ACTE m, SCÈNE VIII
des raisons' profondes. Évidemment, toi seule â le droit de choisir, d'imposer ta volonté.
Ah ! mon Dieu ! mais comprends donc que je n'impose rien du tout ! Entre toi et mes enfants, quelle volonté veux-tu que j'aie ? J'arrive à un carrefour de ma vie où se croisent cinq ou six routes, toutes semées de désastres. Laquelle prendrai-je? A peine me suis-je engagée dans l'une, par la pensée, que j'en aperçois les dangers et je regrette de ne pas avoir pris Tautre, et de tous les côtés, mon cœur se heurte à de l'impossible et à de la souffrance. Voilà comment j'ai le droit de choisir I
VERSANNES
Et pourtant, il le faut... Il y a des cas où choisir, c'est aimer... et si tu m'aimais...
VALENTINE
Si je t'aimais!... Voilà que tu en doutes à présent !
VERSANNES
Mais non, je n'en doute pas... Comprends- '
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moi donc bien, tu m aimes autant que tu peux m' aimer, mais pas plus que tout. Et comment en serait-il autrement ? Nous n'avons eu jusqu'ici que des heures d'amour péniblement volées; ça m'a suffi, à moi, pour t'aimer à jamais. Mais toi, après quelques étreintes hâtives et furtives, tu ne connais de l'amour qu'une maternité que tu détestes peut-être !
VALENTINE
Ah ! ne dis pas ça ! Je t'aime comme tu m'aimes, Julien, ei tu peux me croire... Mais aie pitié de moi' : je suis un être de faiblesse et de contradiction. Dans le même instant, j'ai le projet de partir avec toi, ou de rester et de tout avouer... ou de me tuer...
VERS.VNNES
Valentine !
VALENTINE
Oui, de me tuer. Tiens, tout à Theure, en t'attendant, je regardais cette eau rapide qui coule en bas... Elle m'attirait... Ah ! ce serait si vite faity et ça simplifierait tant de choses. .