SCÈNE PREMIÈRE
COLLONGES, POULOT, LE PÈRE NU-TÊTE. {Au lever du rideau, Poulot, sur une échelle, travaille à la décoration de la salle; CoUonges, debout devant une table de dessinateur, dessine. Le père Nu-Tête, assis près de la cheminée, les regarde.)
PouLOT {chantant sur son échelle).
Toi que ma voix implore...
Ëléonore adieu !
CoLLONGES {quand le peintre a fini de chanter).
Sacré Poulot! tout son répertoire y passera. Pas moyen de s'ennuyer une minute avec lui.
POULOT
On le voudrait, on ne pourrait pas.
Le Père Nu-Tête
Le fait est que monsieur Capoul, c'est Toiseau sur la branche. Il en sait des chansons !
PoULOT
D'abord, père Nu-Tête, je ne m'appelle pas Capoul : je m'appelle Poulot. Capoul, c'est un surnom que les coteries m'ont donné parce que je ne me fais jamais prier pour en pousser une en famille. Je m'appelle Poùlot»
COLLONGES
Heureux Poulot ! Tu travailles en chantant !
POULQT
Je cherche à me rendre utile et agréable, comme les camarades... puisque c'est pour ça qu'on est ici. Toi-même, Collonges,faut pas faire ton malin, tu joins l'utile à l'agréable : tu dessines des buffets pour les ménages de la colonie. Eh bien, tu pourrais exécuter cinq ou six fois le même... au lieu de ça, tu t'appliques à les varier... à ce que chacun en possède un différent, pour qu'ça soit plus frivole, plus coquet, qu'on n'ait pas l'air d'habiter un hospice de vieillards ou un logement d'adjudant.
U CUIRIÈRE 77
GOLLONGES
Sans doute. Il ne faut pas confondre Égalité avec Casernement.
POULOT
Y a tout de môme un côté par où les buffets se ressembleront : on ne dansera pas devant ! {Ils rtetU.)
Le Père Nu-Tête
C'est pas ordinaire.
PouLOT {chantant).
C'est pour ton charme que je Vaime,..
Pour ton charme tendre et discret, Comme un pastel blanc de Lancret, Comme un lys au reflet d'or blême, C'est pour ton charme que je Vaime I
{Cependant Bougoiny cordonnier, un colosse , tair bon enfant^ est entré.)