ACTE IV, SCENE II
depuis quelque temps, je la trouve changée : elle n'a pas bonne mine, elle pleure fréquemment, puis elle est sujette à des malaises.
AUBIERGE
J'ai vu M"* Lambert là-haut chez la mère Mousseron, auprès de cette fille qui était chez vous... je lui ai trouvé en effet l'air fatigué .. nous allons voir ça... Mais quelle sorte de malaise éprouve-t-elle ?
LAMBERT
Des malaises subits qui vont presque jusqu'à l'évanouissement et qui disparaissent, d'ailleurs, aussi vite qu'ils sont venus; mais enfin, ça m'inquiète un peu... je ne trouve pas ça naturel.
AUBIERGE
Oui... à moins que ça ne soit on ne peut plus naturel et loin de vous inquiéter, il y aurait peut-être lieu de vous réjouir.
LAMBERT
Comment ça ?
AUBIERGE
Voyons, voyons, tristesse vague, extrême nervosité, malaises subits et passagers, ça ne vous dit rien ? C'est là pourtant des phénomènes bien connus et on sait ce qu'ils annoncent habituellement.
LAMBERT
Je n'y suis pas du tout... je vous avoue que je n'y suis pas du tout...
AUBIERGE
Vous' avez déjà eu deux enfants... Ah! vous, n'êtes pas observateur.
LAMBERT
Ah ! j'y suis maintenant. Alors, vous croyez? Ah ! oui, oui... mais non, ça ne peut pas être ça !...
AUBIERGE
On ne sait jamais.
LAMBERT
J'en suis moralement sûr.