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J e te salue , ô Maître , Qui, charmé de connaître L'idéal le plus beau , Vas au tombeau,
Au grand tombeau nocturne Où, dans les flancs de l'urne, Veille pour le devin Un sombre vin.
Heureux qui , dans l'ivresse , Paisible et vengeresse, Que tu goûtes dès lors, Sublime, dors.
Le siècle qui s'écroule, Épouvantable, roule Ses fracas de vapeurs Parmi nos peurs.
Mais ce coucher du rêve, Dans une riche trêve, A teint d'ors louangeurs Et de rougeurs
Ta tombe aux mornes voiles Dont, vers un ciel d'étoiles, Tout entière, s'enfuit La triste nuit.
O sépulcre ! non : temple D'où , statue au vol ample , Ta gloire grandira Et planera
Par-dessus l'homme terne " Et lourd qui se prosterne, Et, fils aux fiers genoux, Par-dessus nous !
Cette auguste maîtresse Qui mêlera sa tresse, Lorsque nous nous tairons , A ses clairons.
Par sa majesté nue Eblouissant la nue Au fond du vaste azur . Toujours plus pur,
Avec ton Ombre éprise De clarté, qui méprise La Mort et le vain soir, Ira s'asseoir!
Je te salue , ô Maître Qui mènes encor paître, Ton sceptre sur leurs reins , Les chœurs sereins
Des célestes Pégases, Dont les ailes de gazes Résignent leur grand vol Sur notre sol,
Où le dur sabot sonne Un rhythme que personne Jamais n'ouït avant Leur pas savant.
Nulle autre apothéose !
Le divin Gautier ose Dans l'antique verger Être berger :
Oui ! tant que la verdure Elyséenne dure Sur sa tête, j'entends, Vainqueurs des temps,
Non l'éclat que répète Quelque illustre trompette , Mais les chevaux hennir Dans l'avenir.
JOHVQ TcAYV^E.
i32 . LE TOMBEAU
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.élas ! en vain ma lyre évoque l'harmonie , L'Écho reste muet aux accents de ma voix, Et, sous leurs fronts voilés, les Muses aux abois Versent des pleurs émus sur ce fécond génie !
Tu n'es plus ! O poëte à la grâce infinie Dont les brillants récits alliaient à la fois Aux splendeurs d'Orient le charme de nos bois, Tu dors du long sommeil sous la feuille jaunie!
Sur nous la sombre mort frappe de toute part ; Tour à tour elle prend ces champions de l'Art Dont notre cœur en deuil révère la mémoire ;
Mais, Gautier, de ton nom que rien ne peut ternir,
Les générations sauront se souvenir,
Et tes œuvres vivront pour rappeler ta gloire !