SOT^^ET
I our mettre une couronne au front d'une chanson,
II semblait qu'en passant son pied semât des roses, Et que sa main cueillît comme des fleurs écloses Les étoiles au fond du ciel en floraison.
Sa parole de marbre et d'or avait le son Des clairons de l'été chassant les jours moroses ; Comme en Thrace Apollon banni des grands cieux roses, Il regardait du cœur l'Olympe, sa maison.
Le soleil fut pour lui le soleil du vieux monde, Et son œil recherchait dans les flots embrasés Le sillon immortel d'où s'élança sur l'onde
Vénus, que la mer molle enivrait de baisers ; Enfin, Dieu ressaisi de sa splendeur première, Il trône, et son sépulcre est bâti de lumière.
SWI^X'BU'EJKE.
/2SC O'BITUm THEOTHILI
TOEIM CLoA%ISSIMI
lux Pieridum et laurigeri deliciœ dei, Vox leni Zephyro lenior, ut veris amans novi Tollit floridulis implicitum primitiis caput, Ten' ergo abripuit non rediturum, ut redeunt novo Flores vere novi, te quoque mors irrevocabilem? Cur vatem neque te Musa parens, te neque Gratis, Nec servare sibi te potuit fldum animi Venus ) Quas nunc ipsa magis vel puero te Cinyreïo, Te desiderium et flebilibus lumen amoribus Amissum queritur, sanguineis fusa comam gaenis. Tantis tu lacrymis digne, cornes dulcis Apollini, Carum nomen eris dis superis atque sodalibus Nobis, quîs eadem quaa tibi vivo patuit via Non aequis patet, at te sequimur passibus haud tuis. At mœsto cinerem carminé non illacrymabilem Tristesque exuvias floribus ac fletibus integris Unà contegimus, nec citharâ nec sine tibia, Vo toque unanime vocis Ave dicimus et Vale.
SWIVÇ'BUI&CE
i7o LE TOMBEAU
EIHTPAMMATA EIIITYMBIAIA
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77apQevo^pa)TOç epwv etxovoç i^ûCkoyou.
K^aiere irpoç P'/fctratci xal oupeci, x^aieTS vujJUDai,
ttigtov è<pu|/.vouaat ttokji'ç&ov ts Gso?;, oç viïv icavvu^iav Gavarou ^vj Tep^iv lauwv
xoitov avu[Ji(pov e^ei yyïç ûtto iwciSoêopou. TauTatç &' co y^apiTeç Gruyx^aieTS * Ttç yàp It' ovtwv
TOIOÇ £V U[JL£T£pOtÇ xuxvoç sir/] de y^opotç ; sx <^è Tacpou GaX^ot po&a TCoix&a [jiougoçiV/itou
Xeipia &' èxôpwcxoi, rcàv &' écpuTrspOe xpivov, ^euxoïov ts xaXov guv ioici [/.s^avQsct, (&a<jrot.
Kal TToTvUÇ 0iV0Tp0(pWV fJoGTpU^OÇ à[i.7T£^(^(OV
xal y^uxùv *fl[/.epi^oç xlà<W oivàvGvjv ts Tspsivav yaia Tpéçoi, [/.upTOu &' epvea xu-rcpoysvouç,
Ooiêou G' û^xo(7.ov Sàçvyjv, xiaaou ts xopup,êouç, 7uavTa G' 6V u|JL7ïoG£Tatç avOi(/.a ^wpa irpeiuei.
~Cl Gsw ÇtV 'A/ÏUoT^CûVt, GsÔV (p&TGCTS (pi^TOCTO), TUSlGoij; t(XSpO£GGaç T£XVOV? Y] g' Eù<ppoGuv?)ç cppaGCO ; xapSiaç ys ice^vîffaç stocov Y^puGO&ércov TTëoaiç oiXkw, gyjv ^s xopiv Iliepi^câv &7)<7a[/.£Voç 7r"Xoxoiç, vuv &vj 7rauo[/.£voç TspTCVOTaTTi; sv ptoTO) Tajpaç suo\oç, à|/.€poGiav 7ip.lv àel {jlvyi(/.ogijv7iv "Xitoov.
SWIQC&VWCE.
/SNC tMESMOCRJoASM
poète amoureux des formes lumineuses, O Maître, si j'avais en ce siècle bourgeois A bâtir pour ta cendre un tombeau de mon choix, Tu ne dormirais pas dans nos villes haineuses.
Ta tombe fleurirait aux pentes gazonneuses Des forêts de TArdenne, où Shakspeare autrefois, Sous la voûte sonore et verte des grands bois, Faisait rire et chanter de blanches promeneuses.
Rosalinde y viendrait; Jacque, assis au revers Du monument semé d'anémones pâlies, Exhalerait sa verve et ses mélancolies ;
Et doucement, l'air bleu, le soleil, les beaux vers, Traversant l'épaisseur de la ramure altière, Iraient vers toi, qui fus chant, couleur et lumière.
cA^CDTiÉ THEU<R,IEr.
QA THÉOTHILE GqAUTIET^
1 oi qu'on disait l'artiste ardent mais l'homme tiède, Le rimeur égoïste et sourd à tous nos cris, Le jour où l'Allemagne assiégea ce Paris Haï des nations parce qu'il les précède,
Quand, sachant que Paris difficilement cède Et que, criblé, haché, broyé sous les débris, Les obus n'obtiendraient de lui que son mépris, L'Allemagne appela la famine à son aide,
Quand plusieurs étaient pris du goût de voyager, Toi qui dans ce moment étais à l'étranger, Chez des amis, avec une fille chérie,
Dans un libre pays, au bord d'un lac divin, Pouvant vivre tranquille et manger à ta faim, Tu choisis de venir mourir pour la Patrie.
Q4UGUSTE VcACQUET^IE
THEOTHILE GoAUTIE%
lomme un roi d'Orient, grave, dès le matin De son avènement songe à la sépulture, Et fait, par des milliers de sujets qu'il torture, Dresser dans l'air torride un monument hautain,
Le poëte, artisan d'un plus royal destin, Dès l'aube s' assurant contre la nuit future, Longtemps dompta le rhythme; et sa volonté dure Ploya les mots ainsi qu'un grand peuple mutin.
Maintenant que ses yeux sont clos à la lumière,
Son âme a retrouvé la fête coutumière
Des midis aveuglants et du grand jour vermeil ;
Echappée aux caveaux où pleure l'ombre humide, Elle habite à jamais son œuvre, Pyramide Blanche parmi l'azur inondé de soleil.
LÉOVQ VcALgAVE
OA THÉOTHILE GqAUTIE%
O'il est, par delà le tombeau, Une pelouse diaprée Où les morts amoureux du Beau Devisent, sur l'herbe empourprée ;
Si l'esprit qui tint le flambeau De l'inspiration sacrée Conserve en ces lieux un lambeau De sa science vénérée ;
Des maîtres du rhythme puissant, De la cadence et de l'accent, Dont le front conquit l'auréole,
Théophile, c'est ta parole
Qui se fait le mieux écouter
Sur l'art de peindre et de chanter.
VcALETiY VETiPCIETî.
TcA'BLE
Pages.
Victor Hugo., — A Théophile Gautier i
Jean Aicard. — La Nature chez elle $
Paul Arène. — Pierrot, sur la Tombe de Théophile Gautier, apporte
son hommage funèbre 8
Armand d'Artois. — Théophile Gautier, critique dramatique. . . . 10
Teodor Aubanel. — La Coumèdi de la Mort n
J. Autran. — A Théophile Gautier ia
Théodore de Banville. — Les Muses au Tombeau 13
— — — Ressouvenir 18
Ludwig Benedictus. — Neue Légende 21
Emile Bergerat. — L'Ensevelissement 26
A. M. Blanc h e cotte. — Souvenir du vingt-cinq octobre 30
Emile Blémont. — Stances 32
William Bonaparte-Wyse. — Sonnet 34
Georges Boutelleau. — Vingt-cinq octobre 35
Alfred Buso^uet. — A Théophile Gautier 36
H. Cazalis. — Métempsycoses 37
Auguste de Chatillon. — Amicus amico 39
Léon Cladel. — Au Mort 40
Jules Claretie. — Théophile Gautier 41
Louise Colet. — Théophile Gautier à Ismaïlia 42
François Coppée. — Théophile Gautier, élégiaque 43
E. Corra. — A Théophile Gautier 46
Alexandre Cosnard. — Quand il était écolier 47
Charles Cros. — Morale 48