‹ Le torrentChapitre 119 sur 176 · ACTE IV, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE IV

VALENTINE

Ah ! ne dis pas ça. Tn ne devines ^onc pas le combat effroyable qui s'est livré en moi. Pourtant tu m'as entendu pleurer toute la nuit... jai cru que j'allais devenir folle. Tiens ! il y a en ce moment un homme qui m'attend et son existence dépend de la décision que j'aurai prise... je pouvais partir avec lui... avec lui je -pouvais être si heureuse que j'aurais oublié -peut-être un jour, qui sait? ces mêmes enfants qui m'attachent ici et je ne peux pas partir... et tu dis que je suis une mère indigne, alors que je leur sacrifie mon amour, mon bonheur et toute ma vie !

LAMBERT, au comble de la foreur conjiigaie.

Tu oses me parler de ton amour et de cet homme. Tiens, tu mériterais... (Il la prend par le bras et la secoue rudement.)

VALENTINE

Oh ! je vous en prie, lâchez-moi et ne .criez pas ainsi... expliquons-nous...

2l6 LE TORRENT

LAMBERT

Comment !. . . expliquons-nous ?

VALENTINE

Oui, lorsqu'on a fait le mariage que nous avons fait, mariage sans amour de part et d'autre, admettons logiquement que s'il survient dans une semblable union des complications, on doit les discuter sans passion et sans fièvre... comme deux associés... comme le mari et la femme que nous avons été.

LAMBERT

Ça dépend de quelles complications ! En effet, je ne vous connaissais pas et vous ne manquez pas d'audace !

VALENTINE

Je n'ai eu que de Thumilité tout à l'heure.

LAMBERT

Je vous chasse, entendez-vous, je vous chasse... allez rejoindre votre amant, je ne vous retiens pas.

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