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QâLTIS JL u fus l'époux de la souveraine beauté Ton œil sut le secret de la forme première, Ton âme pénétra l'âme de la lumière, rrj Ta lèvre but au lac de la sérénité.. ;jS)- Semblable aux dieux vainqueurs, tu n'avais pas dompté Le coeur de l'Indomptable avec une prière, Son amour égalait la tienne. Elle était fière ([q De toi d'une fierté pareille à ta fierté. grji ,j Amants loyaux voués aux noces éternelles, • Vous vous fîtes un lit en repliant vos ailes, cd Valve blanche voguant parmi la mer- des cieux. Et vous n'eûtes pas même un dédaigneux sourire, i;l-ç Pour les hommes qui croient connaître et qui croient, djre^ Celle dont là splendeur ne veut pas de leurs M6 LE TOMBEAU
Qâ THÉOPHILE
Exegi monumentum sere perennius.
Hor.
Quand après soixante ans de vaillance, d'efforts r Et de combats, les vieux paladins étaient morts, i! Leur grande armure vide adossée aux murailles, Tenant en main l'estoc des anciennes batailles, Restait debout! Et tous ces spectres décevants Ressuscitaient les morts aux regards des vivants Puis, sous les noirs arceaux 'des hautes basiliques,' On couchait leurs corps froids dàûs: les càveaùx gothiques, Et les sculpteurs, taillant lé marbre ou lé granit, Dressaient ces chevaliers sur leur tombeau bénit, Et, tandis que leurs os s'en allaient en poussière, Ils revivaient éncôr dans ces héros dé pierre. Jusqu'aux siècles futurs, pour passer tout entier, Toi, tu n'as pas besoin, ô poëte, ô Gautier, Qu'une main, écartant les plis de ton suaire, Découvie ton grand front! ni que le statuaire Pétrissant son argile et coulant son airain, Élève sous nos yeux ton buste souverain.
DE THÉOPHILE GAUTIER. i47 Car tout ton oeuvre est là Drame, Roman, Poëme! En ciselant ton vers, tu t'es sculpté toi-même Un monument cent fois plus durable et plus beau Que les inscriptions au marbre d'un tombeau Et tu revis bien mieux qu'aux traits d'une statue, Par le Temps mutilée, ou par l'homme abattue, Dans ces fils, d'une gloire immortelle vétus Vois depuis Sigognac, jusqu'au pâle Albertus, Tous sont debout, puissants, acclamés et splendides, Et le Temps à leur front né mettra point de rides; Tu leur donnas la vie et tu vivras par eux, Et tous diront ton nom a nos petits-neveux!
GUSTAVE «RIVET. 148 LE TOMBEAU H; hU r, Lazare dormait une éternelle nuit i I i ̃.
Après une longue -agonie ;v b ;;>̃ u Pour le rendre à ses soeurs, le Seigneur,fut conduit -,= ;;|
Près de sa tombe, en Béthanie:
La, les regards levés vers la sainte patrie,
Ayant frissonné, puis pleuré, Une main étendue et d'un ton inspiré,
Jésus, devant Marthe et Marie, Fortement s'écria Lazare, levez-vous!
Et de la grotte alors se soulève la pierre, Et Lazare, debout, se dresse dans sa bière, Et les pharisiens sont tombés à genoux, Et du ciel entr'ouvert descendent des archanges Qui de l'homme divin célèbrent les louanges.
SqALLES.
oA THÉOPHILE Go4UTIE%
Elle est amère et douce, elle est méchante et bonne.
(Comédie de la Mort.) Regrets, effeuillez-vous au pied de son tombeau; Comme une théorie autour d'un marbre antique, Douleurs, pleurez en lui l'Idéal et le Beau.
0 rhythmes qu'il aimait, célébrez le cantique D'adieu, l'hymne d'hommage et d'immortalité; Glorifie, Art serein, le parfait Romantique Nous qui, pour lui, déjà sommes postérité, Admirant dans son œuvre une âme encor plus belle, Nous.garderons au cœur son nom ressuscité.
Il s'était asservi la nature rebelle; On eût dit qu'oubxiant l'épreuve avec dédain, Son esprit lui créa: tête éternelle, 150 ̃« i LE TOMBEAU fi xQ Et qu'il ne voyait pas, le poëte divin, Celle qu'il appelait la méchante et la bonne, La Mort se rapprocher pas à pas, et soudain Venir lui mettre au front l'étoile et la couronne.
LOUISqA SIEFE1{.T
CI THÉOPHILE GoAUTIE^ O Maître, il ne sied pas qu'on l'omette ou l'oublie Avant que, par ton art sur, la rime assouplie, Du brasier romantique ardente et rude encor, Comme aux doigts d'un vannier, courût en tresses d'or Et, se croisant ainsi que des rayons d'étoiles, Tendît le ciel nouveau de lumineuses toiles Où se prennent nos yeux dans un enchantement; Avant que de sertir d'astres le firmament Où la Muse reçoit ses esclaves, nos maîtres,- O doux chercheur du Beau qui partout le pénètres, Comme un bon ouvrier qui tente avant d'agir, Tu fis, sous le pinceau, prendre corps et surgir La nudité du Rêve obscur de tes prunelles Et, la voyant pareille aux choses éternelles, Digne des cieux où tout est immuable et pur, Désertant les couleurs, tu courus à l'azur Pour y tailler, en plein infini, ta"pensée.
Il ne te resta rien de l'épreuve passée Que la pitié sereine et douce du réel. iya LE TOMBEAU Car tu le savais Toi, que l'Immatériel Sur les regards humains n'entr'ouvre la paupière Qu'à celui qui tenta, sur la toile ou la pierre, Si l'image du Beau peut tenir sous son front. Tu savais que, le jour où les dieux tomberont Des cadres vermoulus et des piédestaux sombres, Sur l'âme des rêveurs se coucheront des ombres Et que tout sera dit de ce qui seul était.
Donc, tous ceux que le mal auguste tourmentait D'éveiller les esprits endormis sous les choses, De creuser le secret lent des métamorphoses, Fils de Pygmalion perdus sur. le chemin, S'éclairaient aux rayons de ton art surhumain, Jeune dieu qui savais ce que souffrent les hommes Et, pour leur enseigner que le peu que nous sommes Est le germe pourtant d'une immortalité, De leur propre labeur dégageant la Beauté, Au moule d'une langue impérissable et brève, Tu coulais, devant eux, l'or vivant de leur rêvé Et disais.: C'est cela que vous avez voulu Ils ne le savaient bien que lorsqu'ils t'avaient lu; Sublime redresseur des choses mal venues.
Car le spectre divin des Immortelles nues, Longtemps avant l'azur où tu fuis loin de nous, Habitait dans tes yeux inflexibles et doux.
Atlas vainqueur, enfin patient de la Terre, Possédant le secret et la cadence austère- Des formes où revit le souvenir des dieux, Dans le rhythme puissant des mots mélodieux, Ta bouche en révélait sans cesse la merveille. 0 Maître, si tu dors,, ton oeuvre sacré veille Où tout ce qui fut Toi brille comme un flambeau, Jeune Dieu, fils de l'Aube et vainqueur du tombeau ï
SILVESTHE.
THÉ OT H ILE GoéUTIEV^ Maître, qui, du grand art levant le pur flambeau, Pour consoler la Chair besoigneuse et fragile, rendis sa gloire antique à cette exquise argile, Ton corps va donc subir l'outrage du tombeau Ton âme a donc rejoint le somnolent troupeau Des ombres sans désirs, où l'attendait Virgile, Toi qui, né pour le jour d'où le trépas t'exile, Faisais des Voluptés les prêtresses du Beau!
Ah les dieux (si les dieux y peuvent quelque chose) Devaient ravir ce corps dans une apothéose, D'incorruptible éther l'embaumer pour toujours, Et l'âme 1'envoyer dans ia Nature entière, Savourer librement, éparse en la matière, L'ivresse des couleurs et la paix des. contours
SULLY VHWDHOtMSME.
DE THEOPHILE G'AUTIER. 1J5
SOPÇPCET
< (With a COpy Of MADEMOISELL F DE MAUPIN).
This is the golden bookofspiritand sense,
The holy writ of beauty; he that.wrought
Made it with dreams and faultless words and thought That seeks and finds and loses in the dense Dim air of life that beauty's excellence
Wherewith love makes ône-hour of life distraught
And:all hours after follow and find not aught. Here is that height of all love's eminence ?
Where man may breathe' but for a.breathing-space
And feel his soûl burn as an altar-fire
To the unknown God of unachieved désire, And from the middle mystery of thé place
Watchlights that break, hear. sounds as of a quire, But see not twice unveiled the veiled God's face. iî6 LE TOMBEAU
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