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même être parvenu à plaire. Enfin , aux vacances suivantes, il reparut au manoir, où on l'accueillit avec la même bonté que par le passé ; il trouva Marthe plus charmante que jamais. La jeune fille touchait à sa vingtième année , elle était ravissante de grâce , de beauté , de douceur.
Robert pleurait chaque soir quand il rentrait dans sa chambre , mais pendant le jour il semblait être le plus heureux des hommes, — il la voyait.
Un sergent décoré revint au village de Saint-Ermel a la même époque ; c'était Y von. 11 portail à sa boutonnière le triomphant étui de lerlilanc du congé définiùf. Mais déjà tout était prêt pour la noce ,
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les bans avaient été publiés d'avance. Le surlendemain Périne épousa son fidèle fiancé , qui déposa joyeusement les galons d'or pour la simple veste de laboureur.
L'allégresse régnait dans les fermes de Saint-ErmeL Au château, quand vint le soir, on parla beaucoup de mariage.
, — Ma foi, mon cher Robert, interrompit tout-à-coup le vicomte de Saint-Ermel , je ne vous ferai pas plus longtemps mystère de nos projets. Vous êtes noire ami comme l'était votre excellent père , vous saurez tout.
Robert tressaillit ; Marthe s'en aperçut
et se troubla; madame de Saint-Ermel continua paisiblement à broder.
— Apprenez donc, poursuivit le vieux gentilhomme, que Marthe épouse, le mois prochain, M. le baron Georges Ponthieu, riche de deux cent mille livres de rente.
Robert ne répliqua rien , il devint pâle comme un linceul ; mais il était dans l'ombre, Marthe seule remarqua sa pâleur.
— Eh bienl que dites -vous de cela?
demanda enfin le seigneur châtelain , étonné du silence de Robert.
Le jeune homme fit un violent effort sur lui-même ei du ton le plus naturel :
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— Acceptez , je vous prie , dit-il , mes félicitations bien sincères , et croyez que mon plus vif désir est de voir cette union faire votre bonheur à tous.
La veille de l'arrivée du baron Georges Ponthieu, Robert s'excusa de ne pouvoir prolonger son séjour : — il avait reçu une lettre d'affaires qui l'obligeait à partir sans délai ; il était au désespoir, disait-il, de se voir privé d'assister au mariage de mademoiselle Marthe.
Celte fois, à l'embranchement des deux roules, il ne se retourna pas pour jèt'er un dernier regard sur le château de Saint- Ermel.
Le baron Georges Ponthieii était un financier aussi peu agriculteur que Robert ; seulement, il n'avait jamais lu M? G^or-
giques. D'une naissance assez ordinaire , de manières et d'esprit assez communs ,
il est assez laid, assez ignorant et assez vieux; il passe pour assez honnête homme ; et, quoique assez maussade, il rend Marthe assez heureuse.
Il est inutile de dire qu'Yvon et Périne, après dix ans passés de mariage , voient encore les doux rayons de la lune de miel ; leur ferme prospère à souhait ; autour d'eux grandissent une foule de jolis enfants, têtes blondes, roses et joyeuses, riches de vie et de santé La baronne
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Georges Ponthieu leur envie ce bontieur qu'elle ne connaîtra jamais. Un vide glacial règne dans son cœur, surtout depuis qu'elle a eu le malheur de perdre son père et sa mère, morts quatre ans après son mariage : une grande froideur existait pendant les derniers temps entre eux et leur gendre , à ce qu'assurent les gens du pays.
Quant à Robert , il n'est jamais retourné à Saint-Ermel ; maintenant il est à Paris. La fortune lui a été favorable : du barreau il s'est lancé dans la politique. Aux dernières élections, il fut nommé membre de l'assemblée nationale , où il siège à la place la plus honorable. On