‹ Le tombeau de PetosirisChapitre 37 sur 103 · SECTION I. — MUR NORD (CÔTÉ OUEST · texte numérisé non relu

SECTION I. — MUR NORD (CÔTÉ OUEST

(Planches 24, 25 et 27.)

A. Le pilastre. — Il est décoré sur sa face et sur son côté ouest.

a) Sur la face (voir pi. 24, — i) est gravée une inscription de neuf lignes verticales qui, intactes, devaient mesurer environ s m. 76 de haut, mais dont aucune n'est complète au sommet [inscr. 63] :

î [ '" Dit] par(. . .)(2) : wAh! Osiris Khentamentit, il est venu l'Osiris Grand des Cinq, maître des

sièges, second prophète de Khnoum-Rê maître d'Hirourt et d'Hathor dame de Neferoust, Zedtholefankh ,

j. y., fils du Grand des Cinq, maître des sièges, Sishou, j. y., et né de la dame Nofritrenpet ° [ ]

ton âme t^' ton corps; il proclame les louanges de tous (ni) les esprits bienheureux; il te dénomme

les âmes. S'il (les) ignore (?), il n'agit pas'"*', l'Osiris Grand des Cinq, Zedthotefankh . comme s'il (les'*)) connaissait (?), à la manière d'un enfant (?) ^ [ j. . . (il) n'est pas accusé à cause de (sa) jeunesse (?). Il est venu l'Osiris Grand des Cinq, Zedthotefankh; il a trouvé le repos, il a trouvé le repos '^);

'" La lacune initiale des trois premières lignes est de o m. 4o (la partie subsistante mesurant a m. 35). '^' Le nom propre est resté en blanc : cf. ci-dessus, inscr. 66, 1. 6.

''' En corrigeant s 1 en ^ 1 et en transposant ce mot après „ , on pourrait peut-être comprendre : rhn-nfhr t', hlt-k kW a soutenu (? rhn) sur la terre ton corps» (?).

'^' ^^,,c pour ^ avec omission du pronom régime, ou pour ^ — rh s(n), avec omission du déterminatif (à l'inscription 1 16, I. 5 et 6, le verbe est écrit "^ sans déterminatif).

'*' hlp-nf {\erhe htp à la forme en -n), ou htp (subst.) n/tf repos à lui, qu'il reposein.

que tous les flieux, que toutes les déesses, que tous les esprits bienheureux, que tous les esprits bienheureux apportent ' [ '"] qu'il ne soit pas [conduit] vers le billot de Sekhmet; qu'aucun ennemi ne le ligote'*' au cours de l'année'"; qu'il ne soit pas inscrit au Livre de la mauvaise fortune de

Celui qui fixe [smn^.) le cours de l'existence; qu'il ne ^ [ ] . . . des morts malfaisants [tmj'vo) par (?)

les paroles de tout accusateur, de tout accusateur qui (se trouve) dans l'autre monde (^hrl-ntr), quand il

égorge Vitnj- (?) et ses suivants (?) f [ ] c'est le fils de Toum. Il a égorgé les hommes'*' pour

Sekhmet, il rôtit (leurs) cœurs pour le maître des deux pays, il a renversé le[s] ennemi[s] J [ ] il

est accusé dans la Douât. Ne permets pas (?) qu'ils (le) prennent (?) , qu'ils (r)empoignent (?),

(mais) qu'ils (le) laissent (?) avoir accès à la salle du jugement dans l'autre monde '^' ^ [ T|oum,

ah! protège son corps de tout accident, que rien de mal ne s'approche de lui'*'; sauve-le de tout mort (malveillant) ^ [ ] qu'aucune flamme, qu'aucune flamme, qu'aucune chose mauvaise et pernicieuse n'assaille l'Osiris Grand des Cinq, maître des sièges, Zedthotefankh, et ne (le) maîtrise'^'.»

Les lacunes qui marquent le début de chaque ligne ne contribuent pas à faciliter l'intelligence de cette inscription, où l'on est en droit de supposer, en outre, que les fautes matérielles, dues au scribe ou au graveur, ne sont pas absentes : l'exemple de l'inscription 66 qui décore le pilastre parallèle du côté est, autorise tous soupçons concernant la correction matérielle de notre texte. Mais, si j'ai pu corriger l'inscription 66, en la comparant aux passages des Pyramides et du Livre des Morts dont elle est la copie, mes recherches pour trouver le prototype de l'inscription 63 ont été vaines, et, tout en reconnaissant le caractère religieux ou mythologique de cette inscription, je ne puis en indiquer l'origine ni en améliorer le texte : des phrases isolées cependant semblent être inspirées du Livre des Morts.

Ligne 2, «il proclame les louanges de tous les esprits bienheureux», cf. Budge, Book of the Dead, chap. i83, Hymne à Osiris, 1. 19-20 l R t|^ «m g a'^^^^'Jj.

Ligne 3, le sujet de érh-tvo n'est pas indiqué; d'autre part, on peut hésiter sur la valeur de *^^ qui suit »^ 3) : est-ce le suffixe de la 1'" personne, ou est-ce un second déterrainatif de nhn (on trouve l'orthographe a /T^ ^u^' P^^ exemple dans Admonitions, §16,1)?

•'^r'I semble être la forme sdm-n-f an verbe mj qui, à la basse époque, se rencontre souvent employé à un autre mode que l'impératif, par exemple : Mariette, Dendérah, II,

'" La lacune initiale est, à partir de cette ligne, de o m. 80 (la partie subsistante étant réduite à 1 m. 92 environ).

''^' sph s(w). Le vrai sens de sph (sph) est : «prendre au lasson. Ici, comme dans l'inscription 46 (5), le verbe paraît devoir se traduire simplement par : tf attacher, lien-.

'" Le sens de n (=»i) hr{t) rnpt est plutôt » annuellement ti, qui conviendrait peu ici.

'"' *^^'^', cf. 103, 1. 1, et 70, 1. h. L'interversion des deux lettres initiales se rencontre d'ailleurs à toutes les époques : ainsi, Sethe, Urkunden, IV, 96, 8 (^^^^' Jî)-

'*' Le texte de la ligne 7 paraît être particulièrement altéré, et mon interprétation est tout à fait incertaine. Parmi les mots que je n'ai pas traduits, on peut reconnaître le substantif hnwjt te mal, péché 11.

'*' Littéralement : » qu'aucun mal ne monte dans son voisinage [hr rl-w't-J)'.

(7) ■^"^ v, peut-être une graphie de ([\^ M Jli*

/i6 : mrt nn mj-tj kw hr-t recette Meril qui vient devant ton visage ??; ibid., IV, i 9 mjl m hlp r h',jt-t m If «tu vas en paix et en joie vers ton appartement» : cf. Junker, Grammalik, $ 1620.

Ligne 4, «qu'il ne soit pas inscrit (iittér. rr compté» n héb-lwj) au Livre (r II) de la mauvaise fortune [lmsw)-n. Le moilméw a été expliqué par Lepage-Renouf, Transactions, II, p. 3 19. L'auteur cite ces deux exemples, dont certaines expressions'^' se retrouvent précisément dans notre texte et contribuent à l'éclairer: M /Ît -'"^ ? P S *^^^ """^ ^ J^s= J^ ^ ,^ '''^^.ra'*"*^T^V^"''rî'''^^p— Z (^^'"copbage de Séti I", Sharpe-Bo-

NOMi, pi. IX); ~^--^[le Roi] Jili'^]fD,Yl^^={?Jl, (Mariette, Monumenls divers, pi. 35, 6).

Ligne 9 , comparer Budge, Boohofthe Dead, chap. i /i8, 1. 1 2-1 3 (p. 365) : V ■■'A I 7 I m. Ji'^— *Fiir

6) Sur le côté ouest du pilastre est gravée une inscription [inscr, 64] de deux lignes verticales, incomplètes au sommet et réduites aux deux tiers environ de leur longueur primitive. C'est un texte religieux qui fait peut-être suite au précédent (de même que l'inscription 67 continue l'inscription 66) : il est difficile de donner une traduction d'un texte aussi mutilé.

B. Panneau à l'ouest du pilastre (pi. 25, — a et 27). — Il comprend trois registres superposés.

a) Le registre supérieur est incomplet. On y voit encore le défunt assis sur un siège placé sur. une estrade, et tendant les mains vers une table d'offrandes du type lUPt''; de l'autre côté de la table, Petosiris se tient debout, un long bâton en main. Les deux personnages sont vêtus de la longue robe blanche, dégageant le buste et maintenue par une bretelle qui passe sur l'épaule'*'. Les têtes ont disparu, ainsi que toute trace d'inscription.

b) Au registre moyen, Petosiris rend hommage à son frère défunt. Tous deux sont debout, vêtus du manteau grec à bordure crénelée, et portant l'anneau sacerdotal au doigt.

<" Avec cet exemple de Dendérali : mj-j m krtj sV trje viens de Yitrtj du sudr. '2' En parliculier les mots »mn 'A'w ff celui qui fixe le cours de i'exislencefl.

'" Les tranches de paiu recouvrant la table — si ce sont des tranches de pain : cf. Griffiih, Hieroghjphs, p. 54 — sont blanches et tachetées de noir. '*' Zedthotefankh porte en outre des sandales.

Le Tombeau de Pelosirù , i" partie. **

Zedtholefankh s'appuie sur un long bâton; Petosiris a le bras droit tendu vers son frère. Une inscription de dix-sept lignes verticales, d'inégale longueur, les encadre [inscr. 65] :

Discours de Petosiris :

] Son frère puîné, son aimé, le Grand des Cinq, maître des sièges, le prophète Petosiris, n. «m. Il dit : wO mon frère aîné, c'est moi'" ton frère puîné. J'ai fait que ton ka soit honoré sur la terre ' des vivants, qu'il n'en disparaisse pas (n /i(J) »n), (car) il n'a pas été trouvé de faute en toi '^'. J'ai fait que ton nom soit dans la houche des vivants qui (se succéderont) à l'intérieur de (ta) maison, aOn que ne cesse pas (d'exister) ton nom ' dans ta maison, éternellement, — car un homme vit du fait qu'on prononce son nom. Ta statue a été transportée au temple de Thot, gravée à ton nom, pour , faire que ton nom soit commémoré (sA5-to) dans le temple de Thot, à jamais. J'ai construit ce tombeau dans cette nécropole, gravé 1 à ton nom sur son côté gauche, afin que ton nom puisse être prononcé ® par ceux qui vont et viennent pour déposer des offrandes dans (cette) nécropole, J éternellement, en faveur du ka du maître de ce tombeau, ^ tout en buvant, ^ en agissant selon les inspirations de (leur) cœur, en louant Dieu pour Y ton nom , éternellement v

Réponse de Zedthotefanhh :

Y Dit par l'Osiris Grand des Cinq, maître des sièges, Zedthotefankh, j. v. :

«Qu'elles sont belles (les paroles) qui sortent de ta bouche (rî-A:)'*'! J'ai le cœur réjoui à les entendre. Il n'y a dans mon âme rien de mal contre toi. " Comme on agira à mon égard'*', on sera traité : qui (me) fera du bien, il lui en sera fait et qui (me) fera du mal, pareillement; ce sera profitable à qui aura fait '*' (cela). Thot, lorsqu'il se dressera pour (juger) ces actes, je dirai ceci (ny) à ton sujet [r-k), devant (lui) le maître des dieux : «Que ta vie'®' se prolonge, *' puisque tu m'es fidèle; que soient multiphées *| les années de celui qui a construit (ce) tombeau, Y car c'est un imakhou de son dieu; '| et que ton fils soit à

ta place, pour satisfaire à tes désirs, comme tu as fait, toi, pour moi!??

Ligne 3 , 'nh s n tm rnf crun homme vit à cause du prononcer son nom, — par le fait que son nom est prononcer. Ici, n est la préposition (et non pas la particule du génitif comme dans les phrases du type s n Ir n-f signalées ci-dessus, p. 1 1 4).

Ligne 5, '^^ "r^M ^ S^'f ^'^j- J'^^vais négligé dans ma première traduction ''' le mot hbj : on m'a fait remarquer que c'était à tort et qu'il fallait comprendre wsur son côté gauche:?, c'est-à-dire : sur le côté gauche du tombeau. Ces mots désigneraient donc ce que

'" ° à lire : înk.

'^' Lire : n (négation) gm-t[w) db'-{k) r? point n'a été trouvée ta faute». .

i:*i Cf. The Tomb of Paheri, pl-V:J^'^^2l'~^^-

(4) j^-**-^ comprendre probablement : wn h- n[-j).

'*' "^ ou "^ : ir-lj-Jj (fqui aura fait (cela)T', ou kt s (c'est-à-dire Ir s) «qui fera celais. Le sens est le même.

I«) fp^ au lieu de f^.

"* Annales (lu Serv. des Antiquités, XXI, p. ii8.

j'ai appelé la «travée de Zedlhotefankh». Mais en fait, cette travée est à l'ouest du tombeau, et h droite de celui qui y pénètre et se dirige vers le fond. L'expression rrson côté gauche w ne peut donc avoir de sens que si Ton suppose le visiteur adossé à la paroi sud, ou se dirigeant vers la porte pour sortir du tombeau.

Ligne 6, "^Ivi pour '^ ij\ : sur cette expression, cf. Gardiner, Admonitions, S 6, 12 (p. oi).

Lignes 8-i o, traduction incertaine ''^ — J'ai négligé les quelques mots qui suivent T*\.

Ligne 11, dans '-' 7^ ' , le groupe final doit être considéré comme un déterminatif, un peu compliqué, de hrw, qui est parfois écrit '"^ •#• dans certains textes de basse époque, ainsi : Stèle de Naples, 1. 7-8 (Sethe, Urlmnden, II, 3, i3) : ij/ | J ♦

I ^^^ rie cœur du dieu bon est satisfait de ce que je dis».

Ligne 1 9 , dlmtj m 'h' /ir-(s) (/^(-j) nj r-k n-Thot, lorsqu'il se dressera (sur son siège de juge) à ce sujet, je lui dirai ces choses à propos de toir^, — à supposer le texte exact '^'.

'^^nn |, épithète de Thot : cf. Boylaiv, Tholh, p. 188.

c) Registre inférieur, ou soubassement (voir pi. 27). On y a représenté un canal encombré de roseaux, joncs, lotus et papyrus, dont les hautes tiges et les fleurs épanouies, parmi lesquelles se jouent des oiseaux, tapissent tout le fond de la paroi. Un troupeau est sur le point de passer l'eau dans deux bacs faits en papyrus. A chaque extrémité de la barque de gauche, un homme est debout, s'efforçant, au moyen d'une longue perche, de maintenir contre le rivage le léger esquif. Cependant, deux pâtres hissent par les cornes une bête peu empressée à s'embarquer, et deux autres tirent à eux, qui par la tête, qui par une patte, un taureau récalcitrant. — - Trois hommes sont déjà dans la barque de droite, dont un pâtre tenant un veau sur ses épaules; à terre, on se hâte, et trois vaches, poussées par un bouvier, sautent, de bonne volonté, dans le bac; une autre vache se montre moins facile, mais un pâtre la saisit par le train de devant et l'embarque malgré elle. Un veau qui s'est échappé, s'enfuit vers la première barque, en gambadant le long de la rive.

Cette scène, pleine de vie, est traitée à la manière des vieux artistes égyptiens.

'" Je rappelle qu'il y a, ligne 8, un petit espace laissé en blanc après ^ (qui n'est pas accompagné d'un sulïixe).

(2) ""* serait le démonstratif dont il a été question ci-dessus, p. 81. Il aurait d'ailleurs été plus correct d'écrire : dd{-j) r-k nj.

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