifices : je citerai, à titre d'exemples, d'une part un grand naos en bois, d'époque saïte ou ptolémaïque, absolument intact, qui est conservé au Musée du Caire (fig. ii)*^\ — et d'autre part une chapelle en pierre, renfermant la civière et le corps momifié d'un dieu crocodile, que Breccia a découverte en 1918 à Batn-Hérit, et qu'il a reconstruite dans la cour du Musée d'Alexandrie'^).
Le tombeau, figuré par ce singulier édicule, est celui de Petosiris, et les personnages qui l'entourent — un homme, deux femmes, deux enfants — appartiennent, comme il est naturel de le supposer, à la famille du défunt. L'une des femmes, figurée complètement de profil, et en qui l'on peut reconnaître la veuve de Petosiris, s'approche du monument, les bras tendus dans un geste d'hommage et d'adoration. Elle est vêtue d'une tunique longue, le "/^nwv TroSvprjs, et d'un ifiaTiov, qu'en signe de deuil elle a remonté sur sa tête. On notera que cet kimation est vert, non pas noir ou de couleur sombre : la coutume égyptienne ignorait en effet les vêtements de deuil '^'. Une autre femme, apparemment plus jeune, dont la coiffure et le visage sont purement grecs, s'accoude à une colonnette, la tête inclinée, dans l'attitude du recueillement; elle porte un chilon, qui était vert, et un himation, qui semble avoir été jaune ou rouge. Sur son épaule s'appuie, en un geste de tendre abandon, un homme dont le costume est, à vrai dire, fort indistinct'*'. 11 est permis de voir dans ce groupe une des filles de Petosiris, l'aînée peut-être, accompagnée soit de son mari, soit de Téôs, l'unique survivant de ses frères. Quant aux deux enfants, vêtus d'un simple manteau, qui se tiennent devant le tombeau, et dont le plus petit portait à la main, semble-t-il, des fleurs de lotus, ce sont vraisemblablement les fils de Téôs : sans doute, les inscriptions ne nous en font connaître qu'un, Petoukem; mais il est possible qu'un second fils soit né à Téôs, postérieurement à la rédaction de ces textes. — Dans toute
''' Gaillard-Daressy, La Faune momifiée (^Catalogue général du Musée du Caire); n" sg'^ôa, p. lai, et pi. LI; RoEDER, Naos [Catalogue général du Musée du Caire), p. iSS-iSg, et pi. 44, 67, 58.
'^' E. Breccia, Alexandrea ad jEgyptum, édition anglaise (1922), p. 284.
('' Les filles de Sishou qui, sur le mur est de la chapelle, sont représentées assistant aux funérailles de leur père, portent des robes vertes ou rouges (pi. 30). — A s'en tenir d'ailleurs aux usages grecs, on pourrait inférer de ces costumes de couleur que la période de deuil strict était passée, et que cette réunion des parents autour du tombeau avait lieu pour quelque anniversaire, mort ou naissance du défunt.
'"' J'avais cru d'abord y reconnaître un costume féminin, une tunique longue et un -rcéirXos ayant conservé des traces de coloration bleue; j'en avais conclu que le personnage était une femme [Annales du Serv. des Antiquités, XX, p. 85). Mais le type du visage est incontestablement masculin, et également la coiffure (cheveux très courts). Le costume doit donc être, lui aussi, celui d'un homme; il consiste probablement en une pièce d'étoffe qui, entourant les reins et les jambes, est rejetée ensuite sur l'épaule d'arrière en avant. L'état du bas-reliei rend malheureusement difficile toute précision à cet égard.
DESCRIPTION. — LE PRONAOS. î>3
cette scène, les gestes sont mesurés et calmes; c c'est moins la douleur qui domine qu'une sorte de respect religieux et de mélancolie résignée t'' 5?.
Le second épisode, qui donne tout son sens à la cérémonie, comporte un sacrifice sanglant, tel que le pratiquaient les Grecs — à titre tout à fait exceptionnel — en l'honneur des morts héroïsés^^\ auxquels ils rendaient ainsi un culte quasi divin. Sur notre bas-relief, la cérémonie comprend deux phases. C'est d'abord l'arrivée de la victime, un taureau — car en l'honneur des héros c'étaient des mâles qu'il était prescrit d'immoler '•**. Un homme, qui paraît nu'''' et tient un couteau dans la main gauche, maîtrise l'animal à l'aide d'une corde qui passe au-dessous des cornes et entoure le cou. Le taureau est déjà paré, à la mode grecque, d'une de ces guirlandes, faites d'une enfilade de boules de laine, qu'on appelait crTefijOcara'^'; et une jeune femme s'apprête, semble-t-il'"', à l'orner encore d'une bandelette (Tatv/a), tandis qu'un homme, qui se tient aux côtés de la victime, dépose sur la tête de celle-ci une large couronne, faite de feuillages entrelacés : no'î ye ^-itovres (ne<pccvu)(70!,VTSS i6 i^wov . . . 75, dit Lucien'^'. Ce personnage, qui a les jambes nues et porte im manteau jeté sur l'épaule, serre contre sa poitrine une coupe, qui probablement contenait l'eau dont on aspergeait, au cours du sacrifice, l'assistance et la victime.
Au second moment de la cérémonie, une femme, debout près du taureau défaillant, porte une coupe identique et dépose, elle aussi, une couronne, étroite et mince, sur la tête de l'animal aux prises avec le sacrificateur. Cet homme est certainement le même que nous avons vu tout à l'heure amenant la victime. Maintenant il est sur le point de l'immoler. Déjà il lui a fait perdre pied; les deux pattes de derrière du taureau sont repliées, dans un mouvement invraisemblable, en sens inverse l'une de l'autre; une patte d'avant est également repliée, l'autre est encore à demi dressée; mais l'animal ne touche pas absolument le sol, il est comme suspendu en l'air. Cependant, le sacrificateur, son couteau dans la main droite, renverse en arrière, de la main gauche, la tête du taureau, — ce qui est un geste contraire aux rites : en efl'et, c'est exclusivement dans les sacrifices aux dieux qu'on tendait vers le ciel la gorge des victimes (ce qu'exprimait le verbe àvepuetj;'*)), tandis que dans les sacrifices aux héros on l'abaissait vers le sol («arao-Tpe- ^ety'^'). L'artiste a donc commis une erreur d'interprétation, qui prouve qu'il n'était pas absolument familier avec les rites qu'il était chargé de représenter.
^" E. PoTTiER, Elude sur les lécijthes blancs attiques, p. 67.
•'" PiNDARE, Olympiques, I, 90; Pausanias, IV, 82, 4, et V, i3, 9; Plutarque, Aristide, S ai.
<" Pausanias, IV, 82, 3; Philostrate, Héroïques, XIX, p. 7^1.
'*' H portait probablement uq pagne.
(*' Cf. P. Perdrizet, Les terres cuites grecques d'Egypte de la collection Fouquet, p. 120, n° 323.
'6' Le relief est particulièrement usé en cet endroit, et les gestes de ce personnage sont peu distincts.
"' Sur les sacrifices ,12.
(8) Iliade, k, 459; B, 492.
'" Cf. Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, IV, p. 971, et III, p. 1 48.
9à LE TOMBEAU DE PETOSIRIS.
Le sacrifice du taureau est accompagné d'un sacrifice secondaire : celui de volatiles, qui sont ici des canards, au iieu des coqs et des poules qu'en Grèce on offrait aux morts. La femme qui les tient est vêtue d'un chùon et d'un court manteau bleu. Sa coiffure est singulière : elle est faite de petites nattes, légèrement ondulées, qui convergent vers le sommet de la tête, où elles se réunissent en un chignon extraordinairement menu. C'est le même costume, c'est la même coiffure que porte la jeune femme qui assiste à l'arrivée de la victime. Quant à celle qui couronne le taureau, elle est vêtue comme *la femme accoudée à la colonnette, et a, comme elle, des cheveux ondulés sur le front, avec des boucles qui retombent de chaque côté de son visage : on est donc tenté de l'identifier avec la fille aînée de Petosiris, et les deux autres jeunes femmes avec ses filles cadettes; toutes trois participeraient ainsi, de façon effective, au sacrifice sanglant qui est offert à leur père comme à un héros mort. De même, l'homme qui tient la couronne de feuillages entrelacés serait Téôs, l'unique survivant des fils du défunt. Seul le sacrificateur, sans doute un professionnel, paraît être étranger à la famille.
Tel est ce curieux bas-relief, où l'influence de l'art et de la civilisation helléniques est plus manifeste que partout ailleurs. Quand, devant tant de scènes empreintes de réalisme, nous pouvions nous demander si l'effort du dessinateur pour observer et reproduire avec exactitude les modèles que lui offrait lar vie courante, était dû à l'influence de l'art grec ou au progrès naturel de l'école hermopolitaine, qui témoigna de tout temps d'une si franche originalité*", ici, il n'est plus permis de douter que le décorateur n'ait complété son éducation artistique auprès de maîtres grecs : ne se contentant plus en effet d'introduire des éléments étrangers dans une composition de style égyptien, il a résolument rompu avec la tradition indigène, et a tenté, non sans succès, de traiter à la manière grecque un sujet grec.