‹ Le Ton de Paris, ou, Les amans de bonne compagnieChapitre 29 sur 44 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

La Fleur, Madame de Bufée, Mirville, Emilie, la Vicomtesse, Dubois.

La Fleur.

Madame la Marquise de Rufée.

Mirville.

Le diable emporte !

La Marquise.

Baisez-moi, ma reine. Sa.vez-vous que votre belle-mère est bien enrhumée et que Bouvard lui a ordonné de rester dans son lit. Monsieur, je suis votre servante.

Je compte y aller ce soir, ma belle Dame.

La Marquise.

Vous pourriez bien ne pas la voir, car elle se retirera à huit heures. Voulezvous que je vous y mène à présent?

La Vicomtesse.

Je suis à moitié coiffée.

La Marquise

Cela ne fait rien, je vous attendrai, je vous mènerai, et vous ramènerai, et

j'irai de là à mon petit couvent où le grand abbé m'attend.

La Vicomtesse.

Vous êtes bien bonne, de tout mon cœur. (Mirville sort.) Adieu Monsieur de

Mirville, vous reverrai-je ?

Mirville.

J'aurai l'honneur de vous faire ma cour, avant de partir.

La Marquise.

J'avoue, ma chère enfant, que je ne puis souffrir votre M. de Mirville.

La ^'icomtesse.

Le mien, Madame ! il est des amis de M. de Sénanges, il a de l'esprit.

La Marquise.

Oh ! je ne trouve pas ; il est fat, il n'a rien de sacré, il passe sa vie avec des

filles. En vérité, ma chère enfant, à votre âge on devroit fermer sa porte à ces

espèces-là.

La Vicomtesse.

Je n'ai jamais entendu dire que ce fût une espèce.

La Marquise.

C'est un fort mauvais sujet : on vouloit lui faire épouser ma fille, mais il ne

m'auroit pas convenu du tout; il se ruine, à ce que l'on dit, pour une petite malheureuse qui vient de débuter à l'Opéra.

La Vicomtesse (rougissant).

Je ne sais pas tant de détails de sa conduite.

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