SCÈNE XII
Madame la jjrincesse de Luts, la Vicomtesse, Mirville.
La Princesse.
Voulez-vous que je vous mène, mon chat ? nos femmes iront dans votre
carrosse.
La Vicomtesse (en la baisant au front).
Où donc, mon chat ?
La Princesse.
A la campagne : avez-vous oublié que nous y allons toutes ?
La Vicomtesse.
Oh, mon Dieu ! mais j'ai refusé, je suis malade, j'ai un mal de tête affreux.
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La Princessi-].
Bon ! vous êtes jolie comme un ange. Emmenons le Marquis : pourquoi donc en uniforme ? vous êtes ennuyeux à mourir, avec vos régimens,
MlRVILLE.
Oui, et nos régimens sont ennuyeux à mourir avec nous ; vous n'êtes pas trop
aimables, vous-mêmes, Mesdames, vous n'avez aucun soin de moi. Savez-vous ce
que vous devriez faire, ma Princesse ? ne pas aller à la campagne et me donner
à souper.
La Princesse.
Je ne demanderois pas mieux, mais en conscience je ne peux pas. J'ai promis à la duchesse de Sinclair que rien ne m'empêcheroit d'y aller.
MlRVILLE.
N'y allez que demain.
La Princesse.
Je vous dis, mon cher Mirville, que cela ne se peut pas : on chasse demain,
et le soir la pièce de Laugeon où vous jouez (à la Vicomtesse), et que vous ferez
manquer si vous ne venez pas.
La Vicomtesse.
Je ne sais pas mon rôle.
La Princesse .
^'ous avez quatre mots à dire et vous savez vos ariettes.
MlRVILLE (à la Princesse).
Je vous déteste, vous me donnez une humeur épouvantable.
La Princesse (à Mirviiie).
Eh, venez, nigaud (elle sonne, Emilie entre). Mademoiselle Emilie, la Vicomtesse vient avec nous. Éléonore vous mènera, mettez tous vos paquets dans ma voiture.
Emilie .
Madame la Vicomtesse montera-t-elle à cheval ?
La Vicomtesse.
Peut-être bien.
La Princesse.
Allons-nous-en, car il est temps. Mirville, écrivez-moi.
La Vicomtesse.
Je vous suis (à Mirville). Ne soyez pas fâché, je suis bien malheureuse...
je vous aime, baisez-moi.
Mirville.
Je ne suis pas fâché, mais j'avoue que je suis consterné.