ACTE IV, SCENE IX
L'ABBÉ BLOQUIN
Ah ! Mais comment?...
MORINS
Julien m'avait confié son amour pour madame Lambert et ses projets... Ah ! si j'avais su, comme je Taurais dissuadé de partir !
L'ABBÉ BLOQUIN
Quoi? Vous lui avez conseillé de partir, d'emmener avec lui cette malheureuse femme?
MORIXS
Oui.
L'ABBÉ BLOQUIN
Ah ! Monsieur, que ce soit le remords de toute votre vie ! Elle a préféré cette mort horrible à la désertion de son foyer, à la défection à ses devoirs !
MORINS
Je sais, Monsieur le curé, ce que vous lui aviez conseillé, ce que vous lui aviez ordonné même, au nom de votre religion. Je pourrais vous répondre qu'elle a mieux aimé mourir.
qu'elle a préféré son corps broyé à son âme souillée.
L'ABBÉ BLOQUIN
Que voulez -vous dire ? J'ai parlé selon ma conscience.
MORINS
J'ai parlé aussi selon la mienne, je le jure!
Mais à quoi bon récriminer ? Ah ! Monsieur, nous avons été dans tout ceci deux pauvres augures et, maintenant, nous ne pouvons nous regarder sans pleurer. Je reconnais pourtant que les événements vous donnent tragiquement raison : il n^y a pas de société possible, si elle n'est fondée sur l'hypocrisie.
L;\BBÉ BLOQUIN
Vous vous trompez, Monsieur, dites sur le devoir... sur la résignation...
MORIXS
Ne jouons pas sur les mots... les circonstances sont trop graves pour faire ces subtiles distinctions. Voyons, si cette malheureuse était redevenue la femme de son mari,