‹ Le tombeau de Theophile GautierChapitre 23 sur 23 · SOT^^ET · texte numérisé non relu

SOT^^ET

I our mettre une couronne au front d'une chanson,

II semblait qu'en passant son pied semât des roses, Et que sa main cueillît comme des fleurs écloses Les étoiles au fond du ciel en floraison.

Sa parole de marbre et d'or avait le son Des clairons de l'été chassant les jours moroses ; Comme en Thrace Apollon banni des grands cieux roses, Il regardait du cœur l'Olympe, sa maison.

Le soleil fut pour lui le soleil du vieux monde, Et son œil recherchait dans les flots embrasés Le sillon immortel d'où s'élança sur l'onde

Vénus, que la mer molle enivrait de baisers ; Enfin, Dieu ressaisi de sa splendeur première, Il trône, et son sépulcre est bâti de lumière.

SWI^X'BU'EJKE.

/2SC O'BITUm THEOTHILI

TOEIM CLoA%ISSIMI

lux Pieridum et laurigeri deliciœ dei, Vox leni Zephyro lenior, ut veris amans novi Tollit floridulis implicitum primitiis caput, Ten' ergo abripuit non rediturum, ut redeunt novo Flores vere novi, te quoque mors irrevocabilem? Cur vatem neque te Musa parens, te neque Gratis, Nec servare sibi te potuit fldum animi Venus ) Quas nunc ipsa magis vel puero te Cinyreïo, Te desiderium et flebilibus lumen amoribus Amissum queritur, sanguineis fusa comam gaenis. Tantis tu lacrymis digne, cornes dulcis Apollini, Carum nomen eris dis superis atque sodalibus Nobis, quîs eadem quaa tibi vivo patuit via Non aequis patet, at te sequimur passibus haud tuis. At mœsto cinerem carminé non illacrymabilem Tristesque exuvias floribus ac fletibus integris Unà contegimus, nec citharâ nec sine tibia, Vo toque unanime vocis Ave dicimus et Vale.

SWIVÇ'BUI&CE

i7o LE TOMBEAU

EIHTPAMMATA EIIITYMBIAIA

EI2 0EO&IAON.

notai GeoTç 7ravT0); &è Ôsco <p&ov avopa Au/aw wç vsov 6W £TU[aw; <bvo[/.aaav XapiT£ç.

'Evôa^e Tïiepioiffi y-0[/.7)V cTsepavotatv ê^i^Gelç

tujjlÊov axaipov &XWV oiïvoji.' aôcauTOV 6£ft, ouvo[/.' «Ghctov âet Gavafou xal otTpu(/.ova Ti[/.7]V

*Â^uê7u^ç Mouaaiç T^uôpooiç GspaTCtov.

Hv ttot' éTOovupuaç /apiv eljça Ô£co cp&oç ev yvi

TTfvSe 6avwv IV l^ei vEpxspoç èv <p9i[/ivoiç, ïlepceçovy) t' 'Ai&tq Te Gsô çftoç * Où&è yàp àl^wv

outiç âoi$077o\(i>v toO^' ûiuÉpe<7}çe [/.£^£t , ou&e "Xupa auv£7u^£Ç£ >.oyouç vj&tovi pu9[i.û

TÊp^tvoov T£p7uvwç Ku^piv s7ra<jo[/.evoç.

*H (jÙv Ka^ioTTTiç ap' ecpu yevoç, :h S' A.çpo5iTY)ç,

TOIOV OÇ ÙJJLVOGSTWV OtÙ^ÔV £Xp£^6 VOJ/.OIÇ.

El S' Iti toîç euSouct rcavucraTov êv yJ)ovoç opçpvvi utcvov evecTi <ptXcov vj tcoGoç vi Tt j^apaç ,

tco^' £inêaX"XovT£; yapoTCtoxepov ô'|A|/.aToç obt[/.7]v oi iw&ai ex Moucwv cT£[/.[/.aTa ^e^a^evoi

upov £7raG0VTai ^£Vtov <7u[/.TCavT£ç âotJoi

Xal TCpOC£pOUCl TO^OU TTpO^VOV 'H^'JCIOU'

Xaipetv aÙTO^ar/i S'om (m&vïcaca xe^eucsi

n£pG£(poV/l MOUC0UÇ (/.OUCOTCO^OtÇ T£ Ç&7).

iQuOi yo'wv, KuOepeia, çt^o(/.[/.6tSv)/ç 7T£p, aot^ou

Ol)ÇO|/.6VOU, CU 0° ËpO)Ç aiXlVOV £17T£ Ôsoç.

navT0^a7rwv yàp i&cov [/.opcpviv e^piXcocev 'Epcorcov,

rcavraç èTUt<7Ta[/.evoç, Tvàci &' expouce X^uv? rcact &' êmciretcaç yXuxuv oïvov eXetçev âoi&Yjç,

xaci cuvappio'Cwv 7Uoixt^oy7ipuv oxa, Ku7rpio*oç èx Gtacwv tva [r/f ti xoGeivo'v àiueiTj •

Où^' èV airecTi * 0avwv yàp <p&oç ecrt Gea. naîo^a $' êG' Tjfxiyuvaixa Geaç ecéêi^e xal Èpp.ou,

appiGaXeîç Tc^ox.a[/.cov àpicpiêa'Xcûv eTe<pavouç. navra &' e<p' if/.epo'evTa [/.elvi Xi7u' eypicev éWto

■À&uirvoto, ^i^u^oi; ^tecov Ëpwci yavoç ■ iq[jliOÉ(o Si<pusvTi ^tir^viv yjxpiv Êpf/.acppoo^Tto

77apQevo^pa)TOç epwv etxovoç i^ûCkoyou.

K^aiere irpoç P'/fctratci xal oupeci, x^aieTS vujJUDai,

ttigtov è<pu|/.vouaat ttokji'ç&ov ts Gso?;, oç viïv icavvu^iav Gavarou ^vj Tep^iv lauwv

xoitov avu[Ji(pov e^ei yyïç ûtto iwciSoêopou. TauTatç &' co y^apiTeç Gruyx^aieTS * Ttç yàp It' ovtwv

TOIOÇ £V U[JL£T£pOtÇ xuxvoç sir/] de y^opotç ; sx <^è Tacpou GaX^ot po&a TCoix&a [jiougoçiV/itou

Xeipia &' èxôpwcxoi, rcàv &' écpuTrspOe xpivov, ^euxoïov ts xaXov guv ioici [/.s^avQsct, (&a<jrot.

Kal TToTvUÇ 0iV0Tp0(pWV fJoGTpU^OÇ à[i.7T£^(^(OV

xal y^uxùv *fl[/.epi^oç xlà<W oivàvGvjv ts Tspsivav yaia Tpéçoi, [/.upTOu &' epvea xu-rcpoysvouç,

Ooiêou G' û^xo(7.ov Sàçvyjv, xiaaou ts xopup,êouç, 7uavTa G' 6V u|JL7ïoG£Tatç avOi(/.a ^wpa irpeiuei.

~Cl Gsw ÇtV 'A/ÏUoT^CûVt, GsÔV (p&TGCTS (pi^TOCTO), TUSlGoij; t(XSpO£GGaç T£XVOV? Y] g' Eù<ppoGuv?)ç cppaGCO ; xapSiaç ys ice^vîffaç stocov Y^puGO&ércov TTëoaiç oiXkw, gyjv ^s xopiv Iliepi^câv &7)<7a[/.£Voç 7r"Xoxoiç, vuv &vj 7rauo[/.£voç TspTCVOTaTTi; sv ptoTO) Tajpaç suo\oç, à|/.€poGiav 7ip.lv àel {jlvyi(/.ogijv7iv "Xitoov.

SWIQC&VWCE.

/SNC tMESMOCRJoASM

poète amoureux des formes lumineuses, O Maître, si j'avais en ce siècle bourgeois A bâtir pour ta cendre un tombeau de mon choix, Tu ne dormirais pas dans nos villes haineuses.

Ta tombe fleurirait aux pentes gazonneuses Des forêts de TArdenne, où Shakspeare autrefois, Sous la voûte sonore et verte des grands bois, Faisait rire et chanter de blanches promeneuses.

Rosalinde y viendrait; Jacque, assis au revers Du monument semé d'anémones pâlies, Exhalerait sa verve et ses mélancolies ;

Et doucement, l'air bleu, le soleil, les beaux vers, Traversant l'épaisseur de la ramure altière, Iraient vers toi, qui fus chant, couleur et lumière.

cA^CDTiÉ THEU<R,IEr.

QA THÉOTHILE GqAUTIET^

1 oi qu'on disait l'artiste ardent mais l'homme tiède, Le rimeur égoïste et sourd à tous nos cris, Le jour où l'Allemagne assiégea ce Paris Haï des nations parce qu'il les précède,

Quand, sachant que Paris difficilement cède Et que, criblé, haché, broyé sous les débris, Les obus n'obtiendraient de lui que son mépris, L'Allemagne appela la famine à son aide,

Quand plusieurs étaient pris du goût de voyager, Toi qui dans ce moment étais à l'étranger, Chez des amis, avec une fille chérie,

Dans un libre pays, au bord d'un lac divin, Pouvant vivre tranquille et manger à ta faim, Tu choisis de venir mourir pour la Patrie.

Q4UGUSTE VcACQUET^IE

THEOTHILE GoAUTIE%

lomme un roi d'Orient, grave, dès le matin De son avènement songe à la sépulture, Et fait, par des milliers de sujets qu'il torture, Dresser dans l'air torride un monument hautain,

Le poëte, artisan d'un plus royal destin, Dès l'aube s' assurant contre la nuit future, Longtemps dompta le rhythme; et sa volonté dure Ploya les mots ainsi qu'un grand peuple mutin.

Maintenant que ses yeux sont clos à la lumière,

Son âme a retrouvé la fête coutumière

Des midis aveuglants et du grand jour vermeil ;

Echappée aux caveaux où pleure l'ombre humide, Elle habite à jamais son œuvre, Pyramide Blanche parmi l'azur inondé de soleil.

LÉOVQ VcALgAVE

OA THÉOTHILE GqAUTIE%

O'il est, par delà le tombeau, Une pelouse diaprée Où les morts amoureux du Beau Devisent, sur l'herbe empourprée ;

Si l'esprit qui tint le flambeau De l'inspiration sacrée Conserve en ces lieux un lambeau De sa science vénérée ;

Des maîtres du rhythme puissant, De la cadence et de l'accent, Dont le front conquit l'auréole,

Théophile, c'est ta parole

Qui se fait le mieux écouter

Sur l'art de peindre et de chanter.

VcALETiY VETiPCIETî.

TcA'BLE

Pages.

Victor Hugo., — A Théophile Gautier i

Jean Aicard. — La Nature chez elle $

Paul Arène. — Pierrot, sur la Tombe de Théophile Gautier, apporte

son hommage funèbre 8

Armand d'Artois. — Théophile Gautier, critique dramatique. . . . 10

Teodor Aubanel. — La Coumèdi de la Mort n

J. Autran. — A Théophile Gautier ia

Théodore de Banville. — Les Muses au Tombeau 13

— — — Ressouvenir 18

Ludwig Benedictus. — Neue Légende 21

Emile Bergerat. — L'Ensevelissement 26

A. M. Blanc h e cotte. — Souvenir du vingt-cinq octobre 30

Emile Blémont. — Stances 32

William Bonaparte-Wyse. — Sonnet 34

Georges Boutelleau. — Vingt-cinq octobre 35

Alfred Buso^uet. — A Théophile Gautier 36

H. Cazalis. — Métempsycoses 37

Auguste de Chatillon. — Amicus amico 39

Léon Cladel. — Au Mort 40

Jules Claretie. — Théophile Gautier 41

Louise Colet. — Théophile Gautier à Ismaïlia 42

François Coppée. — Théophile Gautier, élégiaque 43

E. Corra. — A Théophile Gautier 46

Alexandre Cosnard. — Quand il était écolier 47

Charles Cros. — Morale 48

Page 1