‹ Le tombeau de PetosirisChapitre 27 sur 103 · II. — Considérations morales · texte numérisé non relu

II. — Considérations morales

" rO tous prophètes, tous prêtres, tous officiants, qui entrent y dans cette nécropole et voient ce tombeau, béni soit celui qui (me) fait des offrandes (tr-f), '\ bénis soient ceux qui (me) font des offrandes (îr-sn), car je suis un (homme) honoré (? imlhw) de son père, favorisé de '|* sa mère, ami de ses frères. J'ai construit ce tombeau '|'' dans cette nécropole, à côté des esprits supérieurs qui (se trouvent) là, 'l^ afin que soit prononcé le nom de mon père et (celui) de mon frère aîné : c'est (en effet) faire vivre un homme '| que de prononcer son nom. L'Amentit est la demeure de qui est sans Y péché (^dmj ntj iwlj wn-f) : heureux l'homme qui y arrive! Personne n'y parvient, '|* sinon celui dont le cœur est exact'*' à pratiquer l'équité. Là, pas de distinction entre le pauvre 'f et le riche, sinon (en faveur de qui) est trouvé sans " péché, quand la balance et le poids '^' sont devant le Seigneur de l'éternité; (là), personne qui soit exempt (d'entendre) Y prononcer son verdict, quand Thot-Cynocéphale, (assis) sur (son) trône'®', " (se dispose) à juger (/tsi) tout homme d'après ce qu'il a fait sur la terre.

f" J', nb-f, c'est-à-dire portant la statue de Thot, ou la barque du dieu, dans les processions.

'^' Les textes similaires ont ici "—^ au lieu de V : cf. inscr. 62, 1. i, 106, 1. 9, 147, 1. 9, et 148, 1. 1.

''' n', swt : l'inscription 59, 1. 1, donne 'v^ j ^ ]^q n', éwt nwl.

^'^ ■%£]] pour ';;']] T,.

'^' M.~^ Iws pour Iwsw ff balance à mainn; — \~^i lireit/t «poidsii. Cf. Stèle de Piankhi, 1. 182. "' Le suffixe < — a été oublié par le graveur après le mot |.

Lignes 11-12, dwl-ntr n îr-f — dwl-ntr n îr-sn, Petosiris recommandera à Dieu ceux qui feront pour lui des offrandes : c'est une application du principe de la -rémunëration». Comparer : Sethe, Urkunden, I, 5o, 5 ^^ il * H a%««v a%«~a T JW * 0-*^^^^ «je les recommanderai chaleureusement à Dieu pour cela». Cf. ibid., 70, 7.

Lignes i5-i6, comparer Catalogue général du Musée du Caire, Ahmed bey Kamal, Stèles

ptolémaïques, n° 29 1 5i, 1. i3 : >?• ^ i V 1 ! * ^*^*^*rri "^^^ ^^^^^ vivent quand on prononce leur nom 15.

Ligues 18-19, n dnw sw(f) r bw',w «point n'est distingue le pauvre des riches». Le verbe dnw [=inj), au sens de «distinguer de, se distinguer de», se construit avec r ; Gardi>er, Admonitions, §/i,i;§ii, i3; Sethe, Urkunden, IV, 222, 16 etc.

Le moisw'> est étudié par Qk^mmv,, Admonitions, p. 2/1, qui cite, entre autres exemples, un passage du papyrus Barris, yS, k, où kv', «pauvre, de basse condition» s'oppose, comme ici, à bw\ «riche, de condition élevée».

Lignes 20-21, n sw n tm hsbl-f rr point d'(homme) exempt du prononcé de son jugement».

IIL — Triste situation de l'Egypte et des temples sous la domination étrangère.

J'ai été soumis '| au maître de Khmounou dès ma naissance. Gomme tous ses desseins ^ étaient dans mon cœur, (il) me choisit pour administrer '^ son tempie, (car) il savait que sa crainte f" était dans mon cœur. '^ Je passai sept ans comme Xeiroivris de ce dieu, Y administrant ses biens, sans que fût trouvée de faute (dans ma gestion'^'), alors qu"'un roi des pays étrangers était en puissance sur l'Egypte. Et il n'y avait plus rien ^ qui fût en sa place d'autrefois (/ir ét-s hnt), depuis que'^' des luttes se déroulaient dans '1° l'intérieur (m hnt) de l'Egypte, le Sud (du pays) étant dans l'agitation et le Nord en état de révolte. Y Les hommes marchaient dans l'égarement (?), il n'y avait plus de temple ^|' qui fût à la disposition de (?) ses desservants'**, et les prêtres étaient éloignés (des sanctuaires), dans l'ignorance de '^ ce qui s'y passait (?).

Lignes 28-2/1, la proposition shr(wyf nb wn est une proposition circonstancielle, que suit la proposition principale sdp-n{-f) wj.

Ligne 26, I %* — ^ .^^ proposition explicative : «car il savait». Lire iw-f rh-{tj), — rh-{tj) pseudo-participe, 3" pers. masc. sing. '^' : cf. Junkeb, Grammatik, % i/i3.

*•' sndf : la crainte que je ressentais à son égard. Cf. nrw-f, inscr. 61, I. 3o.

I'" I V "là, dans ma gestions; mais on peut supposer l'ellipse du sufiixe de la 1" personne après «m et comprendre im-j «en moi-n : cf. inscr. 61, 1. 3i; 82, 1. io5; 125, 1. 5.

'*' Ou : (fêtant donné que {dr)n.

'*' Le mot (qui est correctement écrit à la ligne 38 : P^-^^j) paraît bien avoir le sens de «serviteurs attachés au service d'un temple n, que Devéru, Mémoires et fragments , I, p. 3i5, note 4 i, a été le premier à signaler. Sur ce mot, voir d'ailleurs Maspero, Les Enseignements d'Amenemhaît (Caire, igii), p. xvi.

(*' Voir à l'Index général tous les exemples de s= ((/') marquant le pseudo-participe (Vocabulaire, p. 55).

Le Tombeau de Petotirit, i" partie. >8

Lignes 96-28, les deux propositions h-nj rnpwt... et îw éw hlf', ne doivent pas être séparées dans la traduction : Petosiris explique dans quelles circonstances il a géré — sans défaillance — les biens du temple de Thot, en sa qualité de Xeaœvtjs. La liaison entre les deux membres de phrase est faite par 1\, qui ne peut être ici que la conjonction enclitique =L V" àvt, dont t final est tombé''' : comme l'a expliqué Gardiner, cette particule correspond, en syntaxe grecque, à la conjonction de coordination Se employée dans la seconde partie d'une phrase, dont la première partie contient [lév^^K

Ligne 98, pour la traduction de m ndtj hr hmt, voir ci-dessus, p. 10, note h.

Ligne 29, (/r w5 (îlX ) 'h', r hpr : pour le sens de l'expression w'j r, qui indique le développement logique d'une situation ou d'un fait désastreux ou mauvais, cf. Gabdiner, Admonitions, p. 53; même expression ci-dessus, p. 89, inscr. 62, 1. U.

Ligne bo, réj m ns(nj^ — mh(t) m iwh, deux propositions circonstancielles 011 sont mentionnées les deux parties constituantes de l'Egypte (to pour kkt). Le mot nsnj signifie «troubles, agitation, calamité» : comparer l'emploi de ce mot dans deux passages de la Statue du Naophore, 1. 24etl. Si-Sa (Brugsch, Thésaurus , ÏV , 6/io).

Lignes 3i-33j ma traduction ne donne que le sens général de ce passage difficile.

IV. — Petosiris devient Xeawvvs. — // remet en état le temple de Thot.

Quand j'exerçai les fonctions de XsacSvvs de Thot Y maître de Khmounou, je fis que le temple de Thot fût conformément à '^ son état d'autrefois [mj shr-s An<); je fis que toutes choses y fussent rétablies'^', ' et que tout prêtre (retournât) à sa fonction'*'. J'accrus l'importance de ses prêtres, ^l' je magnifiai les horaires '^' de son temple, j'exaltai '| tous ses serviteurs, je donnai une consigne '*' à ses desservants. *' Loin de soustraire de son temple les offrandes, je remplis '1° ses greniers d'orge et de froment et son trésor de I* toutes bonnes choses. J'accrus ce qui s'y trouvait * auparavant ''', au point que tout homme de la ville (fut) à m'adresser ses félicitations [hr dwl-ntr n-j). Je donnai de l'argent, " de l'or, toute sorte de pierres précieuses véritables; je fis plaisir [snfr-j-ib^ aux prêtres; i' (j')exécutai aussi toute espèce de travaux dans le sanctuaire (hl-nh), et mon cœur se complaisait ^ en eux'*'. Je rendis sa splendeur à ce que j'avais trouvé manquant (ws) en sa place, et je remis en état "1* ce qui était en souffrance ijir 'À) auparavant (r dr-) et ne se trouvait plus en sa place'".

'" Dans l'inscription 82, 1. 101, ^\ est la conjonction non enclitique.

'^' Gardiner, Recueil de travaux , 32, 1910, p. a6, note 1.

''' Littéralement : wque toutes choses redevinssent en luin (m hnt-s).

'^' rdjj hpr. . . w^h nb r drt-f «je fis que tout prêtre redevînt en son temps ^, c'est-à-dire qu'il pût remplir régulièrement les fonctions fixées par le calendrier liturgique.

'*' ^- \ pour .^ * * vtk ! .

'*' Cf. Sethe, Urkunden, IV, 28, 10 ^^ ""^ ^^ * "^^ ( 7^" ''chaque homme connaît sa consigne^.

'" tfJe donnai augmentation sur ce qui était là auparavant, u — Noter la rédaction différente du passage parallèle de l'inscription 62, et comparer Rougé, Inscr. hiérogl., pi. GLXXVIII, 1. 5 (inscription d'Aménophis II,

à Karnak) : A '~~' ( "$■ ^ ^ ^ "T"' (8) Ou bien tren ceia^) (hr-s).

'»' ét-^Ts.

Ligne Û3, pour l'expression énfr-ib., cf. Sethe, Urkunden, I, Sa, i5; 82, 7.

Ligne 65, lire , |t-,^~**~)-*-J,^^^ : le suffixe s du premier mot est tombe (levants initial du second. (Cf. inscr. 60, 1. 33, ci-dessus, p. 100, note 5.) De même, dans l'expression si fréquente I •> îm',h(w) hr, l'un des deux h a disparu. On voit tomber, dans des cas analogues, m, n, r,k : cf. Erman, Aegtjpl. Zeitschrifl, 56, 1920, p. 61.

Ligne ^6, ^V dans la phrase nominale ^^^i V i * "**" ^^^ ""® graphie du pronom absolu /eWmn, jouant ici le rôle du neutre (de même que le suffixe s de él-s). Cette forme du pronom absolu /eWmn (^ V = s/') n'est pas rare à la basse époque (Jon- KER, Grammatik, p. hi).

Comparer avec ce paragraphe le texte de l'inscription 62, 1. 3 (ci-dessus, p. 82).

Au paragraphe IX, il sera question de travaux entrepris au mur du «temple de Khmounou», qui doit être ce même temple de Thot.

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