ACTE IV, SCENE IV 209 LAMBERT
Ah !... pourquoi donc ?
VALENTINE
Parce que, tandis que nous vivions ainsi si près et pourtant si loin l'un de Tautre, j'ai rencontré un homme qui m'a entourée de dévouement et de tendresse, un homme qui m*a aimée, comprends-tu ? qui m'a aimée ! Alors, moi aussi, je Tai aimé.
LAMBERT
Mais comment l'as-tu aimé ? Tu as été sa maîtresse ?
VALENTINE
Oui.
LAMBERT
Toi, toi, tu as eu un amant. Vo)^ons, ça n'est pas possible.
VALENTINE
Je porte en moi la preuve de cet amour.
LAMBERT
Ah ! Voilà donc la cause de tes larmes et de tes malaises. Je comprends pourquoi tu as
refusé de voir le docteur... et moi qui étais encore assez bête pour m'inquiéter de ta santé ! Quel est cet homme d*abord ?
VALENTDCE
Peu importe.
Comment, peu importe ? Je ne suis qu'un homme sans idéal, très terre à terre, un industriel, un papetier, tout ce que tu voudras ; mais je n'entends pas qu'on me trompe, qu'on me rende ridicule ! Je veux savoir le nom de ton amant... et d'ailleurs, je le connais... c'est Versannes, ça ne peut être que lui... je vais aller le trouver.
VALENTINE
.C'est inutile... tu ne le rencontreras pas... il est parti.
I^VMBERT.
Ah! il est parti? C'est bien commode en effet et surtout très courageux !
VALENTINE
Oui, il est parti ^ et je devais le rejoindre ;