VI. — Petosiris réédijie le <x pavillon des de'essesv
Je construisis ^ le sanctuaire des déesses (^ntrw-hmwt) à l'intérieur du temple de " Khmounou, ayant trouvé [dr gm-j) leur sanctuaire en état de vétusté, de sorte qu'elles séjournent (maintenant) " dans le temple de Thot maître de Khmounou : c'est le «pavillon ''|^ des déesses», comme on l'appelle [61 conformànenlau livre sacré] : ^^ la façade en est tournée vers l'orient, [61 par-devant le sanctuaire de la vache Aht].
Il semble qu'il s'agisse d'un pavillon, ou kiosque, élevé dans le péribole du temple de Thot, et où étaient vénérées conjointement plusieurs déesses.
Même texte, plutôt plus développé, aux inscriptions 59 et 61 (ci-dessus, p. 80 et 102).
'') C'est-à-dire : «lui, qui fut complétéT) ou ffcomplété qu'il fut ?> (de même, ci-après, 1. 69, et ci-dessus, inscr. 61, L 18, 25, 82, inscr. 62, 1. 4). Le pseudo-participe Vfc joue le rôle d'attribut, se rapportant au pronom (tenant lieu du mot r temple ii) qui est complément d'objet du verbe hws. Sur cet emploi du pseudoparticipe comme attribut, cf. Sethe, Verbum, II, 8 7, b, et surtout Junker, Grammatik, S ii5.
VII. — Petosirts conslniil les sanctuaires de Nelimetâoiiai et d'Hathor.
Je construisis également (tnju) le sanctuaire de ^|' Nehmetâouai, à la façon (? m irl) (de celui) d'Ounout, le sanctuaire d'Hathor, dame du sycomore ^| du sud, et également (celui de) Nehmetâouai, mère royale (?). Je les construisis ^|' en belle pierre blanche de calcaire, complétés par toute sorte de travail; [61 les portes sont en bon sapin du Liban]. *|° Je fis que ces déesses y séjournassent.
La traduction des lignes 56-58 est tout à fait incertaine.
Ligne 57, sur la déesse Nehmetâouai, voir ci-dessus, p. k, note k.
Aat. rp, Ounout, serait, d'après Lanzone, Dizionario, I, p. i64, une forme de Sekhmet, et ion sait que Petosiris était ffchef des prêtres de Sekhmetr; cependant Gardiner (dans Aegypt. Zeitschrift, 48 , 1 9 1 o , p. /ig , note 2)3 montré que ce nom était une épithète appliquée à un certain nombre de déesses, notamment Bouto et Nekhbet. Mais d'autre part, un passage du Livre des Morts (Naville, chap. 187 A, 1. 2 4) parle du «temple d'Ounout, dame d'Ounoun uSe^ * f n .^^jV©- H est donc possible que la déesse Ounout ait eu une personnalité distincte et ait reçu un culte spécial à Hermopolis.
Même texte, plus développé, à l'inscription 61 (ci-dessus, p. 102).
VIII. — Petosiris protège le v^parcn , qui était un endroit sacré.
Je protégeai *' l'enceinte du parc {s->), pour empêcher (^) qu'il ne fût foulé aux pieds par *' la populace, car [61 c'est le lieu où est né Rê, au début du monde, quand la terre était encore entourée du Noun], c'est la maison du berceau de tous les dieux ^|^ qui ont commencé d'être au commencement {dr-), [61 car c'est en cet endroit que tout être est né] , ce lieu "', — et des misérables '^' *' le piétinaient; le premier venu (?) le traversait; on mangeait |^ les fruits de ses arbres; on transportait ses roseaux dans la maison ^^ des premiers venus (?) : de sorte qu'il y avait des troubles dans *|' tout le pays à cause de cela, et qu'il n'existait plus de bien-être en Egypte à cause de cela, car la moitié ^|* de l'œuf' était enterrée en cet endroit {im-f), [62 et là aussi (se trouvaient^ tous les êtres (mus de Vœuf?)].
Cf. inscriptions 61 et 62 (ci-dessus, p. 102 et 83).
Ligne 60, d4r-j '-j h' s-' «je tendis ma main derrière le parc», c'est-à-dire ffje protégeai l'enceinte (ou : le fond?) du parc^. Cf. cette phrase de la Stèle de Pianhhi, \. 97, où l'idée semble être que le roi «avait à protéger le sanctuaire des dieux» V^
'•' ht pn paraît être en apposition à pr mshn de la ligne 62 ; la version de l'inscription 61,1. 19, est plus satisfaisante : dsr-k s(w) frtu le mis en ordres.
"*' A«;tc, les (f vils Tî : ce mot peut désigner «les ennemis 5) : d. aaDécret deCanope,]. 6 [StmE, Urkunden, II, 128, 11) l'expression ^^^'* ' V^^ pour désigner les Perses.
'" Variante de l'inscription 62 : tIcs moitiés de l'œuf».
Ligne 61, ^^ est inintelligible; la variante fournie par l'inscription 61, 1. 19, "1%^, n'est pas plus claire. Il faut admettre que ce signe équivaut à ^ (pour 5^) du pa.ssage parallèle de l'inscription 62, 1. /i, et comprendre slw W(-w)/« prenant garde qu'il ne soit pas foulé aux pieds ''^^i.
Lignes 63-64 iw (*==►) wn Ijsjw hr ss-f. Le verbe j\ se rencontre assez fréquemment dans les textes de basse époque, ainsi : Bergmann, Hierogl. Imchr., pi. IX, 1. U\ Dï'MicHEN, Tempelinschr., I, h8, 8; Piehl, Inscr. hiérogl, III, pi. XXXV, 1. 1 (et p. 26); ibid., II, pi. LXlI (et p. 89). Ce mot me paraît devoir être rapproché du copte cycDcp, contemnere, contumelta afficere, ad nihiliim redigere, et la traduction «endommager, piétiner:? convient bien, je crois, à notre texte.
Ligne 66, """^ j|^ ^^ ^ ,^ """^ j|^ . ^^^ (ces mots sont particuliers à l'inscription 81) nmd-n s(œ) nmdj : a<«~««vV ^».C paraît être une graphie du verbe a«>«^ j nmt rr traverser»'"', et A'-'^^V ^t un substantif appartenant à la même racine rrle passant, le promeneur, le premier-venu (?)» : dans ce dernier mot, ^t est un déterminatif abusif, dû
à une confusion avec l'homophone '"^^ Jk « ^S-' ^^^ ^^^ poisson'^'. Aux lignes 65-66, le substantif nmdj apparaît de nouveau, cette fois au pluriel, dans le membre de phrase -==- """^^V^ I • ^^ ^^^^^ parallèle de l'inscription 61, 1. 20, comporte une expres-
sion plus vague, mais sans doute de signification analogue : r bt nb Ken tout lieu, partout».
Pourquoi dérobait-on les roseaux (ou les joncs, ks) du parc? Etait-ce pour les brûler, ou pour les utiliser à la confection de nattes ou de tout autre ouvrage de vannerie? Nous l'ignorons. Le parc était donc, semble-t-il, non seulement envahi par les profanes, mais pillé par les maraudeurs. Or, Petosiris voulait le mettre à l'abri des profanations, car c'était un lieu particulièrement sacré.
On peut penser, en effet, comme je l'ai dit plus haut (p. 98), que c'est dans ce parc que s'élevait la fameuse hauteur de celui (jui se trouve dans Khmounou (^Thol) •* f^ f^ JE /-"-A I -j- w I lï \©, dont parle le Livre des Morts^'*\ et qui joue un rôle si important dans l'histoire de la Création. Cette colline était probablement entourée d'un lac, le lac Desdes N^ >»».««A, et c'est pourquoi l'Hymne de notre inscription 60, 1. 20, appelle Rê rie dieu qui se lève des eaux sur la hauteur de Khmounou». Or, au sommet de la colline, un œuf
l^' s\w se construit sans négation : cf. Hirkhouf J) ,]. 1 9 (Sethe, Urkunden, I, i3o, ç)) — ^^ ^ *, -tT. VF^ éprends garde- qu'il ne tombe pas à l'eau t),
'^' Sur ce mot, cf. Gardiner, Recueil de travaux, Sa, 1910, p. 16.
(3) Même déterminatif abusif dans les mots '^J^-^T' '~^J!kI'^ (Erman, Zaïibersprikhejûr Multer und Kind, p. 5i-5a).
'*' Glose du chapitre 17 : cf. Grapow, Urkunden, V, 6,17 et 7, 1. Voir aussi ÏHymne de Z)arj«s (Brugsch, Reise nach der grossen Oase, pi. XXVI, 1. 99-23) oii il est question de la tfcolline d'Ounoun. Cf. ci-dessus, p. 98.
avait été déposé dans un nid, avant que le monde n'existât, «quand la terre était encore entourée du Noun», et dans cet œuf, encore intact, résidait, invisible, l'âme primordiale''l Mais un jour l'œuf s'ouvrait, et le dieu-soleil en sortait, «à la manière des oiseaux aquatiques dans les marais égyptiens»'^', en même temps que naissaient les autres dieux :
«Œuf d'eau, semence de la terre, essence des huit dieux d'Hermopolis! Grand au ciel, grand dans la Douât, résidant dans les nids, chef du lac Desdes. Je suis sorti avec toi de l'eau, je suis sorti avec toi de ton nid'*'. •»
Quelque obscurs que soient les mots «la moitié de l'œuf » (inscr. 81), ou «les moitiés de l'œuf w (inscr. 62), il me paraît donc — étant donné le contexte et les allusions au «lieu où est né Rê», ainsi qu'au «berceau de tous les dieux 15, — que l'on conservait, dans le parc d'Hermopolis, une relique sacrée qui, de quelque façon, rappelait Yéclosion de Rè et des premiers dieux, au début du monde.