ACTE IV, SCENE II
AUBIERGE
Oh ! moralement, ça ne suffit pas ; la nature se charge de donner des démentis formels aux présomptions morales.
LAMBERT
Écoutez, docteur, j'ai comme on dît en mathématiques, des raisons nécessaires et suffisantes pour ne craindre aucun démenti de la part de la nature.
AUBIERGE
Alors, c'est différent.
LAMBERT
Mais je continue : hier soir, après être allée voir Céline, elle est rentrée encore plus triste, plus étrange qu'à l'ordinaire. Pendant tout le dîner, elle n'a pas dit un mot... elle n'entendait même pas quand on lui parlait et, cette nuit, elle n'a pas dû dormir, car je l'ai entendue aller et venir dans sa chambre. Quand je lui demande ce qu'elle a, si elle souffre, elle ne veut rien me dire. Alors, je
VOUS ai prié de venir; j*ai pensé que vous auriez plus d'autorité, qu'elle se confierait plus volontiers à vous... vous, savez, les femmes ont des idées singulières.
AUBIERGE
D'après, ce que vous me dites, je pense que nous avons à faire à une maladie nerveuse assez aiguë... Ah! c'est si fréquent maintenant... à moins qu'il n'y ait autre chose... enfin, nous allons voir. (A ce moment, Valcntine emre.)