ACTE IV, SCENE IV
VALENTIXE
Je ne veux pas quitter mes enfants.
LAMBERT
Vous ne voulez pas ! Mais de quel droit imposeriez-vous ici une volonté ?
VALENÏINE
Je ne m en irai pas... ou alors j'emmènerai mes enfants... ils m'appartiennent autant qu a vous.
LAMBERT
Vos prétentions sont vraiment grotesques ; vous savez bien que je demanderai le divorce et que la loi me les donnera.
VALEXTINE
Je ne reconnais pas de loi au monde qui fasse qu'on ait le droit de retirer à une mère ses enfants.
LAMBERT
Pourtant, cette loi existe, je vous assure, surtout lorsque la mère est une...
VALENTIXE
T^bez-vous ! Us vous ont coûté pour naître
2i8 LE torrp:nt
quelques minutes de plaisir, mais c'est moi qui ai souffert pour les mettre au monde et qui ai failli en mourir, c'est moi qui les ai nourris, qui ai passé des nuits auprès d eux quand ils étaient malades, qui ai tremblé pour eux à chaque instant... c'est moi qui la première ai vu dans leurs yeux leur âme s'éveiller, et c'est moi qu'ils ont connue et appelée la première. Vous voyez bien que c'est à moi qu'ils appartiennent.
LAMHERT
Ne vous épuisez pas en paroles inutiles... le père a des droits imprescriptibles : mes enfants sont à moi, je les garde.
VALENTINE
Mais si le père a de tels droits, il a des devoirs équivalents, je suppose. Vous êtes-vous inquiété de l'enfant que vous avez eu, dans le temps, avec une pauvre fille morte depuis à l'hôpital?
Qu'est-ce que vous allez chercher là ? Ça, ne