E COTE EST DE LA FAÇADE PRIMITIVE
Il est moins incomplet que le côté ouest, car non seulement le soubassement et le registre moyen subsistent intacts, mais une bonne partie du registre supérieur nous est parvenue.
1° Registre supe'rieur (pi. 22, — i).
Ce registre occupait originairement les quatre assises supérieures du mur, c'est-à-dire qu'il mesurait approximativement i m. 60 de haut. Du fait de la disparition des deux dernières assises, il ne mesure plus que o m. 80. Nous n'avons donc que la moitié de la longue inscription de trente-cinq lignes verticales qui y était gravée [inscr. 60]; chacune
''' Cf. ci-dessus le chapitre consacré à l'Art, et notamment p. 3i. Sur les caractères de l'école hermopolitaine, voir les remarques de Maspero, Egypte (collection c Ars Unaw), p. 65-66; et cf. Blackhan, Tlie rock tombs of Meir, I, p. 16-17.
(les lignes — sauf la courte ligne 35''* — est amputée au sommet de o m. 80, et la partie subsistante est égale à la partie disparue'^'. Le texte de l'inscription 60 est ainsi réduit, en fait, à des demi-lignes; dans ces conditions, il est difficile d'en donner une traduction suivie et sûre.
L'inscription est un hymne à Ré, le soleil, fc l'âme auguste qui réside dans VakhitT, et en même temps à tous les rrgrands dieux, créateurs du ciel et de la terre ?5. Correctenient écrit, il est fortement inspiré, tant pour le fond que pour la forme, des hymnes analogues (surtout des hymnes solaires) de la littérature classique.
Le texte débute par une introduction :
] [lacutie initiale] donner des louanges à ceux qui l'accompagnent (^sc. qui accompagnent le soleil) et qui exaltent (s«(>)sw[;) sa majesté à son lever (/i/î wi[n]('')
î [lacune initiale] adresser des invocations [stsw) a ses marins, lorsqu'il («c. le soleil) se montre à la pointe du jour, pour voyager dans sa barque (?) avec un vent favorable
^ [lacune initiale] ses ennemis, — par (In) le Grand des Cinq, maître des sièges, le prophète Petosiris, H. im. — Il dit :
La phrase est construite suivant le type : infmitif+m + sujet logique.
Ligne 2,11 pour i j^ ist, les marins de la barque solaire : cf. Hymnes solaires dans Bddge, Book of ihe Dead, p. k,\. 1 1; p. y, 1. 8 etc. Dans YHymne à Amon-Rê du Caire, ils sont appelés n-j j 1 (9, 6 et 10, 2).
Plus loin, j'ai admis que, dans -=► j iT \^ , il fallait corriger ^|k en V et lire r wdu m ivj'-f. Mais on pourrait supposer aussi une confusion entre les verbes wd', et dlj, corriger et lire -=- i\^ r du-f rr^onv sa navigation, pour naviguer».
Ici commence l'hvmne :
«Salut à toi, âme auguste qui réside dans Yakhit
I [lacune initiale] adolescent plein de jeunesse, accompli, n'ayant pas son pareil; la lumière de ses yeux (bht mr{t)-f']) éclaire tout ce qui est ('?); jeune enfant resplendissant {th[n])
'" Comme le mur est en talus et que les traits de séparation des trente-quatre premières lignes sont rigoureusement verticaux, il est arrivé que le sommet du dernier trait est venu buter contre le tore qui flanque le mur, déterminant ainsi une sorte de triangle isocèle, dont la partie inférieure, moins étroite que la partie supérieure, était seule utilisable pour la gravure de la trente-cinquième ligne. C'est ainsi que cette dernière ligne, haute seulement de 0 m. 60, nous est parvenue intacte.
t^' La lacune initiale (o m. 80) est uniformément indiquée par» en tête de chaque ligne de l'inscription dans la Deuxième Partie. Ici, elle est indiquée par les mots : [lacune initiale].
(*' Ou bien hfl wh[n-J], la conjonction hjt se construisant soit avec l'inGnitif (cf. Junker, Grammatik, S 179), ainsi ligne 9, «^j^-iÎ V, soit avec un mode personnel, ainsi ligne 5 et ligne ai de la présente inscription, Iijtpsd-J et hfl n-n-f.
^ [lacune initiale] ornements, donnant la vie au monde entier quand il rayonne. C'est le faucon gemhéou qui est sur (hrj) les murailles de ïakhit
? [lacune initiale] à son lever (?), lorsqu'il a mis en mouvement (? snhp-nj) les bouches et les poitrines (?) toutes ensemble, il guide les vivants sur leurs routes
Ligne 5, le soleil a été souvent comparé au faucon gmliéw : Sethe, Pyramidentexte , 1068 d (orth. gnhsw)\ Daressy, Catalogue général du Musée du Caire, n" aBaoS (=Ebman, Aegypt. Zeitschrift, 38, 1900, p. 97), et n" aôai 1, 1. 8; Budge, Book of the Dead, chap. 177, 1. 3; Hymne à Amon-Bê du Caire, 5, 3 (passage altéré).
Cette épithète s'applique aussi à Thot, qui est appelé, à Kasr-el-Agouz, gmhsw wr (cité
par BoYLAN, Tholh,p. 199).
•• [lacune initiale] tous les pays; il n'y a point de pays qui soit privé de sa vue; faisant aller et
venir l'^' sur tous les chemins
'1° [lacune initiale] à (?) la terre pour un seul jour, se posant sur son trône d'hier, sans s'éloigner (? n (()«); c'est Khnoum qui donne ses bras, qui donne ses bras
Y [lacune initiale] la multitude sans limites, façonnant les hommes ''' et les dieux, faisant croître tous les bestiaux et les troupeaux, les serpents (^ddf[ivt])
Y [lacune initiale] il les (?) guide en elle (?); c'est le vieux'*' au soir, le jeune au matin
Y [lacune initiale] qui n'a pas son pareil, Kheprê, se produisant dans ses formes lui-même [d^-f), faisant ce qui
Y [lacune initiale] c'est [. . .] des dieux, éclairant la grande Ennéade des dieux par sa lumière; l'âme, le maître de la lumière dans les deux cieux, c'est Rê
'1^ [lacune initiale] resplendissant (?) au loin , verdissant dans le ciel , s'approchant du visage (?) au moyen de [ses] rayons (?)
Ligne 10, idée souvent exprimée, avec la même image, dans les hymnes religieux : Gardiner, Aegypt. Zeitschrift, Aa, 1906, p. ih (Hymne, I, 1) "à l'aube (tu apparais) ■<=>■ \\ à ta place d'hier**' n; Budge, J5ooA; o/fAe Z)ea(/, p. 2 (Hymne, 1. 1 3) «tous les matins il naît -il^ -=► I quand il est parvenu à sa place d'hier 75; Ma-
niETTE, Dendérah,lU, yS «-^t*^ ïr— i* P ^r^T "^"^ ^ '^ .A. fr il va à sa place d'hier sans se fatiguera.
t" La phrase qui termine la ligne 8 ^ J^J^^ I signifie peut-être qu'au matin tries hommes laventu leur corps, comme dans Dayies, The rock tombs of El Amarna, VI, pi. XXVII, 1. 4 /^'~~^f rTt'--*'
'^' sm tî» ou «m i}', expression connue : Pyramidentexte, ig^Sa; Admonitions, S 6, 12, etc.
''' Dans la Deuxième Partie, p. 33 , c'est par erreur que j'ai imprimé "7 ■ " ", au lieu de "^ 1 1 1 [rmtt) que porte le texte.
'*' Le texte porte bien, comme je l'ai indiqué, H^ (non pas P^i).
(S) Cf. Naville, Todtenbuch,chaf. i5, A II, 1. 12 ^^=^^ JS;| Xj^^X'-~"PV-
Ligne 1 1, le verbe tsj se rencontre assez souvent, à la basse dpoque, avec le sens de <r faire croître, faire lever (les céréales) 55 : Chassinat, Mammisi d'Edfou, p. 69, 1. 8 «tu es celui qui bâtis les hommes, qui formes les dieux, r*-;H^ qui fais pousser les céréales»; épithète de Ptolémée Philadelphe, à Philae »— «(|^,*, " '"^'"^T^t!!" ':'celui qui fait lever les céréales et qui multiplie les troupeaux dans les deux pays»'''; Brugsch, Thésaurus, IV, 68/i (Esnéh) rrNeith qui enfante le soleil — h— Id^ | | | -^ et qui fait croître la graine des dieux et des hommes»'^'.
Ligne 1 2, comparer : Brugsch, TAesattrws, IV, 626 D (Esnéh) H»^~-^r /3)l^^'^~^''^ ;
Brugsch, Reise nach der grossen Oase, pi. XXV, 1. 5 (Hymne de Darius) r» """^ | 3) y.J|of.
Ligne i3, nJcj hr hw-f : cf. The roclc tombs of El Amarna, VI, pi. XXVII, 1. 8 (hymne). VHymne à Amon-Rê du Caire, 1, 5 et Y Hymne d'Horus et Seth, 1. 3 (Recueil de travaux, 1, 1870, p. 70) expriment la même idée par la formule w hr hw-f^^K
'1^ [lacune initiale] tous les serpents dans leurs trous. C'est i'unique qui fait sa couleur, qui façonne ses chairs; il n'y a pas de dieu qui apporte (?), à [sa] façon (?)
y [lacune initiale] grande est sa suavité au cœur de qui voit sa beauté; myrionyme, au nom caché, unique en
'1' [lacune initiale] les temples des dieux; il conduit'*' ceux qui y résident, comme le Roi (conduit) ses courtisans
'1' [lacune initiale] les dieux, ils exultent, (car) il leur est gracieux à tous. Il est le souverain de Thèbes, le chef d'Héliopolis , le roi (?</')
Ligne 1 6, pour les serpents, cf. Daressy, Catalogue ge!ne'ral du Musée du Caire, n" 26206 (=Erman, Aegypt. Zeitschrift, 38, 1900, p. 20) «il réveille les hommes sur leurs lits
I ^^ f^l p|l '^' et les serpents dans leurs trous». Les serpents sont encore
mentionnés dans plusieurs hymnes : The rock tombs of El Amarna, VI, pi. XXVII, 1. 4; IV, pi. IV, 1. 3; Hymne à Amon-Rê du Caire, 6,6; Na ville, Todtenbuch, chap. 1 5, A IV, 1. 10;
f" C'est à M. GolénischelT que je dois cette référence. M. Goléniscbeff me signale en outre le même mot tsj dans GRiFFiTH,6'iùi,pl. 15, 1. 9 =^211^^1^15^"^^ (fcomme j'étais riche en grains et que la terre était en train de pousser (des moissons) n.
'^' Comparer tous les noms ihéophores du type : tsj + nom d'une déesse -\- prt , par exemple îs-st-prt tf Isis qui fait lever les graines r.
(^' Sur le sens de cette expression, cf. Dévaod, Recueil de travaux, 38, 1916, p. 198. — El voir ci-après notre inscription 115, 1. 2.
'*' ssm paraît bien être ici un verbe; le déterminatif J n'a donc pas sa raison d'être.
t*' Erman remarque : micht b'bl, was man erwarten wûrde». C'est précisément ce mot, sous la forme féminine J J rn 5 qui est employé dans notre Hymne.
Le Tombeau de Petoiiris , i" partie. '"
Hymne à Khnoum d'Esriéh, Brugscii, Thésaurus, IV, 62 5, 7 (=Daressy, Recueil de travaux, si-j, 1906, p. 86, 1. 38)"'.
L'expression nb lyw est dans VHymne d'Horus et Selh, 1. 3. Le même hymne fait allusion à la couleur {iwn) du soleil, 1. h, mais la phrase est toute différente.
Ligne 1 7, au sujet des noms du Créateur, cf. Hymne à Amon-Rê du Caire, 9,3
ftMHliiii I
Ligne 19, || hh' hvniv : le nom d'Héliopolis est écrit tantôt | , inscr. 53, 1. 1; 68, 1. 16; 80, 1. 90 et 9^, tantôt | , ici et inscr. 138, 1. k. On a pu remarquer la tendance de notre scribe à ajouter la désinence féminine • aux noms masculins de lieux, qu'il s'agisse de noms communs comme I (bw"), I Ir (%)î ou de noms propres comme ^l H«.), f • J (ibw), ^^\^^{Mw) etc.
Le mot I jlJ/îl est employé pour désigner Rê dans un Hymne du Rook of the Dead, p. 2, 1. 8 (cf. p. 12 itj ntrw n6); le même mot désigne Osiris, dans un hymne tracé sur un ostracon du Caire, Dabessy, Catalogue gênerai du Musée du Caire, n° 25212, 1. 2.
Y [lacune initiale] auguste, dieu qui se lève des eaux sur la hauteur de Khmounou. Il donne la lumière, après qu'il est sorti
Il y a toujours eu, comme on sait, d'étroites relations entre la théologie d'Héliopolis et celle d'Hermopolis; il semble même qu'un des actes essentiels de la Création, suivant la légende héliopolitaine, avait eu lieu à Khmounou-Hermopolis : c'est là, rf sur la hauteur de Khmounou :5, que Rê avait pris naissance, si l'on s'en rapporte à une glose du chapitre 17 du Livre des Morts (Grapow, Urkunden, V, 6, 17) : savant que Shou n'eût séparé le ciel de
la terre I V*^ — jK. jK. jl""'^^ 1 ^^--* F® (^^) ^^^^^ ^"^ ^^ colline de celui qui se trouve dans Khmounou (Thot):^. Et ensuite [ibid., V, 7, 1) : ^on lui donna (au Soleil)
les enfants de bdst (c'est-à-dire : ses ennemis) ■* i^ jK. jB'"'*^n T A^^~ ~* 1^® sur la colline de celui qui est dans Khmounou (Thot)».
L'Hymne de Darius, à El-Khargéh, fait également naître Amon sur la colline d'Hermopolis (Brugsch, Reise nach der grossen Oase, pi. XXVI, 1. 2 2-2 3) : | "^^ Jf^ ;^j^O-'== ^^k 1 1 I ^"■"^ -S», «ta place d'avant Rê sur la colline d'Ounou ».
C'est par cette légende sans doute qu'il faut expliquer l'allusion à l'œuf enterré dans le
«H a créé ^^)J]J^ ' V J J r^ ""^ '^^ serpents dans leurs trous. -^
parc, dont il a été question à l'inscription 62, 1. 5 (ci-dessus, p. 83), et sur laquelle je reviendrai à l'occasion du commentaire de l'inscription 81 '"'.
Y [lacune initiale] millions, alors que rien n'existait; tout ce qui est arrivé (à l'existence) est arrivé après qu'il fut arrivé; tout ce qui est (a été) après qu'il fut
On trouve des formules analogues dans le rr Livre de détruire Apôpi» : Budge, Effypttan Hieraiic Pa^ri, p. .5,etpl. XIV, 1. .3 : %Zl:^MT]â'\'':'Z.'iZ.%
r celui dont les formes sont nombreuses naquit au début, alors qu'aucun autre être n'existait encore sur cette terre. Je créai tous les êtres, lorsque j'étais seul et qu'aucun autre être n'existait encore-. — De même, ibid. p. 21, et pi. XII, 1. 21-29 : » <=.^.m«-a 1
S^S^i^^^^l^^ik®^^^ J «quand je fus né, tous les êtres naquirent; tous les êtres naquirent après que je fus né».
Comparer également : Brugsch, Thésaurus, IV, 684 (Esnéh) : 2%| n^Kl
If @iA.»~^^ Vwr -=»^=-*-^ ■ rrla mère de Rê, la créatrice d'Atoum, qui existait quand rien n'existait encore, et qui créa ce qui est, après qu'elle-même futr.
Cette formule enfin fait songer au passage de ÏEvangile selon S. Jean, 1, 3 : TrdvTOt, Si' aÙTOv èyévsTO xai "/wpU aÙToO èyévero oùSè êv ô yéyovev.
Y [lacune initiale] seigneur universel'^'; ils ont donné des acclamations à son ka, tous, et des louanges, des louanges dans
' [lacune initiale] prosternements, prosternements devant leurs maîtres [de la part de?] tous les hommes'*'. Quand il se manifeste au matin, croissent (?)
'1 [lacune initiale] les dieux qui sont dans le ciel l'accompagnent; quand ses rayons'*' brillent, ils cachent
Y [lacune initiale] leurs chemins, pas un seul qui déploie ses ailes; lorsqu'il se montre ouvrant son visage (?), c'est l'âme'*'
'l® [lacune initiale] Khmounou. La lune'*', à sa naissance, c'est l'âme de Rê, son corps même; le mois qui monte (A/?) sous sa direction (?), tout entier
Y [lacune initiale] à (?) Rê, maître de la lumière, devant celui qui est privé de chaleur; guidant
le ciel
'•' Cf. G. Lefebvre, Annales du Serv. des Antiquités, XXIII, p. 65.
'^' [^] ^ I Jî c'est un titre d'Amon, identifié au Soleil; par exemple, Sethe, Urkunden, IV, 48, 9.
'" Dans la lacune qui équivaut à un cadrât, restituer peut-être ' , particule introduisant un sujet qui serait Irt nbt ff tout œil-n, c'est-à-dire fftout hommen.
'*' M'^^-fi'i'e même mot dans Naville, To^/^enèuc/», chap. 1 5, B II, 1. 20 (mais voir à ce sujet la remarque d'ERMA», Aegypt. Zeilschrift, 38, 1900, p. 28). La forme ordinaire du mot est ^J^'^iî-
'*' Il y aurait transposition des deux signes ^ et < — , et il faudrait lire wp hr-f b', pw (?).
'*' Le signe ^-' a bien, sur l'original, la forme que j'ai reproduite.
'l* [lacune imttale] ce n'est pas lui qui est sur le chemin des heures comme les étoiles'", (et cependant?) il connaît les chemins et la route à l'intérieur de
Y [lacune initiale] les matins (?), à la vue de sa beauté; il dirige le ciel, la terre, la Douât^^^ par l'excellence de ses desseins '"
'i° [lacune initiale] . . . elle (?) pare Rê de ses ornements, lorsqu'il apparaît à l'aurore '*', voyageant sur le chemin
'l' [lacune initiale] guidant les dieux de la terre (/î) et du ciel. 0 grands dieux, créateurs du ciel et de la terre, dont les visages s'ouvrent (?), quand est vu (?)
'l' [lacune initiale] le Grand des Cinq, maître des sièges, le prophète Petosiris, n. im,, à qui les êtres apportent (6s) la déesse Maât, et qui vit de tout (n6) ce qui est en elle; il protège (?)
" [lacune initiale] adorant (?)[•••] quand il adore (?) sa '*' beauté; il a détruit celui qui combattait (?), il a massacré
Y [lacune initiale] suivant leurs désirs. Donnez '*'-lui des années nombreuses et heureuses; donnez-lui toute sorte d'aliments [hw), du gibier et de la pêche''* en quantité, ^|^ de nombreux poissons et oiseaux de rivière '", et tous les moyens de subsister qui sont sur la terre des vivants.
2° Registre moyen (pi. 16, bas, et pi. 18).
Scène parallèle à celle qui est sculptée sur le registre moyen du côté ouest. Petosiris et sa femme sont représentés assis et recevant l'hommage de leurs descendants mâles, Téôs, l'unique survivant de leurs fils, et Petoukem, fils de Téôs : tous deux, vêtus de Vhimation à bordure crénelée, nu-pieds et coiffés d'une tahtéh jaune, se tiennent debout, le bras gauche ramené sur la poitrine, le bras droit tendu vers leurs parents. — L'inscription, qui comporte quarante et une lignes, comprend trois parties [inscr. 61] :
a) Au-dessus de Petosiris et de sa femme :
J Uimakhoude Thot,,deux fois grand, seigneur de Khmounou, dieu grand, maître des hiéroglyphes'", le Grand des Cinq, maître des sièges, grand prêtre, pénétrant ' dans Yadyton, exerçant ses fonctions (sacerdotales) en compagnie des grands prophètes, prophète de l'Ogdoade, ^ chef des prêtres de Sekhmet, chef des prêtres de la troisième classe et (de ceux) de la quatrième classe, scribe royal, comptable de tous
''' Compléter ihmw en ihmw-wrd ou ihmw-sk.
'*' Cf. Naville, Todlenbuch, chap. 182 (A. f), 1. 10.
''' Lire m mnht shrw-f.
'"' ^ ^ "^ (Rw paraît désigner le crépuscule du malin et celui du soir; ici, il ne peut s'agir que du premier, c'est-à-dire de l'aurore.
'*' Le suffixe -— paraît se rapporter à Maât {m',H). Il est à remarquer que ce signe -— sert à la fois de suffixe à nfrm-s et de préfixe à shtm : cf. inscr. 81, 1. 45.
'*' L'invocation paraît s'adresser aux «grands dieux n de la ligne 3i.
'" Le double déterminalif indique quel est ici le sens de dflœ.
'*' Pour le sens de rsf, voir ci-dessus, p. 86, note i, inscr. 58, 1. 1 4.
'"' nb mdw-ntr, épilhète de Thot, qui apparaît dès la XVIII' dynastie, et devient surtout fréquente à la basse époque : cf. Bovla», Thoth, p. 188.
les biens du temple | de [Klimoujnou, second prophète de Khnoum-Rô maître d'Hirourt et d'Halhor dame de Neferoust, phylarque de la seconde classe sacerdotale du temple ^ d'Hirourt (et de celui de) Neferoust, Petosiris, fds du Grand des Cinq, maître des sièges, second prophète de Khnoum-Ré maître d'Hirourt ^ et d'Hathor dame de Neferoust, phylarque de la seconde classe sacerdotale du temple d'Hirourt (et de celui de) Neferoust, Sishou, j. v., J et né de la dame, musicienne''' de Nehmetâouai, Nofritrenpet, j. v. * Sa femme, son aimée, souveraine de grâce, douce d'amour, à la parole profitable, agréable en (ses) discours, de conseil utile dans » ses écrits; tout ce qui passe (^si) sur ses lèvres est à la ressemblance des travaux de Maât; femme parfaite, grande de faveurs '|° dans sa ville, tendant la main à tous, disant ce qui est bien, répétant ce qu'on aime, faisant plaisir à Y chacun, sur les lèvres de qui rien de mal ne passe («s), grande d'amour près de " chacun, Renpetnofrit, fille du Grand des Cinq, maître des sièges, Peftaouneith , et née de la dame (nh{C)-pr) Sitourit.
Pour les lignes 8-10, comparer avec la version parallèle de l'inscription 58, ci-dessus,
h) Au-dessus de Téôs :
'1^ Son fils aîné, son aimé, le Grand des Cinq, maître des sièges, Téôs, né de la dame Renpetnofrit. Il dit : «Que ton cœur se réjouisse de tout le bien (qui t'est advenu) depuis que tu marches sur les eaux de ton maître Thotî Ton être {irw-k) est exalté à cause de ^ cela : ce sont les eaux de la vie vers lesquelles s'est guidé ton cœur'"^'. C'est un béni de Dieu celui qui s'applique à suivre Sa voie'", et tel est le terrain sur lequel tu t'es appuyé. Il n'y a pas de voie qui puisse être comparée à celle-là : elle prolonge (snWs''') l'existence, multipliant les années'^', enrichissant l'homme, '|^ alors qu'il était pauvre. (Dieu) t'a fait grand au-dessus de tous tes pairs, depuis que tu marches sur Ses eaux et qu'il a pris possession (?) de ton âme. Il a fait que les puissants t'accordent leurs faveurs et que les humbles te donnent leur amour '*'. '1* Tout ce que tu dis est parfait'^'; ton coeur est juste comme (celui du) Maître de Khmounou'*': tu n'es
(•) 1 1 I ^ au lieu de ihjt, par aphérèse de I (même phénomène dans rrt pour Irrt r raisins» à l'inscription 43, et dans hwij pour tkwtj aux inscriptions 47, 49, 51). Le mot signifie proprement ffjoueuse de sistre ou de crotalesn; mais peut-être équivaut-il simplement, à cette époque, à ff prêtresse -.
(2) sim «(a) \b-k r-s : celle traduction a l'avantage de respecter le texte. Comparer d'ailleurs inscr. 62, 1. 2, ci-dessus, p. 82, note 7.
(" Littéralement : rcelui qui tient sa voie {se. la voie de Dieu) dans son cœurr. Cf. 1. 28.
'*' Pour ce mot, voir au commentaire de l'inscriplion 62, 1. 9, ci-dessus, p. 83.
'*' Cf. l'épilhète de Thot ^T^^ ^{{{ " agrandissant le temps {'h'w), multipliant les années», Rochehom- TEix, Edfou, I, 27.
'«' Liltéraiement : tfil a fait que tes faveurs {se. les faveurs qui te sont accordées) soient dans les cœurs des puissants {s'fiw), et ton amour {se. l'amour qui t'est témoigné) dans les cœurs des humbles {ndt). Cf. 1. 3o. — La même idée, exprimée de façon un peu différente, sur une stèle de l'Ancien Empire du Musée du Caire, n''i759(SETHE, Urkunden, I, i5i, 11) : [^I^ ^X^lIIi ^ .^.1 î IT^'S^P'^ !' et encore, à la XVIII» dynastie, au tombeau d'Inni {Siiae , Urkunden , W , 64, 11-12) : ^ ^ H^^ J^[<^/!l'] ^"?l)^<^Hi^• (" dd-k nb mnh littéralement : tf tout ton parler est parfait».
W Cf. Lange-Schïfer, Catalogue général du Musée du Caire, n" 2o538, I, 4-5 - ] ];^2 3^ J réquilable et juste à l'égal de Thot».
i02 LE TOMBEAU DE PETOSIRIS.
pas repoussé par les dieux; les habitants d'Ount te rendent hommage quand ils (te) voient, comme on rend hommage au dieu grand (?) lorsqu'il apparaît'"; les habitants d'Ount disent de toi, quand lu es devant eux (?) : '( «c'est un chef-d'œuvre du Maître de Kbmounou»; tu es un notable de ta ville; tu es grand parmi les tiens'*'; tu possèdes de nombreuses maisons (^wsh[t^ prw); tu es riche en champs, et tes troupeaux sont innombrables '".
Tu as travaillé Çir-k kll) pour ton maître Thot, et son cœur se complaît en cela. '|* Tu as construit le temple de Rê dans le parc (^-'i<sic) en belle pierre blanche de calcaire, complété par toute sorte de travail : ses portes sont en sapin ÇH) plaqué de cuivre d'Asie; tu fis que séjournât en lui Rê, le nourrisson qui réside dans l'Ile de la Flamme. Tu '' protégeas l'enceinte du parc (s-'l), pour empêcher (^)'''' qu'il ne fût foulé aux pieds par la populace : c'est le lieu où est né Rè, au début du monde (m sp Ipj), quand la terre était encore entourée du Noun, c'est la maison du berceau de tous les dieux qui ont commencé d'être depuis Rê, car " c'est en cet endroit (îw/) que tout être est né. Tu y mis de l'ordre*"', alors que des misérables [hsjw) le piétinaient, qu'on mangeait les fruits de ses arbres, qu'on transportait ses roseaux en tous lieux, au point qu'il y avait des troubles dans toute l'Egypte (<5 dr-f) à cause de cela. — Tu construisis le sanctuaire des déesses {ntrw-hmwl''^^) " à l'intérieur du temple de Khmounou'^', ayant trouvé ((/r gm-k'j leur sanctuaire en état de vétusté; de sorte qu'elles séjournent (maintenant) dans le temple " de Thot maître de Khmounou : c'est le «pavillon des déesses», comme on l'appelle conformément '|^ au livre sacré; la façade en est tournée vers l'Orient, par-devant le sanctuaire de la vache Aht [Uil). — Tu construisis '' également le sanctuaire de Nehmetâouai, à la façon (? m ir) (de celui) d'Ounout, le sanctuaire d'Hathor, dame du sycomore du sud, " et également (celui de) Nehmetâouai, mère royale '*'. Tu les construisis en belle pierre blanche de calcaire, complétés (qu'ils furent)'" '^ par toute sorte de travail : les portes sont en bon sapin des forêts du Liban (^hntj-s); tu fis que ces déesses '|' y séjournassent. — Qu'elles fassent que ta vie se prolonge éternellement, et que tu arrives à cette nécropole sans (avoir éprouvé d')afflictions!»
Ligne i3, îb-k l/'-w : ce iv (m ) est assez embarrassant; mais la difliculté disparaîtrait en transformant ib-k en ib nb v tous les cœurs se réjouissent, tout le monde se réjouit». g^^ est la forme sous laquelle se présente presque partout, dans nos textes, le verbe tnj rr élever, exalter — distinguer — séparen? (actif et passif); cependant, on trouve une fois n^ ' inscr. 1^0, 1. 5; noter aussi la graphie de Tinscription 82, 1. 76,
{V [\^, qui marque en quelque sorte ia transition entre les deux formes.
'" Cette phrase rappelle celle de l'inscription du roi Ahmès (de Karnak), Sethe, Urkunden, IV, 19, 6-9. '*' Jîi» !!► ^!^ P""'" it ^ "^^ wndw{î)-k ffta famille, tes parents».
(3; cf.5muA.B,84 1^ 1. :^ « ;!!!!ï! !!!!!!!!!- ifrî •
'*' Pour la valeur du signe ^%^, voir à l'inscription 81 , 1. 61 , ci-après.
'*' Le verbe dsr paraît avoir ici son sens assez fréquent de tf mettre en ordre, rendre libre», — autrement dit : «lu débarrassas le parc des hsjw qui le dévastaient».
'*' Voir ci-dessus, p. 80, inscr. 59,' l. 4.
'" C'est-à-dire : dans l'enceinte, le péribole du temple de Thot.
'" Traduction très incertaine, et qui ne me satisfait pas plus que celle que j'ai proposée dans Annales du Serv.des Antiquités, XXI, p. 9 33.
'^' 'rk, ici, ainsi qu'aux lignes 18 et Sa, est un pseudo-participe : cf. inscr. 62, l. 4, ci-dessus, p. 82 , note 12.
Ligne 16, les expressions a>--a ^ J et a-«-a a-~wa M de la présente inscription sont
synonymes de ^t^:"^ J et iî^^-^^ de l'inscription 62. Dans la suite d'ailleurs, le
scribe entremêle les termes ^"^ et iji. On trouve dans un texte ptolëmaïque de Goptos
l'emploi combiné des deux expressions 'lîdbf ^^^ "^ j^^Z^^^ (Pétrie, Koptos, pl.XX,l. i5). ^^i^M^ ^= lA^.-..
Ligne 1^, ,11 mot rare, qui se rencontre dans un texte du sarcophage d'Ounnefer, sous la forme ^ ,M"^ (Piehl, Inscr. hiérogl, I, pi. XXXVIJ, 1. A).
Lignes i4-i5, sps s iwf m nmh «enrichissant un homme, alors qu'il est pauvre», ou «exaltant l'homme qui était humble, de basse condition'*'». Le verbe spéj est employé ici au sens actif «enrichir, exalter» : cf. ci-dessus, inscr. 58, 1. 3i, p. 90, note 5.
Ligne i5, I V U "^ — ^ V, — 1 "^ ' frétant donné que son ka a pris possession (?) de ton cœur». Le sens général est assez certain, mais on ne voit pas clairement ce que représente ^ V— i'^'. La conjecture la plus vraisemblable est sans doute que, par inadvertance, le graveur a transformé en — •*— le f"^ initial de ^ V- J «remporter la victoire (sur ton cœur hr ih-k)v.
Le pronom régime de la 2* personne masc. sing. se présente, dans cette partie de l'inscription 61, sous deux formes remarquables : ligne i5 '^^*v-^1'^p^ «il te fait grand», et 1. 16 *i"^^fVk % ^^ "les habitants d'Ount t'adorent».
En ce qui concerne la première, j'avais émis l'hypothèse'^' que T"^^ était une forme abrégée de l'expression I 1''^^ 4"i se rencontre à la ligne i3, où elle signifie «ton être, ta personne»'*'. Mais, à la réflexion, il me paraît plus probable que f a ici la valeur
fro(to< avec chute du < final) et que, par conséquent, J'^'^ doit se lire twk : ce serait donc une graphie nouvelle du pronom régime qui, à l'inscription 82, 1. 85 et 88, est écrit , ^V'^^, et, dans les textes de Dendérah, (Junker, Grammatik, S 62). Nous
avons déjà rencontré, à l'inscription 50 (7), un pronom suffixe de la 3* personne masc. sing. 1^ <ii^, et nous trouverons ci-après (inscr. 80) un sît^a;e de lai "personne .^^ „' ^ /t»(y), qui paraît être de même formation'^'.
'•' Pour le sens de nmh, cf. Gcnn, The Journal o/Egypt. Archœohgy, III, p. 83, note 3. '*' Il ne semble pas qu'il s'agisse ici de sht rr prendre au filet, jeter le filet surn, ni de shj fffrapperr. '" Annales du Serv. des Antiquités, XXII, p. ±lih.
'*' I représente certainement mv (mais avec le sens de tf fonctions ^i) à l'inscription 62, 1. 1, ci-dessus, p. 82. '^' Cette double constatation permettrait, si besoin, d'écarter Ihypolhèse qui ferait de J'— ^ une combinaison de -^ avec le pronom absolu ^ J twt.
Quant à la phrase de la ligne 16 *i'^^fV\ ^^^ le parallélisme du texte de la ligne 3o (Id-sn r-f in imjw nwt-f nous oblige à voir dans les mots fV m -^ le sujet du verbe *j : il en résulte que '^•^ est employé ici comme pronom régime, complément de ce verbe. On pourrait se demander si le signe I n'est pas tombé devant ^^^^ et si nous n'avons pas affaire en réalité avec le pronom régime twk dont il vient d'être question. Cette conjecture serait admissible si l'emploi de -^pn comme complément d'une forme verbale personnelle se rencontrait exclusivement dans l'inscription 61. Mais, en fait, l'inscription 69 présente, comme nous le verrons, cinq exemples certains de cet emplor(lignes 2 et 3) et l'inscription 152, 1. 5, en fournit un autre ''^. Le suffixe de la 2" personne -^pti joue donc bien le rôle de pronom régime : je ne connais par ailleurs aucun exemple de cet emploi, qui paraît être tout à fait spécial à la grammaire des textes du Tombeau de Petosiris^-l
Pour le commentaire des lignes 18-27, cf. inscription 81, lignes ^y-Bi, 60-68, 62- 56, 56-6o.
c) Au-dessus de Petoukem :
'* Le fils aîné de son fiis aîné, le Grand des Cinq, maître des sièges, Petoukem. Il dit : IX II est utile de marcher sur la voie de Dieu'''.
Grands sont les avantages réservés (*' à celui qui s'applique à la suivre'*'.
C'est un monument qu'il s'élève à lui-même sur la terre '*', celui qui s'attache à suivre la voie de Dieu '^'. Celui qui se tient (?) sur la voie de Dieu, il passe toute sa vie '\ dans la joie, comblé de richesses plus que tous ses pairs'*';
il vieillit dans sa ville''';
il est un imakhou de son nome:
tous ses membres sont jeunes comme (ceux) d'un enfant'"";
W '^~^0|'1J5^ ff quelle te cache Mp-s k comme le Dieu qui est en ellen. — Probablement aussi inscr. 58, 1. 3i (èpé-n-f k «il t'a enrichi -n; cf. ci-dessus, p. 90, note 5).
'^' Le pronom sulExe ^ est lui aussi employé une fois comme régime, inscr. 50 (7), I. 2, ci-dessus, p. 76, note 2 : il est vrai qu'il est facile de supposer l'oubli de e devant "^k.
'*' Cf. Ps. 127, 1, et voir ci-dessus, p. 38.
'*' Littéralement : «sont grandes les choses qui arrivent à {^hpr m) celui qui la tient [se. la voie de Dieu) dans son cœufT». Cf. l. ilt.
'*' Cf. Ps. 127, 2, et voir ci-dessus, p. 89.
'*' Littéralement : irc'est son monument sur la terre, (de) celui qui la tient [se. la voie de Dieu) dans son cœum.
'" Cf. Ps. 127, li, et voir ci-dessus, p. 89.
'*' Cf. Prov., 10, 22; Ps. 111, 3; Ps. 127, 5, et voir ci-dessus, p. 89.
''■" Cf. Eccli., 1, 11-12, et voir ci-dessus, p. 89.
(10) Qf pg jQ2^ 5^ gj yjjjj. ci-Jessus, p. 89.
ses enfants sont devant lui nombreux et (considérés) comme les premiers de leur ville''';
ie fils succède au fils [se. ses fils se succèdent de génération en génération);
il apparaît tel que '" le disque solaire à son lever''';
sa crainte est dans les cœurs des hommes et son amour dans les cœurs des femmes'";
il parvient à la nécropole en allégresse, dans le bel embaumement du travail d'Anoup'*';
et les enfants de ses enfants (demeurent) en sa place'".
Ils disent de lui, les habitants |' de sa ville, quand il passe à la vie («c. quand il meurt) : «C'est un fidèle du maître de l'Amentit, qui n'a commis aucune faute envers Dieu».
Tu as marché sur la voie de ton maître Thot; après avoir permis que ces faveurs t'advinssent '" sur terre, il te gratifiera de faveurs semblables après (ta) mort'^'.
Tu as passé {i-dj-n-h) sept ans comme "keacivrjs ^^ de Thot, sans qu'on trouvât de faute à te reprocher'". Tu as fait [rdj-n-k) toutes choses excellemment dans son temple. Ayant trouvé le mur du temple de Khmounou éboulé, tu le reconstruisis en briques, complété par toute sorte de travail, pour réjouir le cœur de ta maîtresse Nehmetâouai à la vue ^|' de ton œuvre (n m" klt-k), éternellement. Tu as fait de même pour le temple de Khnoum-Rê, maître d'Hirourt. — Lorsque tu étais (m wn-k) devant cette déesse, Heket, dame d'Hirourt, en sa belle fête du quatrième mois de la saison shemou, alors que tu étais Xeaûvrts de Thot, elle arriva à un endroit qui est situé au nord de ''' cette ville, au «temple de Heket», comme on l'appelle communément (m ri r r',) : il était en, ruine depuis un temps immémorial (rfr hntj), l'eau l'emportait chaque année, et il n'y avait plus en lui ni brique ni pierre; il ressemblait à (un monument) dont on n'aurait jamais creusé les fondations, et le sanctuaire (?) ressemblait à ^ un marais [mthl) en pleins champs; il n'y avait plus rien en lui, si ce n'est des herbes : les bateaux y voguaient, montant et descendant, à la saison où vient le Nil; et, pendant la saison shemou, on y installait une aire'*' sur laquelle les bestiaux foulaient (la récolte). ' Voici que cette déesse se leva dans ce lieu, et tu te préoccupas dans ton cœur d'y faire des monuments '7 pour le mieux. Tu appelas le scribe qui était dans ce temple; tu (lui) donnas de l'argent sans '|' compter, pour y élever des monuments, — en ce jour. Tu l'entouras (le temple) au moyen d'une grande construction [vcnlj), '' pour empêcher que l'eau ne l'emportât; tu donnas des briques pour construire ses ""' murs. Y Tu consultas tous les savants à propos de l'organisation des cérémonies, quand cette déesse se dirigea vers lui [se. vers le temple) et qu'elle |' y séjourna. — Tu as fait ces choses [rdj-n-k nj) pour réjouir le cœur de cette déesse et pour exalter ton nom dans son temple.»
'" Cf. P«. 197, 3; Ps. 1 1 1, 2, et voir ci-dessus, p. 89.
'^' Pour ridée, comparer : Erman, Sphinxstele [Sitzungsberichte der kôn. Pretus. Akad., igoi, p. 628), 1. 4; Sethe, Urkunden, IV, 61 5, 1-2.
'" C'est-à-dire : ia crainte qu'il fait éprouver, — l'amour qui lui est témoigné. Cf. 1. i5.
'*' Cf. Eccli., 1, i3, et voir ci-dessus, p. 89.
'" Cf. P«. 111, 2, et voir ci-dessus, p. 89.
'" Littéralement : «que ces choses (nj) t'advinssent {hpr lm-k)-n. Pour nj, ici et à la ligne 4i, cf. inscr. 51, p. 81.
'" Ici encore, j'ai disposé en versets la traduction des lignes 28-81, pour en rendre plus sensible le caractère poétique. Comparer avec l'inscription 62, p. 82.
'" Littéralement : «ta fautes [wn-k).
'*' *\' paraît correspondre au mot classique ^ ^ 7" ^5* i'^^' ^^^«'<^'"'' 12, i3). Ce mot est masculin, et c'est donc à lui, tout naturellement, que se rapporte le suffixe « — de JJ.
l'o) « — pour — (suflixe se rapportant à ht-ntr); de même, 1. 4i, W^ — est à corriger en ^ ^-^•
Le Tombeau de Petosirie, 1" partie. **
Ligne 3o, pour la construction de la phrase dd-sn r-fln Imjw nwl-f, où le sujet, d'abord exprimé de façon vague par le suffixe sn, est repris, précisé, et introduit par m (In imjw nwtf), cf. ci-dessus, p. 77, inscr. 52(3), 1. 3. — Noter que dd-sn pourrait être remplacé par une forme passive, — forme passive qu'on trouve précisément dans la phrase de l'inscription 58, 1. i3 (p. 86) : sdm dd{-w) r-k in hnm-k rrécoute ce qui esl dit de toi par tes concitoyens:;.
Ligne 3i, su j>u)'**^T «quand il passe à la vie::. Comme dans l'expression nb'nk
« sarcophage ::''\ le mot ■¥■ désigne ici la vie de l'au delà; l'expression ir passer à la vie», au sens de «mourir-, est d'ailleurs bien connue : Bergmann, Hierogl. Inschr., pi. VI, 1. 19 (= Wbeszinski, p. 87, et note p. 99) V I >?• "^ ^^ V*»^ J «le jour où
je passai (à)''^' la vie fut un jour de grande fête pour mes concitoyens»; Papyrus Orbiney, XIX, 7 1^^ y I jK. 1 1 '**'**^ T © ^^' passa à la vie»; Livre des Morts, chap. 170, 5 |i^\7 /«wM*v I Ik 7\ A»»»^ Ai et cette nuit de passer à la vie» '^'.
I ^.^ I J^A*^ ^^ ^^^ -^^' (partout, sauf ici, écrit ]j?.j se rencontre neuf
fois, dans trois formules différentes :
1° n (^"^) ir-j (ou ir-n-j) db' : inscr. 91,1. h; 115,1. ^.
2° n gm{-w) iW im (ou m -j- suffixe) : inscr. 69, 1. 10; 81, 1. 27; 82, 1. io5; — variante : n gm-i{w) db'-k (ou db' nbl) : inscr. 65, 1. 2.
3° n (W nlj ntr im (ou m 4- suffixe) : inscr. 61, 1. 3i; 79, 1. 17; 125, 1. 5.
Dans les deux premiers cas, le mot signifie incontestablement «faute» : — rfje n'ai pas commis de faute», — ril n'a pas été trouvé de faute. . . -. Et le sens ne peut être que le même dans la troisième formule : de même en effet que nnt'^ (inscr. 61, 1. 3o) ou snd-f (inscr. 81, 1. 20) ne signifient pas «sa crainte, — la crainte qu'il ressent», mais «la crainte qu'on éprouve vis-à-vis de lui» (die Furcht vor ihm), de même db' ntj (==w) ntr doit signifier «faute envers la divinité», et la phrase doit par conséquent se traduire : «qui n'a commis aucune faute envers Dieu».
Ligne 3/», C3ss=i sans déterminatif. Le mot classique le plus voisin de cette forme est jl '\c~J ssd, mais il désigne une fenêtre-balcon (S/è/e de Piankhi, 1. lo/i; DCmichen, Hist. Inschr., pi. V, 1. /i8), ou, par extension, la façade d'un naos (Breasted, Ancient Records, IV, p. ^37). Le mot, en tout cas, paraît bien désigner ici une chambre du
''' Comparer aussi •î''^^ «la terre de la vien (la nécropole), inscr. 101, 1. 1 5.
'*' L'absence d'une préposilion est ici anormale.
'" Ces deux dernières références me sont aimablement fournies par MM. Gunn et Kuentz.
temple. Comparer peut-être, Maspero, Sarcophages des époques persane et plole'matque , p. 1 9 1 (sarcophage de Taho) J ' \^ s itd •*-! I^ .
Pour le commentaire des lignes Sa-ûi, cf. inscription 81, lignes 68-82,
3° Soubassement (pi. 20 et 21'')).
Il a les mêmes dimensions que le soubassement parallèle du côté ouest, et il est orné d'un bas-relief d'inspiration et de technique mi-grecque, mi-égyptienne.
Devant un arbre, dépouillé de son feuillage, sur les branches duquel est perché un oiseau, une femme se tient debout, la tête légèrement inclinée; son visage est ovale, ses cheveux sont coiffés en bandeaux. Elle est vêtue d'un chùon de toile fine, laissant transparaître les seins lourds, et d'un himation recouvrant la tête et dégageant le bras droit qu'elle tend pour recevoir des couronnes de feuillages, qui lui sont offertes par une autre femme, tête nue, et vêtue elle aussi, semble-t-il, du chiton^^K Un autre personnage, plus petit — est-ce un enfant ou un serviteur? — enveloppé d'un manteau, tient en mains une sorte de coffret renfermant peut-être des bijoux. Il est assurément difficile d'identifier la femme qui reçoit ces dons, mais on peut supposer que c'est Renpetnofrit, l'épouse de Petosiris, Il est certain, en tout cas, que nous avons sous les yeux une scène d'offrandes funéraires.
En effet, derrière la femme qui présente à la défunte des couronnes de feuillages, s'avancent sept porteurs et porteuses d'offrandes. Voici d'abord deux hommes, vêtus d'un jupon court qui laisse le buste à découvert; ils portent sur leurs épaules, l'un une gazelle, l'autre un veau et, à leurs côtés, marchent un ibex(?) et un taureau; une grosse fleur pend au cou des quatre bêtes. Le premier de ces hommes a les cheveux ceints d'un ruban orné d'une fleur de lotus, il tient de la main gauche un objet indistinct et, de la main droite, une épée dont la pointe se termine par une sorte de fouet à quatre lanières courtes; le second porte pendus au bras gauche cinq volatiles, au bras droit une guirlande de fleurs.
Vient ensuite une femme '"^^ au visage ovale, aux cheveux ondulés, vêtue du chiton; une longue tige, d'où se détachent des spirales fantaisistes et des corolles épanouies, repose dans sa main gauche; de son bras droit relevé elle porte un vase, dont les anses ont la forme de deux canards attachés par les ailes. Un bœuf marche à ses côtés.
Le quatrième porteur d'offrandes'*' a des cheveux noirs, très courts; une barbe noire couvre ses joues, mais la lèvre supérieure est rasée; sur une tunique, qui tombe aux
''' Voir aussi la partie inférieure de la planche 18.
'^' Cette femme est exactement dessinée de profil.
''' Représentée de face, sauf les jambes qui sont de profil.
'*' Le buste est de face, la tête et les jambes de profil.
genoux, est jet^ le petit manteau de forme évasée, que Maspero comparait à un peignoir *'^ Une gazelle est accroupie sur ses épaules; une autre gazelle le suit.
La femme qui vient ensuite a la chevelure courte; elle est vêtue d'un cliiton bleu, que recouvre un peplos-epiblema serré à la taille et tombant à mi-cuisses. Elle porte à califourchon sur ses épaules un enfant qui tient un oiseau dans chaque main; auprès d'elle marchent deux gazelles.
Sa voisine a un costume semblable, mais de couleur différente, le chiton étant brun et le peplos-epiblema bleu'^'; elle porte dans ses bras un vase à deux anses, d'où s'élancent neuf tiges, aux corolles épanouies, de papyrus et de lotus entremêlés.
La dernière porteuse d'offrandes^^' est vêtue d'un chiton transparent, jaunâtre, et d'un himation à franges, de même couleur; elle a des anneaux aux poignets et aux chevilles; de son bras gauche, elle serre contre sa poitrine un bébé à demi caché dans les plis de son manteau, tandis que, de son bras droit relevé au-dessus de sa tête, elle tient un canard, dont le cou est orné d'une grosse fleur. Un panier oblong, qui semble être fait de jonc ou d'osier tressé, pend à son coude gauche.
'" Le Musée Egyptien, II, p. 76, el voir ci-dessus, p. 34. (Noter que, par exception, ce porteur d'offrandes est vêtu, sous son petit manteau, non pas d'un pagne, mais d'une tunique.) '^' Voir l'aquarelle de la planche 21.