‹ Le tombeau de Théophile GautierChapitre 5 sur 14 · EUE FOUTUES · texte numérisé non relu

EUE FOUTUES

QAU TOËTE.

vJautier, doux enchanteur à la parole fiàrey, Habile à susciter les contours précieux Des apparitions qui flottaient dans tes yeux. Tu fis avec bonté ton oeuvre de lumière.

Le royal talisman, le prompt évocateur, Le Verbe arma ta bouche abondante en images Mieux que l'anneau mystique et la verge des Mages La parole servit ton vouloir créateur.

La parole est divine et contient toutes choses. Heureux qui, pour nxer son rêve intérieur,1 Employa sans faillix là forme et la lueur Dans le cristal des sons fatalement encloses Heureux qui fit couler, à flots de son pressoir, Comme un vin d'Engaddi, les mots dont on s'enivre,' Et qui, pour célébrer le triomphe de vivre, De rhythmes parfumés remplit son encensoir. Heureux qui, comme Adam, entre les quatre fleuves, Sut nommer par leur nom les choses qu'il sut voir, Et de qui l'écriture est un paissant miroir Fidèle à les garder immortellement neuves Car après que cet homme a fini ses travaux, Et que les belles mains de la Tristesse calme Ont posé fermement la couronne et la palme Sur sa bière livrée aux lents et noirs chevaux, Il vit épars en nous sur la terre chérie; Son essence, à nos yeux charmés, en songes clairs, En chastes visions, dans la douceur des airs Flotte, et l'heure présente en est toute fleurie. Il se mêle subtil, au jour que nous voyons Et vient nous affranchir du temps et de l'espace Un frisson glorieux saisit nos cœurs où passe Son âme dispersée en ses créations.

Son souffle sibyllin autour de nous fait naître Un astre enchanté, plein de suaves couleurs, De parfums, de regards, de sourires, de pleurs, Et multiplie en nous la joie immense d'être.

Que pour nous l'univers se baigne tout entier Des effluves charmants de la pensée humaine Que sur tous,les chemins où le destin nous mène Tes apparitions se lèvent, ô Gautier

LE éMcAGICIEV^ Fier et beau comme un fils d'Hellasi terre des Dieux, Secouant au, soleil sa large chevelure, Jeune, et lame sûperbe encor plus que Tallure, Quand Il voulut vous rendre à la splendeur des cieux Arts livrés aux corbeaux, dont le bec odieux N'avait rien épargné de la chaude nature Et du sang qui te fait une pourpre, ô Peinture, Avec la chair vermeille, enchantement des yeux; « Val cria dans l'aurore un génie, et réclame Au Giorgione, à Rubens,au Lorrain, à •,Goya^H-c7^c Leur palette où la vie interne flamboya! » qt • ? k" Or, Il saisit la plume au flot noir niais la flamme Jaillit de l'encre. et, Maître aux doigts ensorceleurs, En assemblant des mots II créait des couleurs '•'̃•.

FÉLIX FI&IWiK

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