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ACTE m, SCÈNE VIII

VERSANXES

Tais- toi, tais-toi ! Mais tu n'as pas le droit de mourir, entends-tu, puisque tu aimes et que tu es aimée... et songe aussi que mon existence dépend de la tienne. Oui, j'ai pu te paraître égoïste tout à l'heure et peu généreux de te presser ainsi de partir, alors que je ne laisse derrière moi qu'une femme indifférente. Mais crois-tu que je ne pense pas»aussià toi, à l'existence lamentable que tu as menée jusqu'à présent et qui t'est réservée plus lamentable encore, si tu restes ?... Certainement, tu peux sacrifier ton amour à tes enfants, mais eux ne resteront pas toujours auprès de toi... et alors songe à l'avenir qui t'est réservé, à ta vieillesse solitaire et glacée auprès d'un homme que tu n'as jamais aimé. . . avec toute la tristesse du devoir accompli I

VALENTINE

Avec toute la consolation !

VERSAXNIÎS

Ne crois donc pas ça, ça n'est pas- vrai ! Gar

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nous avons aussi des devoirs envers nous- i

mêmes, et surtout le devoir d'être heureux. Ah ! celui-là ne laisse derrière lui ni tristesse .

ni remords; mais, au sein de la vieillessp i

même, de jeunes et vibrants souvenirs. Quoi qu'il arrive, on a vécu, et si Ton a souffert, c'est encore une réconfortante souffrance. Mais toi, tu as déjà perdu une partie de ta jeunesse '

dans un mariage déplorable... tu es faite pour. Tamour, et tu ignores l'amour, ma pauvre adorée,.. Ah! Valentine, comme je sens ton cœur battre!... tes yeux se cernent et tu pâlis... Ah! viens, partons ensemble... tu ne sais rien, tu ne connais rien de la vie : mais tu connaîtras des nuits de caresses et des jours'de tendresses; dans des pays qui t'enchanteront, nous ferons les pèlerinages passionnés des amants et', comme la mer se teinte des ciels qu'elle reflète, notre amour se teintera des spectacles que nous contemplerons ensemble... Ah! va, je te promets qu'il y a des bonheurs et des ivresses qui font tout oublier I

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VALEM'IXE

Ah I lorsque tu me parles ainsi, je ne vois plus que ces ivresses et j'y aspire de tout mon être. Oui!... quand je suis près de toi... je sens bien que je suis à toi... que je t'appartiens tout entière, et je ne peux concevoir la vie sans toi.

VERSANXEs

Et puis, songes-y, nous élèverons notre enfant, tendrement, gravement. N'est-ce donc pas une raison suffisante de la vie nouvelle que je te propose et le plus noble but ? Nous nous sentirons rajeunis et continués en lui. Ne crains rien, je réponds de l'avenir.. . Je t'aime... je te promets toute une vie de dévouement et de tendresse.

VALENTINE

Ah ! Julien ! Mon Julien ! Je t'aime !

(Cependant le crépuscule est venu. Ils restent quelques instants silencieux, embrassés.)

VERSANNE5

Tes lèvres sont brûlantes et tes mains sont glacées.

IQO LE TORRENT

VALENTINE

Je t'aime.

VERSAXXES

Alors, tu viendras?

VALENTIXE

Je ferai ce que tu voudras, ce que tu voudras !

VERSANNES

Eh bien ! partons demain !

VALENTINE

Si tôt ! Pourquoi demain ?

VERSANNES

Pourquoi plus tard ? Écoute ! demain à la gare, à neuf heures, je r' attendrai, mais tu viendras ?

VAT.ENTINE

Oui, je viendrai.

VERvSANNES

Ah ! si je pouvais t emmener tout de suite, à rinstant même! J'ai tellement peur que tu te reprennes quand je ne serai plus près de

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